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Mons: bientôt plus de transparence dans la gestion de l'argent public?

Mons: bientôt plus de transparence dans la gestion de l'argent public?

Un comité chargé de renforcer la transparence des rémunérations là où la ville de Mons met de l'argent a vu le jour. Vivra-t-il sur le long terme? Ugo PETROPOULOS

A l'issue du dernier conseil communal, un comité chargé de renforcer la transparence des structures para-communales s'est réactivé. Il a trois mois pour se mettre en place. Permettra-t-il d'éviter de nouveaux scandales liés à des salaires plantureux? Wait and see...

C'est un réflexe. Une fois que certains mandataires publics sont pris la main dans le sac à grassement profiter des deniers publics de manière éthiquement plus que discutable (Publifin), d'autres s'élèvent pour laver plus blanc que blanc et réclamer plus de transparence, une meilleure gouvernance, un contrôle des rémunérations et des deniers publics...

A Mons, le débat s'est invité au dernier conseil communal par la grâce d'une motion déposée par le MR Georges-Louis Bouchez, qui demandait la création d'un comité de rémunération.

Pour le chef de file du MR, un tel organe ne serait pas du luxe à Mons. Il prend comme exemple les rémunérations passées d'Yves Vasseur et de Mauro Del Borello, anciennement à la tête du Manège (dont la rémunération coûtait 10 000 euros/mois par personne), celle d'Henry Goffin comme directeur du Lotto Mons Expo qui touche 10 000 euros par mois HTVA pour un 2/5e temps...

« Ce comité serait composés de spécialistes de la gestion des ressources humaines, de personnes exerçant des fonctions comparables dans le privé et de personnes provenant de structures publiques publiques similaires ». Ses missions ? D'une part fixer les rémunérations des dirigeants d'organes para-communaux. En donnant des mandats et des consignes claires à tous les administrateurs de la ville qui siègent dans ces différents organes.

D'autre part, il s'agirait d'évaluer les rémunérations déjà fixées pour les dirigeants de structures où la ville de Mons intervient et met de l'argent. Cet organe neutre, composé de spécialistes, permettrait d'évaluer ce qu'est une rémunération juste, pense le conseiller communal libéral.

Un comité existe déjà, répond la majorité

Côté majorité, on a repris la balle au bond, tout en rappelant qu'en 2013, un comité de développement stratégique et de gouvernance avait vu le jour, sous la présidence du MR. Sauf qu'il ne s'est jamais activé.

« Notre intention est de donner vie à ce comité de gouvernance », a indiqué le bourgmestre Elio Di Rupo. Un comité qui serait a priori composé de 10 membres, mais uniquement...de politiques, représentant les 6 groupes du Conseil communal. Il y aurait 3 membres du PS, 2 CDH, 1 MR, 1 Ecolo, 1 PTB, 1 Citoyen et un représentant de la Tutelle.

Sa première mission : « proposer au Collège, dans un délai de 3 mois, une méthodologie permettant de renforcer la transparence des structures para-communales, notamment sur les questions suivantes, tout en respectant l’autonomie juridique de ces structures :

-les rémunérations et avantages octroyés à leurs administrateurs,

-les rémunérations et avantages octroyés à leur personnel dirigeant,

-tout autre question visant à renforcer la transparence et à garantir la bonne gouvernance des structures para communales ».

Sont visées par le terme para-communale les entités consolidées, comme la Régie Communale Autonome, les ASBL au sein desquelles la Ville de Mons détient une position prépondérante, ou celles auxquelles elle accorde des subsides de minimum 50 000€ par an.

La motion amendée par le PS précise enfin que les propositions émises par le Comité de gouvernance « ne pourront toutefois avoir de valeur contraignante au vu de la législation relative aux ASBL ».

Au final, la motion adopée est loin de la proposition initiale du MR, dont le chef de file s'insurge de la répartition des sièges dans ce comité. « C'est du n'importe quoi. Un parti (le CDH) est à moins de 10% aux dernières élections et a deux représentants alors que nous représentons 18% de la population et nous serions en-dessous? C'est particulier... »

Rendez-vous dans trois mois pour vérifier si ce comité de développement stratégique et de gouvernance s'est mis en place. Ou s'ils retombera aux oubliettes une fois que les turpitudes Publifin ne seront plus à la une de l'actualité...