SANTÉ

Soins de santé: ce qui change en 2017

Soins de santé: ce qui change en 2017

En 2017, médecins et patients vont se préparer à la prescription électronique BELGA/AFP

L’année prochaine, pas mal de changements vont toucher, au quotidien, le patient, mais aussi le corps médical. Des antibiotiques plus chers à l’encouragement du don d’organes, en passant par un meilleur remboursement de l’hépatite C, les mesures mises en place ne manquent pas.

1. Situation transitoire pour la prescription

En 2018, la prescription papier classique du médecin ne sera plus valable. En 2017, nous serons dans une situation transitoire. Cette prescription papier restera valable, de même que les prescriptions papier faites avant le 1er janvier 2017; elles demeurent remboursables par l’assurance soins de santé et indemnités jusqu’à la fin du 3e mois civil suivant. Soit la date de la prescription, soit la date à laquelle le prescripteur souhaite que la prescription soit délivrée (si cette mention y figure).

+ Prescription électronique : ce qui change lundi (article complet)

Ce qui change, c’est le document papier appelé preuve papier de prescription électronique, qui accompagne cette dernière.

La mesure est transitoire pour 2017: si le pharmacien n’a pas accès à la prescription électronique sur le serveur Recip-e (ou rencontre des difficultés à l’archivage), il pourra exceptionnellement délivrer les médicaments sur base des informations mentionnées sur la «preuve papier de prescription électronique».

+ Prescription électronique : le témoignage d’un médecin

2. Antibiotiques plus chers

En 2017, les antibiotiques seront plus coûteux. Pour réaliser des économies, le gouvernement fédéral a en effet décidé d’augmenter le ticket modérateur applicable à ce type de médicaments. Ainsi, le ticket modérateur d’un antibiotique générique comme l’Amoxyclav, par exemple, passera de 1,50€ à 3€.

Ces antibiotiques seront transférés de la catégorie B à la catégorie C des médicaments remboursés (sachant qu’il existe 5 catégories de remboursements différentes, soit A, B, C, Cs et Cx).

La ministre de la Santé Maggie De Block y voit par ailleurs une façon de restreindre la prise excessive d’antibiotiques.

3. Maximum à facturer

Le maximum à facturer (MàF) garantit à tous les ménages de ne pas dépenser plus qu’un montant maximum par an en soins de santé. En clair, lorsque les frais médicaux qui restent à votre charge après l’intervention de l’assurance atteignent ce plafond au cours de l’année, votre mutuelle vous rembourse intégralement les frais qui viendraient encore s’ajouter.

Le 1er janvier, une indexation de 2,71% du plafond pour le maximum à facturer sera opérée. La part personnelle des ménages seront donc plus élevée; le MàF étant néanmoins lié au revenu net imposable.

4. Fin de la carte SIS

Inutile de conserver précieusement votre carte SIS dans votre portefeuille. Dès le 1er janvier, celle-ci ne sera plus valable. C’est désormais la carte d’identité qui sera automatiquement présentée chez le médecin, le pharmacien et dans les centres hospitaliers. Si elle ne détient aucune information médicale, la carte d’identité permet néanmoins au professionnel de la santé de s’assurer que le patient est bien affilié à une mutuelle, et d’accéder à sa base de données.

Les enfants de moins de 12 ans qui ne possèdent pas de Kids-eID (non obligatoire), recevront, quant à eux, une carte ISI + qui endossera le rôle de carte SIS.

5. Hépatite C mieux remboursée

Afin de lutter contre l’hépatite C, le gouvernement fédéral a décidé d’élargir le remboursement du traitement de cette maladie. Jusqu’à présent, celui-ci ne concernait que les patients aux stades les plus avancés (fibroses F3 et F4). En 2017, une plus large catégorie de personnes pourra en bénéficier, puisque ces remboursements seront également d’application pour les malades de stade 2 (fibrose F2) et pour les groupes à risque, comme les femmes enceintes ou les patients atteints du sida.

En Belgique, 70 000 personnes souffrent de l’hépatite C, qui provoque 300 décès par an.

6. Dons d’organes encouragés

La pénurie de donneurs ne fait aucun doute. Aujourd’hui, de nombreuses transplantations s’effectuent grâce à des personnes qui donnent un organe de leur vivant. L’objectif est donc d’encourager ce type de comportement.

Dès le printemps prochain, les frais à charge des donneurs seront revus à la baisse. Ceux-ci ne devront dès lors plus honorer les soins médicaux réalisés dans l’année qui suit leur admission à l’hôpital, pour le prélèvement d’organe. Pendant cette période, les coûts sont particulièrement élevés.

Entre la 1re et la 10e année, les consultations de même que les prestations de radiologie ou de biologie clinique ne seront plus à leur charge

7. Carte européenne d’invalidité

C’est une avancée non négligeable: la carte européenne d’invalidité (European Disability Card) permettra à son titulaire d’être reconnu comme personne souffrant d’un handicap, et ce dans 8 pays européens. L’Italie, la Slovénie, la Finlande, l’Estonie, la Roumanie, Malte, Chypre ainsi que la Belgique constituent les États engagés dans ce processus. Un financement européen leur a été attribué afin d’instituer cette carte, de même qu’un réseau d’opérateurs.

En pratique, la carte européenne d’invalidité donnera accès à des tarifs réduits ainsi qu’à divers avantages dans les domaines du sport, de la culture et des loisirs.