POLITIQUE

De Wever à la réunion de crise? Pas de commentaire du Premier, une faute pour Yvan Mayeur, inacceptable pour le cdH, un vrai problème pour Magnette

De Wever à la réunion de crise? Pas de commentaire du Premier, une faute pour Yvan Mayeur, inacceptable pour le cdH, un vrai problème pour Magnette

- BELGA

Une nouvelle polémique agite notre politique: Bart De Wever pouvait-il être présent à la réunion de crise post attentat ? Si pour les uns c’est inacceptable, pour d’autres, il n’y a pas de quoi fouetter un chat.

Le Premier ministre Charles Michel ne désirait faire aucun commentaire dimanche sur la présence du président de la N-VA Bart de Wever à la réunion de crise qui s’est déroulée au cabinet du ministre de l’Intérieur au lendemain des attentats du 22 mars.

Cette rencontre qui réunissait les hauts responsables de la police, avait pour cadre les ratés dans la transmission des informations entre la Turquie et la Belgique, par rapport à l’arrestation en juin 2015 d’Ibrahim El Bakraoui, le futur kamikaze de l’aéroport de Zaventem, à Gaziantep, ville voisine de la frontière syrienne.

Une réunion de travail des ministres fédéraux N-VA, dirigée par leur président, se tenait justement ce mercredi-là au cabinet, explique-t-on. «Sentant que sa responsabilité politique était engagée et qu’il pouvait être amené à démissionner, le ministre aurait cru bon de faire participer Bart De Wever à la discussion, ‘bien que ce soit inhabituel’», avait justifié le cabinet à Paris Match.

Pas irrégulier

Selon le porte-parole de la formation nationaliste rien d’irrégulier ne s’est produit à cette occasion.

«Celle-ci (ndlr: la réunion) n’a pas démarré comme une réunion de crise, mais elle a évolué dans cette direction par les circonstances. A un moment, durant cette nuit, le top policier est arrivé. Le ministre devait à ce moment émettre un avis politique sur l’opportunité de sa démission. C’est la raison pour laquelle le président de parti s’y est présenté. C’était une question politique et il s’est agi purement de cela», a commenté le porte-parole du parti.

Même son de cloche du côté du MR. «Il n’y a pas matière à polémiquer. L’opposition s’enflamme un peu au sujet de la présence de Bart De Wever au cabinet de M. Jambon au lendemain des attentats du 22 mars, mais il faut ramener les choses à leur juste proportion», a commenté le porte-parole du parti libéral.

Selon celui-ci, la situation politique était telle que le ministre de l’Intérieur envisageait à ce moment de démissionner. «Quoi de plus normal que de consulter son président de parti. C’est une situation relativement normale dans ce contexte», a encore dit le porte-parole du Mouvement Réformateur.

Une faute pour Mayeur

Par contre et sans surprise, ce n’est pas du goût de l’opposition.

La présence du président de la N-VA Bart De Weverconstitue une faute par rapport à la population et par rapport au risque, a affirmé dimanche le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur (PS), interrogé à ce sujet, par La Une, sur le plateau de l’émission «A votre avis».

«Si l’information est avérée, elle est grave à deux titres: il s’agit probablement d’une violation du secret de l’instruction. Et par ailleurs, lorsqu’en tant que bourgmestre de Bruxelles, j’ai demandé à pouvoir disposer d’informations sur la situation dans la ville où se sont produits les attentats, le Premier ministre m’a répondu qu’il ne pouvait me les donner car l’information venait de services secrets étrangers, ce que j’ai accepté. Cela nécessite un niveau d’habilitation et les bourgmestres ne sont pas dans la hiérarchie des niveaux d’habilitation. Je comprends et j’accepte cela ... Mais les présidents de partis ne sont pas du tout habilités à en disposer», a commenté M. Mayeur.

Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, l’avenir dira s’il s’agit d’une faute pénale. «Mais c’est une faute humaine par rapport à la population et par rapport au risque», a-t-il conclu.

Inacceptable pour le cdH

«Cette présence à une réunion d’une telle importance et d’un tel niveau de confidentialité est sans précédent et totalement inacceptable! «, s’est indigné le député fédéral cdH Georges Dallemagne. Lundi, «le ministre Jambon devra justifier la présence de son président de parti à cette réunion autrement que par un ‘hasard’. Nous devons savoir en quelle qualité et sous quels motifs Bart De Wever y a été invité».

«Un ministre est sous le contrôle du Parlement, pas d’un président de parti. En organisant une telle réunion partisane avec l’état-major de la police sur la gestion post attentats, la N-VA foule aux pieds les principes élémentaires de notre démocratie à un moment crucial de la sécurité du pays», a regretté le cdH dans un communiqué publié dimanche.

Paul Magnette: «Sa présence est une vraie faute»

Présent sur le plateau de l’ «Invité» (RTL-TVI), le ministre-président wallon Paul Magnette a estimé que la présence de Bart De Wever à cette réunion pose un vrai problème.

«On a le sentiment que le président de la N-VA est là, soit pour protéger son ministre et faire en sorte que l’on ne voit pas certaines fautes, soit pour faire un coup politique. Cela ne va donc pas. Sa présence est une vraie faute. Dans tous les cas de figure, cela doit être condamné avec la plus grande fermeté», a affirmé M. Magnette.

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