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Ancien travailleur, commerçant, voisin: leurs rêves pour l’après haut-fourneau

Ancien travailleur, commerçant, voisin: leurs rêves pour l’après haut-fourneau

Angelo, Marie-Christine et Sébastien nous partagent leurs rêves pour l’après haut-fourneau numéro 6 à Seraing. EDA

Ils s’appellent Angelo, Marie-Christine et Sébastien. Point commun? Un long vécu à Seraing, jamais loin du haut-fourneau numéro 6. À présent à terre, ils nous livrent leurs rêves pour le futur site.

Angelo Giambra, ancien travailleur: «Un mémorial»

Angelo Giambra a 53 ans. Établi à Seraing, il a travaillé pendant de longues années au sein du haut-fourneau numéro 6, section gardiennage. C’est avec une profonde tristesse, et un soupçon de rage, qu’il assiste, impuissant, à la démolition de sa partie centrale. «Je ne suis pas d’accord avec la démolition. Je la regrette, vraiment. J’aurais aimé que l’on en fasse un mémorial. Ils l’ont fait pour les mines de Blegny… Pourquoi pas ici?! L’abattre comme ils l’ont fait, c’est pour moi un manque de respect. De respect pour tous les travailleurs qui ont fait vivre cet endroit; pour ceux qui sont morts, aussi. Ils auraient dû le laisser debout et le réhabiliter. Je regrette aussi que nous n’ayons pas été consultés.»

Marie-Christine Denotte, commerçante: «De bons logements sociaux»

Marie-Christine Denotte a 57 ans. Originaire de Chênée, elle est employée dans un commerce qui fait face au feu haut-fourneau numéro 6. Pour elle, «c’est un fameux changement au niveau du paysage. Je partage la tristesse des gens qui se sont investis pour le site. Par ailleurs, j’espère que ce sera l’occasion d’un nouveau départ pour ce quartier de Seraing. Et dans cette optique, je rêve de logements sociaux de qualité. En tout cas pas d’une piste de ski couverte comme cela a été évoqué sur le site du Val Saint-Lambert… Non, plutôt un projet qui redonnerait vie au quartier.»

Sébastien Neyens, voisin: «De l’emploi!»

Sébastien Neyens vient d’avoir 30 ans. Voisin du site industriel, il le connaît depuis qu’il est tout petit. «Mon papa a travaillé au haut-fourneau ainsi que l’un de ses oncles. Pendant les années phares, ce quartier de Seraing a été un lieu de vie très intense. Depuis la fermeture du site, tout semble à l’abandon. Y compris de nombreuses maisons. Ce dont je rêve pour la suite, c’est d’emplois! Il faut penser à une réhabilitation source d’emplois. C’est essentiel pour le dynamisme de ce quartier… Que je trouve trop ignoré au niveau des projets. À l’inverse du centre de Seraing… Ce n’est pas juste! Ce quartier mérite un renouveau.»