POLITIQUE

Di Rupo: «Michel n’ose pas s’opposer à De Wever»

Di Rupo: «Michel n’ose pas s’opposer à De Wever»

Di Rupo déplore une réaction «extrêmement molle» de Michel aux «propos scandaleux de Francken et De Wever». Archives Reporters/QUINET

Affaire du visa refusé à une famille syrienne, suite et sans doute pas fin. Le PS s’en prend au manque de fermeté du MR et du Premier ministre.

«On connaissait la faiblesse du MR face à la N-VA. Ici, on se rend compte que même pour défendre notre État de droit, le Premier ministre n’ose pas s’opposer à Bart De Wever», a réagi le président du parti socialiste Elio Di, alors que les nationalistes se sont lancés dans une campagne de remise en cause du pouvoir judiciaire.

Pour le président du PS Elio Di Rupo, la réaction de Charles Michel aux «propos scandaleux de Theo Francken et Bart De Wever» est «extrêmement molle et totalement insuffisante».

Pour rappel, le secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations persiste à ne pas exécuter une décision de Justice obligeant l’État belge à octroyer des visas humanitaires à une famille syrienne et le gouvernement se penche actuellement, avec ses juristes, sur l’état de la situation. Pendant ce temps, le président de la N-VA met en garde le pouvoir judiciaire face à la tentation d’un «gouvernement des juges».

«Une attaque inacceptable envers notre État de droit»

Alors que le secrétaire d’État N-VA refuse d’exécuter des décisions de justice, alors que le président de la N-VA critique les juges «militants», «activistes», qui «sont des politiciens» et qui vont «jusqu’à donner un nouveau sens aux lois», le premier ministre «se limite à organiser des groupes de travail», s’indigne Elio Di Rupo.

Un gouvernement a le droit de contester une décision de justice et d’introduire un recours, rappelle le président du PS. Mais ici, le président de la N-VA, premier parti du gouvernement, «s’en prend aux juges en général et les présente comme des adversaires politiques. C’est une attaque inacceptable envers notre État de droit», fustige-t-il.

Plutôt que de «condamner sévèrement ces propos», Charles Michel dit «mollement» qu’il va analyser les options juridiques possibles en vue de défendre la politique du gouvernement, observe le président du PS. «Au lieu de rappeler à l’ordre son secrétaire d’État et le président du plus grand parti de son gouvernement, le premier ministre cherche des solutions pour les défendre. C’est inacceptable», dénonce-t-il.

Elio Di Rupo appelle Charles Michel à «se reprendre» et à «défendre véritablement la séparation des pouvoirs, notre État de droit, notre démocratie en rappelant Bart De Wever à l’ordre» et en exécutant ces décisions de justice.