HARCELEMENT

Protéger les enfants et les ados du cyber-harcèlement

Protéger les enfants et les ados du cyber-harcèlement

Inviter votre enfant ou votre adolescent à se détourner de l’ordinateur et des moyens de connexion en soirée permet de créer une bulle de protection contre les messages désagréables, temporaire mais importante en cas d’acharnement. REPORTERS

Le cyber-harcèlement est une réalité quotidienne dans les écoles, rappelle une étude de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Par la grâce des réseaux sociaux notamment, la mécanique violente poursuit sa victime au-delà des murs de l’établissement. Voici comment réagir.

+ À LIRE | Notre supplément "Surfer sans risque" ce jeudi 8 décembre dans L'Avenir, sur tablette iPad ou Android et sur PC.
Tous nos conseils pour naviguer sur internet sereinement, utiliser les réseaux sociaux, protéger ses comptes, éviter le piratage… 

 

«Résidu de chromosome.»«Tu me fais gerber LOL.»«Ce serait cool si tu crevais.» «T’es qu’une chienne.» Dans les cas les plus extrêmes, le cyber-harcèlement génère un flot de messages d’une violence inouïe. Leur vecteur: les réseaux sociaux, les messageries instantanées, le courrier électronique.

Aussi choquantes soient-elles, ces paroles assassines citées en exemple sont loin d’être caricaturales. Et encore moins imaginaires. Comme le rappelle le site poignant baptisé Le téléphone de Louise, ces mots précis et d’autres tout aussi répugnants ont poussé Louise à mettre fin à ses jours le 3 septembre 2014. Originaire de la région namuroise, la jeune fille de 16 ans recevait une centaine de ces messages par jour.

31% des ados concernés

En appui de ce récit révoltant, une toute récente étude de la Fédération Wallonie-Bruxelles tire la sonnette d’alarme. Via un questionnaire, l’université de Mons a interrogé 1 518 élèves de onze écoles secondaires de la région Mons-Borinage. Les résultats sont inquiétants. Si 99% des adolescents sondés affirment logiquement avoir accès à internet, 31% d’entre eux révèlent avoir été victimes de messages dégradants ou humiliants en ligne. Bref, le cyber-harcèlement est une réalité quotidienne dans nos écoles.

Comment définir le phénomène?

La Fédération Wallonie-Bruxelles insiste à juste titre sur son site enseignement.be, le cyber-harcèlement «est avant tout une forme de harcèlement». C’est une extension pernicieuse du harcèlement scolaire, qui s’affranchit des frontières de l’école pour ne laisser aucun répit à la victime. Durable et répétitive, la mécanique exploite les outils de l’espace numérique (mails, réseaux sociaux, sites, vidéoconférence…) pour insulter, menacer, calomnier, propager des rumeurs, diffuser des images embarrassantes ou des informations intimes, la tempête frappant une seule et même personne.

Ouvrir le dialogue

Comment déceler si votre enfant ou votre adolescent fait partie du clan des victimes? «La meilleure façon de savoir si son enfant est touché par du harcèlement (et cyber-harcèlement) est d’ouvrir le dialogue avec lui et d’appréhender la question du harcèlement comme une dynamique complexe», conseille la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (FAPEO).

«De manière générale, tout changement brutal d’attitude chez l’enfant peut être un signe. Il faut être attentif à toute une série de signaux qui peuvent sous-tendre un malaise: isolement, agressivité, anxiété, refus d’aller à l’école, éloignement des amis traditionnels, perte de sommeil ou d’appétit, chute des résultats scolaires…»

Pour les parents confrontés à cette situation, mais aussi pour les victimes qui cherchent une issue et les professeurs en quête de conseils, le site officiel Stop Cyberhate abrite de précieuses ressources.

«Ne reste pas seul face à un problème de cyber-harcèlement!», insiste la rubrique dédiée aux adolescents. Le 103 reste plus que jamais un numéro d’appel essentiel pour l’ado qui a besoin de se confier.

Nos dernières videos