Renzi prié de «surseoir» à sa démission

Comme il l’avait annoncé, Matteo Renzi a remis sa démission. Mais il lui a été demandé d’y surseoir. Reporters/DPA

Après la victoire du non au référendum, et la démission du président du Conseil, l’Italie hésite entre plusieurs scénarios.

Comme il l’avait annoncé, le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a remis hier soir sa démission au président de la République, Sergio Mattarella, au lendemain de la large victoire (59,11%) du non au référendum constitutionnel. Mais le chef de l’État a demandé au président du Conseil de surseoir de quelques jours à cette démission, afin de permettre l’adoption du budget 2017 au Parlement.

Une surprise? Après l’annonce du résultat de la consultation, Sergio Mattarella avait, dans un bref communiqué, salué la forte participation au référendum (65%), «témoignage d’une démocratie solide», et appelé «à la sérénité et au respect réciproque». Mais il avait aussi évoqué «les engagements et les échéances que les institutions devront respecter dans tous les cas».

Les observateurs y avaient vu la mission d’un possible gouvernement «technique», qui prendrait le relais de celui dirigé par Matteo Renzi. Mais le président a privilégié le maintien temporaire du gouvernement en place, comme le prévoyaient certains. Manière de se ménager du temps.

Retour aux urnes?

Les populistes (Cinque Stelle; Lega Nord) avaient sans attendre réclamé la dissolution du Parlement et des élections anticipées. Avec d’autant plus de force que la nouvelle loi électorale, adoptée en mai 2015, prévoit une forte prime majoritaire à la Chambre des députés. Mais cet avantage pourrait être annulé par l’échec de la réforme constitutionnelle, qui maintient tous les pouvoirs du Sénat.

L’hypothèse d’un gouvernement «technique» reste envisageable. Dirigée par qui?

Parmi les noms qui circulaient pour prendre la suite de Matteo Renzi, celui de son ministre des Finances, Pier Carlo Padoan, revenait avec le plus d’insistance. Sa nomination aurait l’avantage de rassurer les marchés qui redoutent une nouvelle phase d’instabilité dans la troisième économie de la zone euro.

Mais si ce gouvernement doit rester en place jusqu’à la fin de la législature, en 2018, d’autres avancent le nom de Graziano Delrio, ministre de l’Infrastructure et des Transports. Un fidèle de Matteo Renzi.

On citait même un possible retour aux affaires de Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne et ex-président du Conseil italien.

En maintenant Matteo Renzi provisoirement en place, Sergio Mattarella se laisse le temps de la réflexion. Et ne permet pas à la Bourse, calme hier, de s’affoler.