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Agriculture: «C’est le consommateur qui me fait grandir»

Agriculture: «C’est le consommateur qui me fait grandir»

Marc Vanoverschelde n’est pas un exploitant agricole comme un autre. EdA Mathieu GOLINVAUX

Marc Vanoverschelde n’est pas un exploitant agricole comme un autre. D’ailleurs, il ne veut pas exploiter la terre et les bêtes. Juste les respecter. Et respecter le consommateur. Un cycle vertueux.

«Je ne suis pas un exploitant agricole, car je ne veux pas exploiter la terre. L’agriculture c’est travailler la vie en permanence et nous, les paysans, nous sommes en lien avec ce monde du vivant, nous sommes simplement des facilitateurs de vie, pas des producteurs. Car ceux qui travaillent et produisent, ce sont la vache et la plante.»

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Ce mode de fonctionnement, cette philosophie de vie même, Marc Vanoverschelde l’applique en prenant soin et en établissant un lien particulier avec chaque plante, chaque animal dans le cadre d’un «organisme ferme» où chaque élément à sa place et son rôle, expose-t-il. Le fermier étant là pour veiller à ce que ce système reste pérenne.

«Si le sol va bien, il va donner de bonnes choses. Les animaux aussi. Si le sol va mal, il y aura des fermentations néfastes qui se répercuteront sur la vache, sur son fromage et aussi sur l’homme qui le consomme.»

 

«Un sol respecté donnera mieux»

 

Une explication qui sonne comme une évidence mais qui est loin d’être la réalité du modèle agricole d’aujourd’hui, dit le paysan de la Ferme du Hayon. «Parce qu’il est plus difficile de faire de l’agriculture propre de nos jours qu’il y a un siècle. Car aujourd’hui on a le matériel pour détruire le sol…»

Or, un sol ou un animal respecté donnera mieux et sera plus fort, expose le paysan gaumais. Il en veut pour preuve la meilleure tenue des rendements face au changement climatique dans les fermes bios que dans les exploitations traditionnelles.

 

Le bio, «pas la solution ultime»

 

Le bio n’est pourtant pas la solution ultime, juge-t-il. Trop lourd. Trop contraignant. «J’ai parfois l’impression qu’il y a dans les fermes plus d’administratifs que de travailleurs de la terre…», dit-il, tout en reconnaissant que les primes liées au bio sont essentielles pour lui.

«Mais peut-être que si les gens ne devaient plus payer les primes agricoles accepteraient-ils de payer leurs produits plus chers. Et ce serait plus sain.»

Pour l’avenir, il croit d’ailleurs plus aux “systèmes participatifs de garantie”, une sorte d’assurance qualité locale où tous les acteurs concernés, producteurs comme consommateurs, vérifient les bonnes pratiques.

 

«Du sens à ma vie»

 

Une façon d’aller vers la transparence des pratiques et une garantie des produits par la société civile dans son ensemble, plutôt que par des contrôles effectués par des tiers. Un système qui colle d’ailleurs mieux à la philosophie de vie du paysan de la Ferme du Hayon.

«Car ce qui donne du sens à ma vie, dit-il, c’est ce cheminement où on fait les choses ensemble, c’est être interpellé par le consommateur qui me fait grandir.»¦