CULTURE

L’armée «Terracotta» de la Chine antique débarque à la gare des Guillemins

L’armée «Terracotta» de la Chine antique débarque à la gare des Guillemins

- ÉdA/Terracotta-Liège

Avec «Terracotta», la gare des Guillemins s’apprête à explorer l’empire du milieu au travers de l’histoire des célèbres statuettes de soldats en terre cuite.

La réputation des expositions présentées à la gare des Guillemins n’est plus à faire. La dernière en date, «De Salvador à Dalí», laquelle s’est refermée le 6 novembre dernier, a ainsi attiré la grande foule: en à peine six mois, près de 190.000 visiteurs sont venus se balader dans l’univers reconstitué du célèbre artiste espagnol. Autre signe du succès grandissant, plus la moitié de ces visiteurs sont venus depuis des régions situées en dehors de la Wallonie.

Après «SOS Planète», «Golden Sixties», «14-18» et donc «De Salvador à Dalí», la gare des Guillemins à Liège s’apprête cette fois à partir à la découverte d’un tout autre monde: la Chine antique, ou l’empire du milieu comme le disent les historiens, au travers d’une nouvelle exposition étonnante conçue par les Allemands de «All In One» (à qui l’on doit également la célèbre exposition «Körperwelten» mettant en scène le corps humain) et dont le gouvernement chinois lui-même a vanté la qualité.

«Terracotta», l’héritage de l’Empereur chinois Éternel

Qui n’a jamais entendu parler de ces milliers de figurines de terres cuites découvertes en 1974 dans le tombeau d’un illustre empereur chinois du troisième siècle avant J.C.? «Terracotta», c’est le nom donné à cette armée composée de quelque 8000 statuettes qui fut, jadis, les derniers protecteurs d’un empereur passé à la postérité: Qin Shi Huang Di.

«Le règne de cet empereur n’a duré que 15 ans, ce qui en fait le règne le plus court de toutes les dynasties chinoises, mais il n’en reste pas moins l’un des plus fameux», présente la commissaire allemande de l’exposition. «Car outre cette armée de 8000 figurines en terre cuite, c’est à lui aussi que l’on doit l’édification de la célèbre muraille de Chine.»

Car au-delà d’une exposition de centaines de figurines, c’est avant tout à la découverte de l’histoire de cette Chine antique, surnommée «l’empire du milieu», que l’exposition «Terracotta» vous convie.

«L’exposition se base sur ces statuettes découvertes dans le tombeau dans l’empereur, mais elle va bien plus loin», confirme la commissaire. «On vous montre l’histoire de tous ces personnages.» Le tout au travers d’objets en tous genres (armes, armures…), de nombreux extraits vidéos, de textes explicatifs et même de quiz pour les plus jeunes.

Des statuettes d’une qualité remarquable

Autant l’écrire tout de suite, les statuettes que vous pourrez admirer durant cette exposition sont des reproductions. «Pour une question de conservation, les statuettes originelles ne peuvent tout simplement pas être déplacées», explique encore la commissaire. «Mais elles sont d’une très haute qualité», rassure René Schyns. Et pour cause: «Elles ont été reproduites à l’identique dans un atelier chinois spécialement conçu pour cela et ont reçu le tampon du gouvernement chinois, qui certifie leur qualité et leur conformité», précise la commissaire.

L’armée «Terracotta» de la Chine antique débarque à la gare des Guillemins
Les statuettes font chacune 1m80 et 200kg. Des reproductions à l’échelle, comme celles présentes sur cette photographie, seront proposées à la vente lors de l’exposition. ÉdA / Veys

Il faut dire que, sur les 8000 statuettes retrouvées par hasard par des agriculteurs chinois en 1974, il ne restait que des débris: «lors de la découverte, c’était un vaste puzzle, chaque statuette pouvant contenir entre 80 et 300 débris. Il a donc fallu les reconstituer et, aujourd’hui, 1800 d’entre elles ont été restaurées. Mais, toujours par souci de conservation, le gouvernement chinois a ralenti les travaux de fouille.»

D’ailleurs, le site est loin d’avoir livré tous ses secrets. C’est que la nécropole découverte s’étend sur 56km2. À titre de comparaison, la Ville de Liège s’étale sur 70km2. Si les 8000 statuettes ont été découvertes dans des fosses bordant cet espace, le tombeau de l’empereur n’a, lui, pas encore été localisé.

Une invitation au voyage

Manfred Dahmen, deuxième commissaire de l’exposition, l’assure: «Cette exposition est un événement culturel de premier ordre. Il s’agit d’une exposition qui invite au voyage et c’est une merveilleuse occasion d’en apprendre beaucoup sur l’empire du milieu, c’est-à-dire la Chine donc, qui est un acteur majeur de notre époque. Et puis cette expo, c’est la huitième merveille du monde, elle présente une collection hors du commun. C’est un beau cadeau de Noël qu’Europa 50, l’organisateur de l’exposition, fait aux Liégeois.»

On notera, pour conclure, que «Terracotta» a attiré plus d’un million de visiteurs en Allemagne et en Autriche. Comme pour les précédentes expositions, des audioguides et des dossiers pédagogiques seront proposés aux visiteurs et aux groupes scolaires. Elle ouvrira ses portes le vendredi 23 décembre et restera ouverte durant 4 mois, soit jusqu’au 23 avril inclus (à l’exception du 25 décembre et du 1er janvier).

En attendant de voyager vers le futur…

«Terracotta» présente également la particularité d’être la première exposition itinérante à s’arrêter à la gare des Guillemins. «C’est la première fois que nous ne sommes pas les concepteurs de l’exposition», explique René Schyns. «Mais ce partenariat nous incite à penser à l’avenir à multiplier ce genre d’expérience, tant l’exposition est de qualité. En réalité, la prochaine exposition que nous allons concevoir prendra place en septembre. Elle s’intitulera ‘J’avais 20 ans en 2030’. Mais comme il n’existe pas encore d’objets du futur, ce qui est tout à fait logique, c’est à nous de les créer! Cela va donc prendre un peu de temps et nous ne voulions pas rester fermés aussi longtemps. Or, cela faisait déjà un moment que j’avais en tête de faire venir cette exposition à Liège. C’était donc le moment idéal…»

… et vers l’Égypte de Toutânkhamon?

Et lorsqu’on lui demande quel sujet il aimerait encore mettre en scène, la réponse de René Schyns fuse: l’Égypte! J’ai eu la chance de pouvoir aller sur le site archéologique du tombeau de Toutânkhamon. J’aimerais beaucoup proposer une reproduction grandeur nature de ce tombeau qui fascine depuis tant d’années. Personne ne l’a jamais fait je pense. Il y a des premiers contacts qui ont été pris avec les autorités égyptiennes. Mais l’espace de la gare des Guillemins dont nous disposons ne permettrait pas l’élaboration d’une telle structure. Ou alors à l’extérieur…