Les Jardins d’OO: ça pousse très bien

Aux Jardins d’OO, à Noville-les-Bois, Xavier Anciaux et Billy, son cheval de trait, cultivent les légumes bio. C’est rentable et les projets fourmillent.

Sous l’aubette de bois, quelques beaux légumes, aussi appétissants qu’originaux. «Ça, c’est un chou kale», explique un jeune homme. «Ça peut se manger en salade, comme ça, mais coupé finement.» Par cageots, on fait ses dernières courses aux Jardins d’OO. «J’ai des légumes depuis le début mai et voilà donc les derniers: on est quand même quasiment en décembre», sourit Xavier Anciaux, le maître des lieux. C’est là, au bord de la rue de la Victoire, à Noville-les-Bois, que la belle aventure a commencé, en 2014. Le solide Xavier et l’encore plus costaud Billy, son cheval de trait, cherchaient de l’espace pour exprimer leur talent et faire pousser des légumes. «On avait justement ce terrain communal libre», rappelle Jean-Claude Nihoul, le bourgmestre. «On a donc conclu un bail précaire, à renouveler chaque année.» Mais désormais, on évoque le long terme. Sur ces 35 ares, pas un tracteur, pas un motoculteur. «L’avantage du cheval de trait, c’est qu’il ne tasse pas le sol comme le ferait une machine», explique Xavier Anciaux. Aucun produit phyto non plus pour protéger ou doper les cultures. «Même cette année avec une météo particulièrement compliquée, on a obtenu de bons résultats. On a quand même utilisé un peu de bouillie bordelaise (ce qui est toléré dans le bio) pour contrer le mildiou», signale le jardinier d’OO. «Mais en deux ans, on constate déjà les grands progrès de biodiversité. Les vers de terre sont bien plus nombreux dans le sol. Quand je laisse les tournesols sur le champ, on voit revenir les linottes, les chardonnerets…» Le projet est écologique et l’affaire est aussi rentable. «Entre mai et décembre, j’aurai sorti une quarantaine de variétés de légumes», continue Xavier Anciaux. «J’ai une liste de 650 personnes intéressées que je tiens au courant par mail. Et j’ai 150 clients extrêmement réguliers.» La rentabilité est également atteinte parce que la clientèle fait sa part de boulot. «Ce sont eux qui coupent les légumes et les emportent. Et si je ne suis pas là, ils laissent l’argent dans l’urne. Tout le monde joue formidablement le jeu. Tout ça fait qu’avec ces 35 ares, j’ai une rentabilité équivalente à 7 hectares!» Impossible de tomber dans le rouge avec des si beaux légumes verts.