POLITIQUE

Revue d’une presse sans pitié pour Nicolas Sarkozy

Revue d’une presse sans pitié pour Nicolas Sarkozy

«Il (Nicolas Sarkozy) est éliminé par un Droopy (François Fillon), aussi bonnet de nuit qu’il était adepte du chapeau pointu et de la langue de belle-mère. Le clown blanc a eu raison de l’auguste», écrit «Libération». -

La presse française commente sans pitié, et parfois au vitriol, l’échec cuisant de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite, ce dimanche.

Une Carla Bruni-Sarkozy en larmes, dans «Le Parisien»

«Une Carla Bruni-Sarkozy en larmes, et un ancien chef de l’Etat plus que jamais solennel au moment d’encaisser sa terrible défaite devant les Français», rapporte Le Parisien. Et encore de citer Nicolas Sarkozy à la fin de son discours, dimanche soir: «j’ai bien le sentiment d’avoir imposé bien des épreuves à ma femme et mes enfants. Il est donc temps pour moi de les retrouver». Ailleurs, on lui rapporte ces propos: «il est donc temps pour moi d’aborder une vie avec plus de passions privées et moins de passions publiques. Bonne chance à la France. Tout ce qui touchera la France me touchera personnellement, je n’ai aucune amertume, je souhaite le meilleur pour mon pays.»

Nicolas Sarkozy sort de l’histoire , écrit «Le Point»

«La chute de la maison Sarkozy», titre Le point. Et aussi «Nicolas Sarkozy sort de l’histoire. Il était convaincu d’être «le recours» dont le pays avait besoin, le meilleur rempart au Front national. Comme Valéry Giscard Destaing, l’histoire d’un come-back impossible.»

«C’est raté pour ce boulimique de la politique doté d’une énergie peu commune, et qui n’est guère habitué à l’échec. Les affaires judiciaires pour lesquelles il est mis en examen, une faiblesse qui n’a pas manqué d’être utilisée contre lui, notamment par le grand vainqueur de ce premier tour, François Fillon.»

Le pari perdu De Nicolas Sarkozy, dit Paris Match

«Le pari perdu de Nicolas Sarkozy», pour Paris Match. «Valéry Giscard d’Estaing n’avait jamais réussi à reconquérir l’Elysée après sa défaite de 1981. Nicolas Sarkozy espérait bien ne pas être victime de la même malédiction.»

«Dans ces moments de solitude face au front du «tout sauf Sarkozy», son meilleur allié a été… François Fillon. Solidaire sans hésitation avec le bilan du quinquennat 2007-2012, l’ancien Premier ministre a peut-être convaincu quelques électeurs qui penchaient pour Nicolas Sarkozy de le rallier, finalement. Peut-être est-ce là une des clés de cette élection étonnante: François Fillon a pu apparaître comme l’héritier du Sarkozy de 2007, plus encore que Sarkozy lui-même», analyse Paris Match.

Sarkozy karchérisé, titre Libération

«Sarkozy karchérisé», écrit Laurent Joffrin dans Libération. Et de poursuivre, dans un edito trempé dans l’acier : « Kärchérisé… Courant comme un dératé dans le couloir de droite, Nicolas Sarkozy a eu beau multiplier les provocations verbales, les meetings en forme de «stand-up», les signatures de livres à la Marc Levy avec foules hystériques et rombières en pâmoison, rien n’y a fait. Il est éliminé par un Droopy, aussi bonnet de nuit qu’il était adepte du chapeau pointu et de la langue de belle-mère. Le clown blanc a eu raison de l’auguste.»

La défaite est cinglante, pour «L’Obs»

«Nicolas Sarkozy raccroche: vive la retraite à 62 ans!» claironne «L’Obs». «Cette fois, c’est la der des der. Le Monte Cristo de la politique française est définitivement renvoyé à sa pré-retraite de conférencier international. La défaite est cinglante. Sans appel.»

Et encore : «cette déroute, sans doute, l’a-t-il vu venir. Sa tentative pour faire «mieux que Giscard d’Estaing» avait quelque chose de désespérée. Trop de cicatrices sur le front de ce guerrier, trop de casseroles accrochées à ses basques.»