44,2%

Fillon, l’outsider surprise l’emporte

François Fillon devance largement Alain Juppé, qu’il affrontera au second tour dimanche prochain. Et il met Nicolas Sarkozy hors jeu...Reporters / Bpresse

On attendait un duel Sarkozy-Juppé pour cette primaire de la droite française. L’outsider François Fillon a déjoué les pronostics et l’emporte largement.

«Maintenant, l’adhésion ne va faire que se renforcer et François Fillon sera forcément le prochain président de la République.»

Hier soir, dans le QG de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, alors que les résultats d’à peine 3 000 bureaux de vote (sur 10 000) étaient connus, on criait déjà victoire. Victoire pour ce premier tour de la primaire de la droite française mais aussi une anticipation sur le second tour de dimanche prochain et même sur… l’élection présidentielle de 2017.

Il faut dire que même s’ils n’étaient que partiels, les résultats avaient de quoi griser les supporters d’un candidat jugé jusqu’il y a peu comme un simple outsider à côté d’un duel des chefs, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Au moment de boucler ces lignes, avec 44% des suffrages sur deux tiers de bureaux dépouillés, le natif de la Sarthe devançait largement ces deux-là, respectivement crédités de 21,7% et 27,8% des voix.

Une nouvelle campagne débute

Même dans le camp d’Alain Juppé, on semblait aussi se faire une raison et on anticipait le second tour de cette primaire que le maire de Bordeaux abordera désormais en outsider derrière Fillon.

«J’ai une vraie question sur la capacité de François Fillon à mettre en œuvre son projet», déclarait ainsi Benoist Apparu, le porte-parole d’Alain Juppé, annonçant ainsi déjà la teneur des débats du duel de cette semaine entre les deux qualifiés. Il s’agira de démonter le programme de l’adversaire.

Mais le défi de Juppé s’annonce rude. Car ni lui ni les autres n’avaient prévu cette remontée de François Fillon qui, jusqu’il y a peu, était crédité de 10% d’intentions de vote. Loin derrière les ténors annoncés, Sarkozy et Juppé donc.

Mais trois débats télévisés entre les candidats – six hommes et une femme – ont permis au troisième homme, qui fut le discret Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant tout son mandat, de faire cette remontée fulgurante.

Ce catholique, père de cinq enfants, est donc parvenu à convaincre avec un projet très libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions de société. «Je pensais accorder mon vote par anti-sarkozysme à Alain Juppé mais j’ai changé et décidé de voter pour François Fillon, je me suis plus retrouvé dans sa démarche», expliquait ainsi Gérard, un électeur lyonnais de 65 ans.

Le camp d’Alain Juppé aura donc fort à faire pour briser l’élan de François Fillon. D’autant qu’à l’image d’un Bruno Lemaire, un des candidats défait (2,6%) hier, puis ensuite de Nicolas Sarkozy, qui lui ont promis leur soutien, les rangs se resserrent déjà autour de celui qui, vainqueur haut la main de ce premier tour incarne désormais la plus forte chance de victoire de la droite à la présidentielle de l’an prochain.