Nicolas Sarkozy tire sa révérence

Exit Sarkozy... L’ancien président a présenté une image trop clivante. AFP

«Tout sauf Sarkozy. J'en ai marre de ce type, trop démago, trop vulgaire, trop de casseroles»...

Voir Sarkozy se faire débarquer de la course à la présidentielle française... Une puissante motivation pour Éric, électeur socialiste. Dimanche, il a donc bravé le mauvais temps pour participer à cette primaire.

C’était la grande inconnue. Savoir si, comme Éric, d'autres électeurs de gauche allaient payer deux euros pour prendre part au scrutin. Car d’un bout à l’autre de la carte politique, l’ancien chef de l'État français (2007-2012) a continué de déchaîner passions et inimitiés durant toute la campagne.

Battu à la présidentielle de 2012 par François Hollande, Sarkozy a mis à nouveau un sérieux coup de barre à droite pour reconquérir le pouvoir. Se présentant comme le «défenseur de la majorité silencieuse», il a centré son discours sur l’autorité, la sécurité, l’identité, l’islam, l’immigration.

«Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois», avait-il lancé en septembre, provoquant un tollé. Sa phrase sur la «double ration de frites» pour les élèves qui ne mangent pas de porc à la cantine a aussi fait du bruit.

Un positionnement qui a renforcé son image clivante, réactivant le front «tous sauf Sarko». Un slogan qui s’est à nouveau répandu sur les réseaux sociaux, et qui l’avait déjà privé de victoire en 2012.

Le «La» a d’ailleurs été donné tôt dans la campagne des sept candidats en lice. Les uns ont ironisé sur les déboires judiciaires de l'ancien président (mis en examen notamment pour financement illégal de campagne), les autres sur ses reniements et ses «agitations». Sur fond, parfois, de fort ressentiment vis-à-vis de l'ancien président «Bling-Bling» aux petites phrases assassines ou condescendantes.

«Je voterai pour François Fillon»

Bref, de quoi pousser les électeurs de gauche à se mobiliser pour contrer son éventuel retour, poussés par la conviction résignée que la gauche sera éliminée dès le premier tour de la présidentielle. Suivrait alors un second tour droite - extrême droite.

Au final, cela semble être le cas. Juppé, avec son image de politique modéré et qui s'adressait aux centristes quand ses concurrents misaient sur une droite plus affirmée, sera présent au second tour. Il remporte la seconde place avec quelque 28%.

Que va devenir Sarkozy? Dimanche soir, il a d’abord indiqué qu’il voterait pour François Fillon, son ancien Premier ministre au second tour dimanche prochain. Avant d’appeler ses supporters à «ne jamais emprunter la voie des extrêmes».

Et pour la suite?

«Il est temps pour moi de susciter plus de passion privée et moins de passion publique», a-t-il terminé, en annonçant son retrait de la vie politique. Mais bon, ce coup-là, Nicolas Sarkozy l’a déjà fait une fois.