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Radios privées: l’emprise de RTL va-t-elle influencer le retour de Mint?

Radios privées: l’emprise de RTL va-t-elle influencer le retour de Mint?

Mint va-t-elle retrouver une place sur la bande FM en 2017? EdA - Jérôme HEYMANS

Est-ce que l’emprise du groupe RTL sur le marché des radios privées en Belgique francophone va nuire à un retour de Mint sur les ondes FM? Pas si simple...

À l’aube du nouveau plan de fréquences 2017, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) publie sa synthèse relative au contrôle annuel des radios privées FM autorisées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que la maison RTL (Radio Contact et Bel RTL) se taille la part du lion dans les principaux secteurs.

Ainsi, alors que DH Radio, la dernière venue sur la bande FM, peine à s’imposer sur le marché, les deux grosses cylindrées de RTL représentent à elles seules 65% des revenus publicitaires générés par l’ensemble des réseaux communautaires et urbains.

 

Concrètement, Radio Contact et Bel RTL ont empoché respectivement 26 924 162 millions d’euros et 25 133 071 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2015 contre «seulement» 13 397 390 millions d’euros pour Nostalgie, qui est pourtant la 3e radio francophone de ce classement financier.

Preuve supplémentaire d’une certaine mainmise de RTL sur le marché des radios privées en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bel RTL, boosté par son format généraliste, et Radio Contact présentent les volumes d’emploi les plus importants.

 

Bref, en plus de mener la course à l’audimat, les deux sœurs de l’avenue Georgin accentuent d’année en année leur suprématie dans le secteur privé en Belgique francophone, loin devant Nostalgie, NRJ et Fun Radio.

Loin de vouloir critiquer l’emprise de RTL, le CSA reconnaît être attentif à l’évolution du marché. «Bien que nos compétences soient assez limitées, nous veillons à ce qu’il y ait une pluralité des offres», assure Nele Smets, sa responsable de l’unité radio. Une pluralité, basée sur l’article 7 du décret sur les services de médias audiovisuels, qui avait poussé le CSA à ne plus offrir de place sur la bande FM à Mint, la troisième radio du groupe RTL.

Dès lors, à quelques mois de l’attribution de trois des six réseaux de la bande FM, est-ce que la mainmise du groupe RTL va influencer le choix du CSA quant au retour de Mint sur les ondes? Difficile à savoir.

«Le CSA devrait normalement délivrer ces autorisations aux environs de juillet 2017, explique Nele Smets. Il est encore trop tôt pour tirer des plans sur la comète. Ce qui est clair, c’est que nous devons faire attention à la pluralité des offres mais pas seulement. La capacité d’investissements des radios ainsi que leur identité et leur programmation influencent la décision du collège d’autorisation et de contrôle.»

«Mint? Un vrai plus»

Dans les starting-blocks pour présenter son dossier de candidature, Mint, qui avait vécu une expérience assez douloureuse en 2008 lorsqu’elle avait été retirée de la FM après une année de diffusion, espère que ses arguments seront entendus.

«Nous estimons que l’arrivée de Mint sur la FM serait un vrai plus, estime Christopher Barzal, porte-parole de RTL. Non seulement cette radio s’adresse à un public différent, plus urbain et masculin, mais elle affiche un ancrage belgo-belge assez rare. C’est Mint qui a par exemple mis en lumière le talent de Puggy, Sharko ou Saule.»

Confiante dans les qualités de sa troisième radio, la maison RTL souhaite également rassurer les autorités compétentes: «Nous n’avons pas lancé Mint uniquement pour le plaisir. Grâce aux chiffres d’audience et à des partenariats avec plusieurs réseaux provinciaux (Must FM et Maximum FM, NDLR), on sait que ce projet fonctionne. Selon nous, la question de la pluralité des offres n’est pas qu’une affaire de groupes médiatiques: la pluralité se trouve aussi dans les contenus. Et dans ce contexte, on peut dire que Mint propose vraiment quelque chose de différent.»

Enfin, pour une analyse plus objective, il ne faut sans doute pas oublier les radios du service public qui contrebalancent l’emprise de RTL. Comme le résume Christopher Barzal, «il ne faut pas croire que l’arrivée de Mint va permettre à RTL de manger beaucoup plus d’audimat par exemple: nos concurrents progressent aussi de leur côté.»

Soumis à des enjeux économiques et culturels ainsi qu’à des pressions politiques, le prochain plan des fréquences de la bande FM est d’ores et déjà très attendu. Par Mint, les médias radiophoniques belges... et par les auditeurs.