Sudpresse réclame une indemnisation de 15 000€ au site d’information satirique. BELGA

Jeudi, lors d’un procès,le site satirique Nordpresse s’est défendu d’avoir divulgué des informations personnelles sur un journaliste de Sudpresse.

Jeudi, devant le tribunal de première instance de Bruxelles, comparaissait un journaliste de Nordpresse, site internet satirique sur les médias. Une plainte avait été déposée contre lui par le groupe de presse Sudpresse. En mai dernier, Sudpresse avait publié un article montrant une cartographie des musulmans de Belgique. Nordpresse avait parodié cet article en publiant «la carte de l’endroit où vit ce journaliste qui a écrit cet article pour Sudpresse». Le groupe de presse écrite dénonce la divulgation d’informations personnelles sur son journaliste.

«On reproche à mon client d’avoir jeté en pâture le nom du journaliste de Sudpresse, sa photo et son adresse. Premièrement, son nom est connu parce qu’il signe ses articles», a plaidé Me Englebert.

« Mon client ne révèle pas sa photo puisqu’elle se trouvait sur le réseau social Linkedin. Par ailleurs, le journaliste est inscrit sur une multitude d’autres réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Pinterest et Youtube où il dévoile photos et vidéos de lui. Mon client ne révèle rien de sa privée mais uniquement ce qu’il partage déjà lui-même publiquement», a poursuivi l’avocat.

«Mon client ne dévoile pas l’adresse du journaliste mais uniquement sa ville, Namur, une cité de 110 000 habitants. Une information qui, par ailleurs, est divulguée aussi sur Linkedin par le journaliste lui-même. À côté de cela, le journaliste de Sudpresse dévoile des informations sur les lieux où habitent des personnes de confession musulmane mais ça, ce n’est pas grave », a insisté Me Englebert.

De son côté, l’avocate de Sudpresse, Me Sandrine Carneroli, a insisté sur le fait que les données divulguées étaient à caractère personnel et que le journaliste avait été harcelé sur Facebook après la divulgation.

15 000 euros réclamés

Sudpresse avait porté plainte contre le journaliste de Nordpresse et réclame une indemnisation de 15 000 euros, ainsi que le retrait du nom, la photo, l’adresse et du compte Twitter de son journaliste du site Nordpresse.

Nordpresse est connu pour diffuser de fausses informations pour critiquer la manière dont les médias traditionnels traitent l’info et tourner certaines pratiques des médias en dérision, en particulier celles de Sudpresse. Mais dans cet article, la mention «vraie info» était précisée. L’article n’avait pas plu au groupe Sudpresse qui avait dénoncé le fait que son journaliste avait ensuite été insulté sur les réseaux sociaux.

Une décision devrait être rendue dans les semaines à venir.