MONDE

Des forces soutenues par Washington lancent «l’offensive sur Raqqa», fief de l’EI

Après celle de Mossoul, la prise de Raqqa en Syrie signerait la fin du «califat» décrété en Irak et Syrie par le groupe Etat islamique.

La force arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis a lancé dimanche une offensive d’envergure pour reprendre la ville de Raqqa, capitale de facto du groupe ultraradical Etat islamique (EI) en Syrie.

«La grande bataille pour la libération de Raqqa et de sa province a commencé», a annoncé Jihan Cheikh Ahmad, une porte-parole de l’offensive, qui lisait un communiqué dans la ville d’Aïn Issa, située à plus de 50 km au nord de Raqqa, aux mains de l’EI depuis deux ans et demi.

L’offensive baptisée «Colère de l’Euphrate» et mobilisant 30.000 hommes, a débuté sur le terrain samedi soir selon Mme Ahmad.

«Raqqa sera libéré grâce à ses fils et ses factions arabes, kurdes et turkmènes, des héros combattant sous la bannière des Forces démocratiques syriennes (FDS), avec la participation active des Unités de protection du peuple kurde (YPG) (...) en coordination avec la coalition internationale» dirigée par les Etats-Unis, d’après le communiqué.

Elle vise à libérer Raqqa «des forces du terrorisme mondial et obscurantiste représentées par l’EI qui a pris (la ville) pour sa capitale supposée», selon le texte.

Cette annonce très attendue intervient au moment où une vaste opération est en cours pour déloger l’EI de son bastion de Mossoul en Irak.

Mossoul et Raqqa sont les deux dernières grandes villes encore contrôlées par l’EI, qui a perdu une grande partie des territoires que ce groupe ultraradical sunnite avait conquis en 2014 en Syrie et en Irak.

Raqqa, la «ville modèle» de l’EI en Syrie

Raqqa est la première grande localité dont s’était emparé le groupe Etat islamique (EI), qui a voulu en faire la «ville modèle» du «califat» autoproclamé sur les territoires conquis en Syrie et en Irak.

«Raqqa, c’est la vraie capitale» de l’EI, affirmait le secrétaire d’Etat adjoint américain Anthony Blinken mi-octobre, peu après le début des opérations militaires pour reprendre Mossoul, le bastion du groupe jihadiste en Irak.

«C’est de cette ville que Daech planifie les attaques extérieures», ajoutait-il en utilisant l’acronyme en arabe de l’EI qui a commandité et coordonné nombre d’attentats meurtriers dans le monde, en France notamment.

Pour les dirigeants occidentaux, l’éradication de l’EI passe forcément par la reprise de Raqqa, sur laquelle la coalition internationale antijihadistes a effectué ses premières frappes aériennes en septembre 2014.

Cette ville, située sur les bords du fleuve Euphrate, non loin de la frontière turque, et qui comptait 240.000 habitants avant le début en 2011 du conflit en Syrie, est devenue en 2013 la première capitale provinciale à tomber aux mains de groupes armés opposés au régime du président syrien Bachar al-Assad.

Début 2014, l’organisation qui allait devenir l’EI quelques mois plus tard chasse par les armes les autres groupes présents dans la ville.