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Les dernières images du château de Noisy: «Pour 5 millions, il est à vendre» (vidéo)

La démolition du château de Noisy a débuté ce jeudi, malgré la polémique. L’entreprise en charge de la démolition a ouvert ses grilles une dernière fois.

Les responsables de l’entreprise Castagnetti, chargée de démonter le château, ont pris la parole ce jeudi matin, alors que le chantier a déjà commencé. Pour eux, les dégradations ont pris une telle ampleur que toute réhabilitation n’était simplement plus possible, à moins d’être follement riche.

Ils ont affirmé que la démolition avait commencé bien avant leur arrivée, avec la montée en puissance d’internet et des réseaux sociaux qui ont fait de la publicité autour de Noisy.

Depuis plus de dix ans en effet, des dizaines de gens un peu dingues y violent la propriété privée, saccagent et détruisent par pur plaisir, en témoignent des tags sur les murs. D’autres y prennent des risques insensés.

Depuis qu’il est entré sur le site, l’entrepreneur est contraint de chasser d’irréductibles individus. «Ce bien nous a été confié. Maintenant, nous sommes civilement responsables de tout accident qui pourrait occasionner des blessures ou causer la mort.»

Le patron Jean-Claude Castagnetti dit comprendre l’émoi des défenseurs du patrimoine mais n’accepte pas de recevoir des menaces par téléphone de la part de «clampins qui ont une crolle dans la tête et une bière à la main.»

Enfin, le directeur commercial de la société a mis les amis de Noisy au défi: «Vous nous donnez aujourd’hui 5 millions d’euros, et on veut bien démonter le château et le remonter ailleurs».

Le plus fou dans tout cela, c’est que d’inconditionnels amoureux du romantique château de Noisy ont cru que cela était possible.

La rencontre, suivie d’une ultime séance de photos au pied du château déjà dé-couronné, fut digne de bout en bout.

Nombreux ont été ceux qui ont remercié l’entreprise de ce beau geste: Autoriser le public à admirer et photographier une dernière fois, et sous ses meilleurs angles, le château de Noisy debout.

Photos : EdA Mathieu GOLINVAUX