ISLANDE

Le parti pirate à l’abordage du Parlement islandais en tant que favori des sondages

Le parti pirate à l’abordage du Parlement islandais en tant que favori des sondages

Birgitta Jonsdottir peut-elle devenir la prochaine Première ministre. Reporters/DPA

Le parti pirate islandais -dépeint comme radical – pointe, selon les derniers sondages, comme favori aux élections législatives qui se tiendront samedi.

Cette victoire annoncée d’un parti vieux d’à peine cinq ans démontre, après la façon dont la crise bancaire et la faillite de l’État ont été prises en main, à quel point les Islandais se distinguent des citoyens du continent. Si les sondages se concrétisent, Reykjavik pourrait bien se doter d’une Première ministre hors norme en la personne de Birgitta Jonsdottir, poétesse auto-proclamée et ancienne porte-parole de… WikiLeaks.

Si elle a le choix, celle-ci préférerait cependant le poste de présidente du Parlement.

En cas de victoire, les élus de «Piratar» devraient chercher à former un gouvernement avec la gauche et le centre. Mme Jonsdottir a d’ores et déjà exclu une alliance avec le Sjalfstaedisflokkurinn (le Parti de l’indépendance) ou le Framsoknarflokkurinn (Parti du progrès), formation de droite malgré son nom.

Autre particularité du parti favori: les Pirates ont financé leur campagne essentiellement via crowdfunding.

Corruption des élites

Selon un récent sondage, Piratar raflerait 22,6% des voix, soit 1,5% de plus que le Parti de l’indépendance encore aux affaires. Un tel résultat assurerait 15 sièges aux deux formations sur les 63 que compte l’Althingi (Parlement).

Le parti pirate a gagné sa popularité grâce à une campagne centrée sur la corruption présumée des élites. En avril, le Premier ministre Sigmundur David Gunnlaughsson avait dû démissionner lorsque son nom et celui de son épouse étaient apparus dans le scandale des Panama Papers. Depuis la faillite de l’État, les décideurs politiques et financiers du pays sont régulièrement considérés comme complètement irrécupérables.

En 2013, le parti pirate ne réunissait encore que 5% des suffrages. Ce mouvement est bien conscient que les responsabilités gouvernementales seront pour lui un défi d’une toute autre ampleur. Un peu d’appréhension n’est donc pas à exclure.

Les liens de Birgitta Jonsdottir avec WikiLeaks sont, par ailleurs, une bonne nouvelle pour Edward Snowden: en cas de victoire des Pirates, le lanceur d’alerte américain pourrait en effet trouver asile dans le pays des geysers.

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