BRUXELLES

Et si vous adoptiez un... châssis de fenêtre du Conservatoire?

Et si vous adoptiez un... châssis de fenêtre du Conservatoire?

Le Conservatoire de Bruxelles est en piteux état depuis très longtemps. Reporters / Ines Juanola

On a déjà vu beaucoup d’appel à l’adoption fictive pour stimuler les appels aux dons. Mais jamais encore on ne nous avait proposé d’adopter... un châssis. C’est l’idée de Conservamus pour rénover les fenêtres du Conservatoire de Bruxelles.

L’association Conservamus a apposé lundi une bâche sur le Conservatoire de Bruxelles situé rue de la Régence, annonçant que, face à l’inertie des responsables politiques, elle lançait la procédure pour restaurer les châssis du bâtiment et que les travaux seront financés avec les donations des citoyens. Consarvamus vous propose donc d’adopter un châssis pour en soutenir la rénovation.

L’asbl, constituée en 2007 notamment pour réagir face à la nécessité de rénover ce bâtiment classé, a décidé de ne plus attendre face à l’urgence de sauver les châssis et de relancer un appel aux dons. Un architecte constitue actuellement une demande de permis d’urbanisme pour un début de travaux attendu au printemps 2017. La rénovation des châssis a été estimée à 400.000 euros, ce qui correspond à la hauteur des dons actuels collectés sur un compte de la Fondation Roi Baudouin. Le renouvellement de l’appel aux dons vise à parer aux coûts supplémentaires éventuels.

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«C’est fou de laisser mourir un bâtiment classé»

«L’importance des dons reçus montre pour moi que beaucoup de gens sont attachés à ce patrimoine et qu’ils n’acceptent pas qu’il parte à vau-l’eau», commente Gerald de Hemptinne, représentant de Conservamus. «C’est fou de laisser mourir un bâtiment classé sur une des artères principales du centre.»

Le lieu est propriété du gouvernement fédéral, notamment de la Régie des bâtiments. Il est occupé par les conservatoires francophone et flamand, et donc lié aux deux communautés linguistiques.

«Depuis la fédéralisation de l’enseignement, il y a des mésententes sur qui a la responsabilité d’entretenir le bâtiment», poursuit Gerald de Hemptinne. «Au final, ils ne l’entretiennent pas et cela a provoqué la décrépitude du Conservatoire. La solution est de réunir ces trois partenaires dans une société anonyme. Il y a un accord de principe, mais il n’y a pas encore eu de signature.»

«Des châssis à haute valeur patrimoniale»

Marianne Hiernaux, porte-parole de Beliris (accord de coopération entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale) en charge de la planification des travaux, estime l’intervention de Conservamus salutaire pour les châssis.

«Il y a encore des petites choses qui restent à définir au niveau du programme pour que ce soit signé. Entre les délais raisonnables d’études, de permis et pour trouver l’entrepreneur, il est certain que les travaux de rénovation ne pourront pas commencer en 2017. Vu que les études ne sont pas encore réalisées, les travaux de châssis par l’asbl ne posent pas de problème. Ils avaient été discutés avec l’association en son temps. Les châssis sont très vieillissants et ont une haute valeur patrimoniale. Leur intervention pourra permettre de sauver certaines choses au niveau patrimonial.»