TOURNAI

Le Tournai d’avant : une colonne en gratitude

Les photos dénichées cette semaine dans les Archives iconographiques du Tournaisis sont celles de la construction et de l’inauguration du monument aux Français à la place de Lille à Tournai.

Tournai prépare sa modernisation en cette deuxième moitié du XIXe siècle. Gare nouvelle, suppression des murailles, création de quartiers ouverts et, aussi, volonté d’embellir la cité. C’est dans ce contexte que survient l’invitation d’un comité bruxellois d’élever un monument à ceux qui ont complété notre indépendance, les Français combattant et mourant à Anvers.

C’est là qu’aurait dû être élevé ce souvenir mais la métropole, arguant «de ses étroites relations commerciales avec la Hollande» et craignant des mesures de coercition, refusa ce geste le 23 février 1893.

Une partie de l’armée française, soit une brigade de la division Fabre, des unités d’artillerie et le 50e de Ligne ayant transité par Tournai, l’administration communale acquiesça, le 14 avril 1893 (autre source, en 1894) à ce vœu de reconnaissance. Un comité fut formé, les études menées, le projet concrétisé. Ce sera une colonne, résurgence et copie de ce qui se fait chez nos voisins, notamment en France.

L’architecte Constant Sonneville est son auteur, la sculpture est du Lillois Camille Debert, élève des Beaux-Arts de Paris, la grille l’entourant fut confiée à la maison tournaisienne Vandenbroecke

Au-dessus d’un socle de pierre, un bandeau de bronze illustre divers épisodes du siège et est surmonté d’un fût en granit rose d’Écosse haut de 2,90 m, pesant 7 000 kg. Sommant le monument, une dame symbolisant la Patrie, tend vers la France la palme due aux vainqueurs mais qui symbolise également le martyre du conflit soit 212 tués et 1 061 blessés.

La première pierre a été posée par l’échevin Delwart en juillet puis c’est le tour des ouvriers mis face à un réel exploit à réaliser avec les moyens de l’époque. Nos clichés en sont références. La colonne est hissée et scellée en septembre, la statue suit, tout est prêt pour l’inauguration.

Liesse complète le 19 septembre, la foule est au rendez-vous, les discours se succèdent en présence d’autorités tant belges que françaises, le défilé de la Garde Civique, les innombrables gerbes, de nombreuses fanfares, les illuminations et le feu d’artifice ont apporté à ce jour faste tout le décorum indispensable. Que ressuscite chaque année la section belge de la Fédérations des Anciens combattants d’outre-mer.


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