FIFF: les photos du début du festival et notre coup de coeur "Ma Vie de courgette"

Le coup de cœur de ce début de festival est animé. Et il porte un bien drôle de prénom: Courgette.

Courgette, c’est le petit héros aux cheveux bleus de Ma Vie de courgette, un projet vieux de dix ans porté avec opiniâtreté par le cinéaste français Claude Barras. Il raconte la trajectoire difficile d’un petit orphelin envoyé dans un foyer dans l’attente d’une hypothétique adoption: «C’est sûr que ce n’est pas un sujet facile à vendre, reconnaît Claude Barras. Dans un premier temps, un producteur m’a même dit que c’était… ‘‘inanimable’’.»

Lui, pourtant, y a cru. Parce qu’il avait bien compris, à la lecture du livre dont il avait choisi de s’inspirer, que les sujets abordés ici sont profondément universels. C’est que derrière les personnages de Courgette et de ses petits copains de l’orphelinat, c’est de la peur de l’abandon, mais aussi de la définition moderne de la famille, qu’il est question.

Le sujet peut sembler ardu, a fortiori pour un public d’enfants. C’est pourtant le phénomène inverse qui se produit depuis que le film est projeté en festival. Sans doute aussi parce que le scénario a été réécrit par Céline Sciamma, la talentueuse réalisatrice – et compagne d’Adèle Haenel, qui était également au FIFF ce week-end – de Bande de filles. Et, plus encore, de Tomboy. «C’est avec ce film, commente-t-elle, que j’avais compris que l’on pouvait que l’on pouvait s’adresser aux enfants, et aborder avec eux des sujets sérieux sans utiliser, pour autant, des dialogues qui chercheraient à être enfantins. Plus que d’utiliser leur vocabulaire, ce qu’il faut, c’est comprendre leur logique, leur cheminement de pensée.»

Elle y arrive merveilleusement bien, cependant que les parents y trouveront, eux aussi, leur compte: «Aujourd’hui, avec les films d’animation, il y a généralement deux possibilités, sourit Céline Sciamma. Soit vous les subissez pour faire plaisir à vos enfants, soit vous y trouvez un second niveau de lecture qu’eux ne peuvent capter. Pas ici. Ici, parents et enfants verront le même film, mais ressentiront simplement des émotions différentes en fonction du point de vue – adulte ou enfant – qu’ils choisiront d’adopter

Nous vous proposons trois pages spéciales FIFF dans L’Avenir de ce lundi 3 octobre, sur tablette, smartphone ou PC

«Ma vie de Courgette», lundi 3/10, 13h, Caméo 1.