LIÈGE

Une salle de guindaille va être construite pour les étudiants liégeois

Une salle de guindaille va être construite pour les étudiants liégeois

L’entrepôt se trouve le long de la rue de Droixhe, entre Droixhe et Jupille. D.R.

À Liège, les guindailles estudiantines vont pouvoir se dérouler dans un entrepôt situé entre Droixhe et Jupille, dès cet automne. Une nouvelle salle sera ensuite construite sur ce site.

À Liège, la salle de guindaille était devenue une Arlésienne. Depuis deux décennies, les associations d’étudiants, la Ville et l’ULg planchent sur le sujet. Enfin, un projet se concrétise, après des années passées dans le fameux chapiteau du Val Benoit. C’était dans l’air depuis un an déjà: l’option choisie est celle des anciens établissements Carre-Swinnen, rue de Droixhe, entre Droixhe et Jupille.

Le terrain et le bâtiment appartiennent à la Ville, mais ce sont deux ASBL qui conduisent le projet: l’AGEL (Association générale des étudiants liégeois), qui organise les guindailles et chapeaute les comités de baptêmes, et la MEL (Maisons des étudiants liégeois), chargée de financer l’AGEL et de concrétiser le projet de salle.

Les baptêmes de cet automne s’y dérouleront

Les accords avec les autorités tant de la Ville que de l’ULg ont été trouvés. Et surtout, un permis unique a été obtenu pour les premiers aménagements de l’entrepôt, qui débuteront dans quelques jours.

Très concrètement, les sessions baptismales de cet automne vont pouvoir s’y dérouler, moyennant quelques travaux, notamment de mise aux normes, de sécurisation et d’accès. Saint-Nicolas, Saint-Torê et autres guindailles s’y tiendront aussi.

«La location du chapiteau du Val Benoit coûtait 30 000 à 40 000 euros par an», explique Olivier Béart, porte-parole de la MEL. Les travaux d’aménagement du hall existant, d’une superficie de 1800 m2, devraient coûter de 120 000 à 150 000 euros. Les guindailles devant s’y dérouler les trois ou quatre prochaines années, l’opération n’engendrera donc pas vraiment de surcoût.

La construction d’une nouvelle salle à l’horizon 2020

Dans un second temps, AGEL et MEL construiront une nouvelle salle de guindaille, sur le terrain juste à côté de l’actuel entrepôt. «L’objectif consiste à déposer une demande de permis en 2017 et commencer les travaux en 2018», projette Patrick Leclercq, architecte œuvrant pour la MEL. Une dépollution du terrain devra par ailleurs être réalisée.

Le dossier n’en est qu’au stade de l’avant-projet. Les associations ne connaissent donc pas encore les termes exacts du financement. Mais un schéma de type «self supporting», sans intervention de la Ville ou de l’ULg, devrait être préconisé, avec un amortissement s’échelonnant sur 25 ou 30 ans.

Une jauge de 4 000 personnes

Bien loin de la boue, du plancher rudimentaire et de l’hygiène très relative qui ont fait la réputation du «chapi» au Val Benoit, cette salle de guindaille sera bâtie en dur, avec des sanitaires, comptoirs et équipements adéquats.

On parle d’une salle de 1500 à 2000 m2, capable d’accueillir 4 000 personnes, sachant que les soirées de la Saint-Nicolas ou de la Saint-Torê attirent plus de 3 000 personnes.

À terme, la majorité des guindailles estudiantines devraient être rapatriées à cet endroit, c’est-à-dire – en plus des 26 baptêmes, de la Saint-Nicolas, des Saints, de la Saint-Torê – également le Bal des Bleus, par exemple, qui s’est longtemps tenu au Sart Tilman.

Une salle de guindaille va être construite pour les étudiants liégeois
La nouvelle salle de guindaille devrait voir le jour à l’horizon 2020. D.R.

«Historiquement, les guindailles se faisaient plutôt de l’autre côté de la ville. Il faudra s’habituer, mais signalons que le nouveau site se trouve à 3,5 km de la place Saint-Lambert. Le Val Benoit, c’est 4,5 km», poursuit Olivier Béart.

Le lieu parfait n’existe pas, pour une telle infrastructure. «Nous nous sommes rendu compte que nous cherchions le mouton à cinq pattes», alliant proximité, absence de riverains, conditions de sécurités optimales, etc.

Accès, sécurité, nuisances: un endroit intéressant

Le site de la rue de Droixhe présente néanmoins quelques atouts substantiels. Il n’est pas mal desservi par les bus (17, 18), Des mesures structurelles (navettes) pourront évidemment être négociées avec les TEC. Pour autant qu’il débarque un jour, le dépôt du futur tram de Liège se trouvera à quelques encablures.

Les premières habitations se trouvent à plus de 400 mètres. «Et de toute façon, avec la salle fermée, l’insonorisation sera meilleure qu’avec un chapiteau», souligne Olivier Béart. L’éternelle question de la sécurité se pose, notamment avec la relative proximité de l’E25 et de la Meuse. Les conditions sont en tout cas infiniment plus sécurisantes qu’au Val Benoit, entouré des rails, d’une voie rapide et de la Meuse.

Voilà donc que les futures générations d’étudiants sortiront du côté de Droixhe, sans doute dès 2020. Leurs parents évoqueront alors leurs souvenirs au Val Benoit, avec une pointe de nostalgie, mais en se réjouissant que la Cité ardente se soit enfin dotée d’une infrastructure digne d’accueillir la guindaille.

Et co’n fèye po non l’rouvî… Allons Lîdge!