FRANCE

L’histoire interdite de la présidence : la bombe de l’ex-conseiller de Sarkozy

L’histoire interdite de la présidence : la bombe de l’ex-conseiller de Sarkozy

Reporters/Abaca

Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, sort un livre qui risque de faire du bruit. Il y règle ses comptes avec l’ex-président français. Même s’il s’en défend.

L’histoire interdite de la présidence : la bombe de l’ex-conseiller de Sarkozy
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Dans «La cause du peuple: l’histoire interdite de la présidence Sarkozy», qui sortira ce jeudi, Patrick Buisson livre quelques anecdotes et les confidences que lui faisait Nicolas Sarkozy, alors président français entre 2007 et 2012.

Un livre qui ne serait pas un règlement de compte selon lui, puisqu’il s’appuie plutôt sur ces anecdotes pour ouvrir une réflexion sur la droite et son idéologie.

Le journal français L’Express a pu consulter l’ouvrage d’un peu moins de 500 pages, et en dévoile le contenu, incendiaire, quoi qu’il en dise, pour Nicolas Sarkozy.

Patrick Buisson, ancien conseiller d’extrême droite, livre notamment cette déclaration de Sarkozy sur Jacques Chirac. «C’est le plus détestable de tous les présidents de la Ve République. (…) Je n’ai jamais vu un type aussi corrompu. Un jour, il a voulu me faire signer un contrat avec l’Arabie saoudite. Je me demande encore comment il a osé me mettre ça sous le nez.».

Sur François Fillon, Nicolas Sarkozy n’est pas plus mesuré. «Pauvre type, tant qu’il y est, il n’a qu’à venir mercredi au Conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prières», aurait-il dit après l’inauguration d’une mosquée par son ancien Premier ministre.

Angela Merkel a aussi eu droit à son petit mot, sous forme de boutade. «Je suis la tête, vous êtes les jambes!», a dit Sarkozy à la chancelière. Qui lui a répondu: «Nein, je suis la banque».

 

«Des valeurs communes avec le FN»

 

Le virage très à droite opéré par Nicolas Sarkozy en 2007 est également abordé.

Les accointances avec le Front national sont évidentes. Lors d’une réunion avec des proches, il déclare: «Les valeurs du Front national sont celles de tous les Français; c’est la manière dont le FN les exprime qui est choquante. Les Français n’aiment pas les plats trop pimentés qui emportent la gueule.»

Patrick Buisson explique également que Nicolas Sarkozy aurait donné instruction de «faire remonter une cinquantaine de signatures d’élus au candidat Le Pen et à lui seul», afin qu’il puisse obtenir les 500 signatures nécessaires pour se présenter comme candidat à la présidentielle.

Une réunion entre les deux hommes est aussi évoquée, au nom des «valeurs communes» que Nicolas Sarkozy disait partager avec le Front national.

 

Sarkozy indifférent

 

Patrick Buisson avait été démis de ces fonctions après une trahison qui avait fait du bruit. Il avait été condamné à verser 20.000 euros à Nicolas Sarkozy, après qu’un journal a révélé qu’il avait enregistré de nombreuses conversations avec l’ancien Président à son insu.

«Si j’ai tout enregistré, c’est donc que ce que je dis est vrai», se défend-il. Le prologue de son livre aborde d’ailleurs cette question sensible des enregistrements cachés. «Le fait d’enregistrer certaines réunions importantes était pour moi la garantie de pouvoir disposer d’un verbatim fidèle et d’accomplir mon travail en fournissant les arguments et les éléments de langage les plus appropriés».

Interrogé sur la sortie de ce livre, Nicolas Sarkozy a préféré jouer l’indifférence. «Il ne m’intéresse nullement. J’ai un cerveau, je n’ai pas besoin d’être lobotomisé par qui ce soit. Une réconciliation? Ce n’est pas un sujet pour moi», a-t-il lancé sur Europe 1.