MONS

Bientôt 5 labels Unesco à Mons?

Le cimetière militaire de Saint-Symphorien est en bonne voie pour devenir le 4e site Unesco reconnu sur la commune de Mons. Un 5e label pourrait suivre dans quelques années, avec le Géoparc du Bassin de Mons.

Mons peut s'enorgueillir de compter déjà 3 sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco, à savoir: le beffroi de Mons, ouvert en 2015 au public, le doudou, au rang de patrimoine immatériel de l'humanité et les mines néolithiques de Spiennes, témoins du génie humain.

A cette liste pourrait se rajouter d'ici peu de nouveaux lieux de l'entité montoise. Et le prochain labellisé sera probablement le cimetière militaire de Saint-Symphorien. Ce lieu a été le théâtre en août 2014 d'une émouvante cérémonie organisée par les Britanniques en présence des princes William et Harry et de la princesse Kate. Ils étaient venus expressément pour commémorer le centenaire de la bataille de Mons, qui a marqué l'entrée en guerre du Royaume-Uni. Mons qui fut aussi le lieu où est tombé le dernier soldat de l'Empire britannique avant la signature de l'Armistice et reste depuis "The First and the Last", dans les mémoires d'outre-Manche.

Ce cimetière militaire n'est pas qu'un symbole pour les Britanniques: à la base, il a été érigé par les Allemands en 1916, sur un terrain appartenant à Jean Houzeau de Lehaie, éminent naturaliste. Afin d'éviter une réquisition, il céda son terrain à la condition que le lieu devienne une nécropole pour tous les soldats tombés dans la région de Mons, quelle que soit leur nationalité. Au total, ce sont 513 tombes que le cimetière abrite, dont 284 de soldats allemands et 229 de soldats du Commonweallth.

Aboutir en 2018?

Reconnu comme un site de mémoire important pour les Britanniques, le lieu pourrait encore gagner en visibilité s'il obtient la reconnaissance de l'Unesco. Une candidature a été déposée collectivement avec d'autres cimetières militaires du Commonwealth situés en Belgique et en France. Pour Saint-Symphorien, cela semble bien parti: "L'Unesco nous a demandé un plan de gestion de site", explique la responsable des sites Unesco à la ville de Mons Manuela Valentino. Désormais, les critères pour l'obtention du label Unesco sont plus stricts. "Ils veulent que le site soit non seulement conservé, mais aussi valorisé. Avant, ils demandaient le plan de gestion après la reconnaissance, maintenant c'est l'inverse. Ils veulent qu'on établisse un diagnostic de la situation économique, touristique, de ce que l'on peut améliorer..."

La procédure est encore longue, la prochaine étape sera le classement du site par la Région Wallonne pour que l'Unesco puisse le classer ensuite. Une enquête publique est d'ailleurs en cours et se termine ce vendredi. Quant à la reconnaissance finale de l'Unesco, aucune date n'est encore avancée, mais on a bon espoir d'aboutir d'ici deux ans, soit 2018, centenaire de la fin de la première guerre mondiale.

Géoparc du Bassin de Mons

Autre dossier sur la table de l'Unesco émanant de Mons: celui du "géoparc du bassin de Mons". Porté par l'asbl La Malogne et une équipe de l'Université de Mons, ce projet vise à faire reconnaître  l'intérêt naturel de plusieurs sites en sous-sol, dont celui de Spiennes, qui serait labellisé deux fois par l'Unesco. "La Wallonie, notamment la région de Mons, est une terre riche dans le domaine de la géologie. L’ambition de ce projet est aussi de faire découvrir cette richesse au public le plus large en proposant des circuits de découverte de sites géologiques", écrivent les porteurs du projet.

Mais le chemin sera long, en raison notamment de l'étendue du territoire et du nombre de sites potentiellement concernés: 19 lieux répertoriés sur un territoire allant de Blaton à l'Abbaye d'Aulne, près de Thuin. On retrouve pêle-mêle les carrière de pierre bleue de Soignies, le site de la Malogne et ses 260 km de galeries souterraines à Hyon/Ciply, la craie d'Harmignies...Il faut aussi parvenir à fédérer plusieurs communes derrière le projet. L'an dernier, un délégation de l'Unesco était venue visiter plusieurs de ces sites répertoriés.  L'intérêt d'une labellisation serait la protection de ces sites divers et leur valorisation, via le développement du tourisme scientifique.