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VIDÉOS | 11 moments marquants de la carrière de Jacques Chirac

VIDÉOS | 11 moments marquants de la carrière de Jacques Chirac

Chirac, ici en août 2011, aura marqué la vie politique française de son empreinte. AFP

Jacques Chirac aura marqué la vie politique française durant plus de 30 ans. Proche des gens, habile stratège politique, parfois polémique, souvent drôle. Flashback.

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1. Les aléas du direct

On commence chronologiquement par du léger. Propulsé à l’avant-scène politique par le président Georges Pompidou qui le surnommait «Mon bulldozer», Jacques Chirac gagne en popularité dans les années 70 avec la création du parti RPR. L’occasion pour lui d’obtenir une importante visibilité médiatique. Et de découvrir les aléas du direct, comme quand on le voit en duplex d’un salon en train de remonter ses chaussettes (1979) ou, en 1981, s’impatienter alors qu’il est déjà à l’antenne: «Qu’est-ce qui lui arrive à la 2, il faut faire chauffer l’appareil ou quoi?»


2. Remis à sa place par Mitterrand

Un des débats politique qui ont marqué l’histoire de la télévision française. Durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 1988, Jacques Chirac fait face à François Mitterdand sur Antenne 2. Ce dernier, président sortant qui finira par être réélu, veut maintenir la distance avec celui qui était alors son «Premier ministre», comme il se plaît à le rappeler. Chirac prend la parole: «Permettez-moi juste de vous dire que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats. (...) Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand.»

«Mais vous avez tout à fait raison..., Monsieur le Premier ministre», lui rétorque le socialiste.

3. «Le bruit et l’odeur»... et la polémique

Juin 1991. Jacques Chirac penche de plus en plus sur la droite. Au point de déraper lors d’un discours à Orléans. Il évoque alors le dossier immigration et évoque «le bruit et l’odeur» des étrangers.

 

«

Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler!

»
«

Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur

»
«

, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela.

»

 

Même Jean-Marie Le Pen se réjouira de voir Chirac utiliser le même discours que le Front National... Une plainte pour incitation à la haine raciale sera déposée mais déboutée un an plus tard. En 1995, le groupe Zebda a sorti un album et une chanson titrés « Le bruit et l’odeur » où ils dénoncent les stigmatisations contre les immigrés.

4. «Mangez des pommes»

Lors de la campagne électorale de 1995 qui le verra finir à l’Elysée, Chirac, en bon Corrézien, prend soin de soigner son image proche du terroir. Il répète notamment inexorablement son amour pour les pommes. L’émission satirique de Canal + «Les Guignols de l’info» en fait un gimmick et contribue à l’en rendre sympathique.


5. Colère à Jérusalem: «This is a provocation!»

22 octobre 1996. 18 mois après son élection, Chirac effectue une visite en Israël. Toujours soucieux d’être proche des gens, il souhaite se balader dans Jérusalem devant les caméras. Mais cela ne se passe pas comme il l’entend. Les services de sécurité locaux sont sur les dents et gênent le travail des journalistes. Le président français se fâche: «Qu’est-ce qu’il y a encore comme problème? Je commence à en avoir assez», s’agace-t-il en saisissant par l’épaule un responsable. Il se lance alors dans des réprimandes dans un anglais un brin approximatif: «What do you want? Me to go back to my plane and go back to France? Let them go... Euh let them do! This is not a method. This is a provocation!»

6. Chirac et les champions du monde

Comme tout bon politicien, il sait qu’il est toujours de bon ton de s’associer aux sportifs nationaux qui portent haut les couleurs du pays. En 1998, ce sont les footballeurs qui ont la cote avec le sacre des bleus lors de la Coupe du monde organisée en France. Mais le président, grand fan de sumo, n’est pas un fin connaisseur du ballon rond. Lors de la finale du Mondial, une caméra le filme en train de faire semblant de crier les noms des joueurs. Et, lorsqu’il les reçoit quelques jours plus tard à l’Elysée, il fait un lapsus en parlant de «Coupe de France» avant de vite rectifier le tir.


7. «Abracadabrantesque» et «Super Menteur»

En 2000, alors qu’il en est à la 5e année de son septennat, il est rattrapé par l’affaire du financement occulte du RPR. Il reçoit la journaliste Elyse Lucet pour s’expliquer et mise plus sur la forme plutôt que sur le fond en inventant un mot pour balayer cette histoire d’un revers de la main:

 

«

Je suis indigné par le procédé, indigné par le mensonge, indigné par l’outrance...Il doit y avoir des limites à la calomnie...Aujourd’hui on rapporte une histoire abracadabrantesque

»

 

Des explications qui lui vaudront un nouveau surnom peu glorieux aux Guignols de l’info: Super Menteur.



8. «C’est beau mais c’est loin»

Autre séquence culte qui démontre sa capacité à se montrer proche des gens et du terroir. Lors de la campagne présidentielle de 2002, il est filmé en visite dans une ferme où il répète à chaque personne qu’il croise: «C’est loin mais c’est beau».

9. Fraîchement réélu, il décale le coup d’envoi d’une finale parce que la Marseillaise est sifflée

Le 5 mai 2002, Jacques Chirac est réélu avec un plébiscite jamais vu. Il obtient 82% des voix face à Jean-Marie Le Pen. Il semble en état de grâce. Le dimanche suivant, il assiste au stade de France à des sifflets de certains corses lors de la finale de la Coupe entre Bastia et Lorient, il se permet d’immiscer le politique dans le sportif. Pas touche aux symboles de la République! Chirac décide de renvoyer les joueurs aux vestiaires à deux reprises, obtient les excuses instantannées du président de la Fédération française au micro du stade puis repousse encore un peu le coup d’envoi afin d’effectuer une intervention télévisée pour condamner ces sifflets.

10. Pique à Sarkozy: «Je décide, il exécute»

14 Juillet 2004. À son tour, il recadre un de ses ministres. Pas n’importe lequel. Celui qui finira par lui succéder. Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances. Alors qu’il est question d’une polémique sur le budget de la Défense, Chirac marque son territoire: «Il n’y a pas de différends entre le ministre des Finances et moi. Pour une raison simple, c’est que je décide et il exécute.»

Il enfonce le clou en déplorant publiquement des «politiques avec un petit p» et ajoute: «Je ne laisserai pas les ambitions ou les calculs des uns ou des autres, ici ou là, venir perturber l’action des trois années à venir.» Vlan!

11. Son soutien à Hollande et son flagrant délit de drague

Les dissensions avec Sarkozy persisteront après son retrait de la vie politique. En juin 2011, il affirme devant de nombreuses caméras et aux côtés de François Hollande qu’il votera pour ce dernier en 2012 si son ami Alain Juppé ne se présente pas.

Une annonce faite lors d’une visite en Corrèze, où il s’était signalé deux ans plus tôt en train de draguer une élue socialiste locale dans le dos de son épouse. Une Bernadette à qui le manège n’avait pas échappé et dont le regard noir à son mari avait fait le bonheur du Petit Journal de Yann Barthès sur Canal +.