PROCÈS WESPHAEL

Pour Wesphael, les hématomes de Pirotton sont dus à ses chutes

Pour Wesphael, les hématomes de Pirotton sont dus à ses chutes

- BELGA

La 2e réaudition est éclairante sur les explications des blessures de Véronique Pirotton. Qui, selon Wesphael, sont dues à ses chutes le soir du drame. Et les jours qui ont précédé…

Durant ses diverses auditions par la police, Bernard Wesphael a été confronté aux diverses blessures de la victime. Comment expliquer les 35 lésions retrouvées sur le corps de Véronique Pirotton.

Pour Bernard Wesphael, c’est clair: les nombreux hématomes sont dus aux chutes de Véronique Pirotton le soir du drame (elle est tombée à trois reprises selon lui).

Mais pas uniquement.

« Elle tombait assez régulièrement» explique-t-il. «Elle avait déjà des lésions deux semaines plus tôt. Le lundi soir, elle était tombée à 3 ou 4 reprises dans l’escalier. Ces chutes ont eu lieu en montant. Elle avait souvent des difficultés pour monter au 3e».

Car Véronique, dit-il, se met souvent dans des états pas possibles à cause de l’alcool. À tel point qu’il est obligé, explique-t-il, de la neutraliser… sans violence.

« Je suis judoka, je connais ces techniques», dira-t-il aux policiers.

«Dangereuse pour elle et pour la société»

Wesphael explique encore lors de son audition qu’il ne peut pas expliquer les 35 lésions. Mais son explication générale reste la même: ce sont les chutes qui ont provoqué les lésions. «Je suis convaincu que je ne porte pas de responsabilité dans ces lésions», affirme-t-il.

Évidemment, fait remarquer la police, certaines blessures ne peuvent être imputées aux chutes: celles à la tête, aux poumons, au foie.

Bernard Wesphael incrimine la réanimation. Et puis, ajoute-il au policier qui l’interroge: « Je ne suis pas docteur ni scientifique. Je ne peux pas vous donner d’explications rationnelles. Je sais juste que je n’ai pas mis fin aux jours de ma femme. Je ne l’ai pas touchée, ni de près, ni de loin. Je me suis juste protégé de ses attaques».

Les blessures au foie? Là, Bernard Wesphael incrimine l’alcool: 3 bouteilles par jour, cumulées à la prise quotidienne de 7 médicaments. «Parce qu’elle était dépressive et névrotique. c’était une personne dangereuse pour elle et pour la société».

Il parle aussi d’automutilation, ce qui pourrait, aussi, expliquer certaines blessures selon lui.

Un delirium tremens?

Wesphael donne également aux policiers des explications personnelles sur la suffocation qui a mené visiblement Véronique Pirotton à la mort.

«Des études sérieuses montrent que lorsqu’on est en état de delirium tremens avec plus de 3 grammes d’alcool dans le sang, il y a un risque de suffocation», dit-il.

Surtout avec la prise de médicaments, ajoute-t-il. Dont, pour lui, on ne parle que très peu dans le rapport d’autopsie.

«Elle prenait des antidépresseurs, des médicaments contre l’alcoolisme et pour les nerfs. L’autopsie a montré qu’elle en avait pris au moins quatre. Pas en doses mortelles, mais l’effet a été double à cause de la combinaison médicaments-alcool».

Et puis, il y a la fameuse plaquette de Clozan, un somnifère «qu’elle prenait en journée».

« Le matin, il y avait une plaquette de 25 Clozan sur la table de nuit. Elle était complète. Je suis formel. Or il manque 7 médicaments ».

Le policier, dans son interrogatoire, revient plusieurs fois sur le fait que ses explications concernant les blessures ne sont souvent pas compatibles avec les constatations des experts médico-légaux. Wesphael, reconnaît que certaines blessures, il ne peut les expliquer.

Sans doute verra-t-on plus clair lors de l’audition des médecins légistes que les avocats ne manqueront pas d’interroger dans les moindres détails.


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