BELGIQUE

Les universités se réjouissent pour les étudiants mais s’inquiètent pour les numéros Inami

Les universités se réjouissent pour les étudiants mais s’inquiètent pour les numéros Inami

ÉdA – Jacques Duchateau

Tant le recteur de l’UNamur que le doyen de la faculté de médecine de l’UCL se réjouissent que les étudiants puissent poursuivre leur parcours mais soulignent que la situation n’est tout de même pas idéale, les étudiants n’ayant aucune garantie d’obtenir un numéro Inami à la fin de leurs études.

Les étudiants «reçus-collés» de l’université de Namur, qui ont réussi les examens mais ne se sont pas classés en ordre utile lors du concours de sélection, peuvent s’inscrire en 2e bachelier, a décidé mardi le tribunal des référés de Namur. Celui de Nivelles a pris la même décision mardi matin, pour 26 reçus-collés de l’université catholique de Louvain (UCL) qui avaient intenté un recours. Tant le recteur de l’UNamur que le doyen de la faculté de médecine de l’UCL se réjouissent que les étudiants puissent poursuivre leur parcours mais soulignent que la situation n’est tout de même pas idéale, les étudiants n’ayant aucune garantie d’obtenir un numéro Inami à la fin de leurs études.

«Au-delà de la réjouissance, il faut se rendre compte des effets» de la décision judiciaire, réagit Yves Poullet, recteur de l’université de Namur. Si les étudiants peuvent désormais passer à l’année supérieure, ils n’ont en effet aucune garantie d’obtenir un numéro Inami, indispensable pour le remboursement des patients. «Nous aurons 115 étudiants supplémentaires en 2e année, donc nous sommes bien au-delà des quotas», précise-t-il.

Il s’inquiète également des conséquences sur la période de «lissage», un mécanisme en cours de construction qui compensera le surplus des étudiants francophones diplômés ces dernières années.

Du côté de l’UCL, Dominique Vanpee souligne que la situation n’est «pas idéale car la décision (prise par le tribunal des référés, NDLR) est provisoire et peut donc être revue».

Il s’inquiète aussi d’un problème d’équité entre les étudiants qui ont intenté un recours et ceux qui n’en ont pas eu la possibilité. L’UCL compte une septantaine d’étudiants reçus-collés mais la décision du tribunal de Nivelles ne s’applique qu’aux 26 étudiants ayant intenté un recours, signale Me Jean Laurent, leur avocat, au contraire de celle de Namur qui est élargie à l’ensemble des reçus-collés de l’université.

«La situation de Namur était particulière, un arrêt du Conseil d’État (cet été, NDLR) ayant suspendu le concours pour tous les étudiants, ce qui n’est pas le cas pour l’UCL», explique M. Vanpee, qui précise que les facultés de médecine interpelleront le gouvernement afin de rendre le système équitable.

L’Unécof, l’Union des étudiants de la Communauté française, appelle pour sa part à une communication du ministre de l’Enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt dès ce mardi et qu’il «assure à tous les étudiants qu’ils peuvent accéder à la 2e Bac».

Le Comité inter-universitaire des étudiants en médecine (Cium) reste lui aussi prudent. Il invite également M. Marcourt à «statuer sur le sort des autres étudiants ayant réussi leur première année sur le plan académique et n’ayant pas entamé des poursuites juridiques».

Le ministre, qui n’a pas encore réagi, avait indiqué vendredi à l’agence Belga qu’il se plierait aux décisions des tribunaux civils. Le sujet devrait être abordé lors du Conseil des ministres de la FWB de mercredi/demain matin.