Procès Bernard Wesphael - La défense attaque le magistrat instructeur au sujet du mandat d'arrêt délivré

Il y eu peu de rebondissements, mardi, dans le procès de Bernard Wesphael devant la cour d'assises du Hainaut à Mons. Le juge d'instruction et les enquêteurs des polices locales d'Ostende et de Bruges sont venus exposer les travaux d'investigation. En fin d'audience, Me Jean-Philippe Mayence a secoué la juge d'instruction Christine Pottiez, notamment au sujet du mandat d'arrêt qu'elle avait délivré sur base d'un simple rapport verbal du médecin légiste.

Il a fallu attendre la fin de l'audience, mardi à la cour d'assises du Hainaut, pour que la défense se lâche enfin sur l'instruction menée par Christine Pottiez. Me Jean-Philippe Mayence voulait comprendre comment le médecin légiste, désigné par le magistrat instructeur, a pu évoquer qu'un sac en plastique se trouvait autour de la tête de Véronique Pirotton, alors que Bernard Wesphael en a parlé plus tard.

"Au moment de rédiger le mandat d'arrêt, je n'avais pas reçu le rapport écrit du médecin légiste mais uniquement un rapport verbal. Finalement, le sac en plastique avait peu d'importance car j'avais pris connaissance des lésions constatées sur le corps de la victime et des déclarations de M. Wesphael à la police d'Ostende. De là, j'ai conclu que ses déclarations ne correspondaient pas aux constatations du médecin légiste", a répondu la juge d'instruction brugeoise qui avait retenu l'assassinat, soit le meurtre avec préméditation, pour chef d'inculpation. Le magistrat instructeur répond qu'elle a choisi l'inculpation la plus haute, bien qu'elle admet qu'une analyse plus fine aurait pu être réalisée. "L'inculpation reste indicative", dit-elle.

Me Mayence ne comprend pas non plus comment des écouvillons relevés sous les ongles de la victime ont pu disparaître lors de l'enquête. Selon un membre de la police scientifique, il est possible que le médecin légiste ait pu les emmener avec lui. L'audition de ce médecin est attendue jeudi. Les écouvillons relevés sur le cou de la victime ont aussi mystérieusement disparu.

A part ces quelques échanges, l'audience fut relativement calme et Bernard Wesphael a passé une journée plutôt tranquille, même s'il s'est embrouillé quand il s'agissait d'expliquer ses congés, suite à une question de l'avocat général. Le 25 octobre, le député wallon avait annoncé à ses collaborateurs qu'il allait probablement partir une semaine. Finalement, il est resté chez lui car il avait un travail à faire sur son nouveau projet politique. Il avait convenu d'un rendez-vous avec son nouveau propriétaire pour signer un contrat de bail le 3 novembre.

"J'avais trouvé un appartement de l'autre côté de la ville mais il n'était pas équipé. Entretemps, j'ai trouvé un appartement, équipé, à trois cents mètres de chez mon épouse, une aubaine, et nous avons convenu d'un rendez-vous", dit celui qui a finalement rejoint Véronique Pirotton à Ostende le 31 octobre 2013, alors que le couple aurait envisagé, initialement, de partir en France.

Le soir du 31, Bernard Wesphael signalait à la réception de l'hôtel Mondo que son épouse s'était suicidée dans la chambre 602. Quelques heures plus tard, il était placé sous mandat d'arrêt pour assassinat et incarcéré à la prison de Bruges. Incarcéré durant dix mois, il clame son innocence depuis le début de l'enquête. L'instruction, que certains estiment bâclée en partie, pourrait lui être profitable. Mercredi, les enquêteurs seront encore soumis à de nombreuses questions.

L'audience a été suspendue et elle reprendra mercredi à 9h.