BELGIQUE

Terrorisme : faire passer le délai de garde à vue 72 heures

Terrorisme : faire passer le délai de garde à vue 72 heures

ÉdA Philippe Labeye

Le MR vient d’annoncer que la majorité va déposer deux nouvelles propositions de loi visant «une réforme majeure pour améliorer notre niveau de sécurité»

La majorité déposera à la Chambre deux nouvelles propositions visant à faire passer le délai de garde à vue pour toutes les infractions à 48 heures et pour les infractions terroristes à 72 heures, a annoncé mardi le chef de groupe MR à la Chambre, Denis Ducarme.

Le délai actuel de garde à vue est de 24 heures en Belgique. Parmi les 30 mesures annoncées par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme, figure l’allongement de ce délai à 72 heures pour les cas de terrorisme. Une telle réforme implique de revoir la Constitution et donc de réunir une majorité des deux tiers. La coalition fédérale avait déposé une première proposition à la fin de l’année passée mais le texte n’avait pas recueilli un consensus suffisant. La commission «Lutte contre le terrorisme» de la Chambre a mené entre-temps des auditions sur le sujet. Les juges d’instruction et les représentants parquet ont soutenu un délai général de garde à vue de 48 heures. Les seconds, au contraire des premiers, ont également soutenu un passage à 72 heures en cas de terrorisme.

«Une réforme majeure, attendue depuis plusieurs mois, doit encore être réalisée pour améliorer notre niveau de sécurité», a souligné le groupe MR, rappelant au passage que le Belgique était seul pays d’Europe avec la Roumanie à conserver un délai de 24 heures.

«Les conclusions des auditions organisées au sein de la commission temporaire ‘Lutte contre le terrorisme’[…] ont démontré que le délai actuel de 24h était trop court dans le cadre des infractions terroristes et ce, face à la complexité et à la longueur des investigations requises», a-t-il ajouté.

La majorité MR, N-VA, CD&V et Open Vld, «en étroite collaboration avec le gouvernement», déposera donc deux textes qui modifient la Constitution et la loi sur la détention préventive. Il s’agira d’une part de faire passer le délai de privation de liberté de 24 heures à 48 heures et, passé ce délai, la loi autorisera une prolongation de maximum 24 heures, par ordonnance du juge d’instruction, pour les seules infractions terroristes.

M. Ducarme invite les partis de l’opposition à soutenir ces modifications et «à produire ensemble cette réforme nécessaire pour élever davantage notre niveau de sécurité face à la menace terroriste».

Les groupes de l’opposition n’ont pas encore réagi à cette annonce. Ils attendent de voir les textes. Des concertations ont déjà eu lieu avec le premier ministre et son cabinet à ce sujet. Les dernières remontent au mois de juillet, a-t-on appris.

Dans les premiers mois de la législature, le cdH avait formulé des propositions relatives à la lutte contre le terrorisme, notamment l’allongement du délai de privation de liberté à 72 heures en cas de terrorisme.