PROCÈS WESPHAEL

Comment Wesphael a-t-il pu appeler sa messagerie le soir du drame ?

Comment Wesphael a-t-il pu appeler sa messagerie le soir du drame ?

Belga

Comment Bernard Wesphael a-t-il pu appeler sa messagerie alors qu’il se disputait avec Véronique Pirotton avant, dit-il, de s’endormir? La téléphonie est l’une des clés du procès. Les conversations téléphoniques et messages entre Wesphael, Pirotton et son amant Oswald D., sont un drôle de micmac.

31 octobre 2013. Bernard Wesphael ramène Véronique Pirotton passablement éméchée dans la chambre 602. Il est environ 20h40. Selon lui, la dispute éclate tout de suite avec Véronique. Qui tombe 3 fois en voulant l’attaquer. Puis, dit-il, ne voulant plus penser à rien, il se couche.

Mais alors, demande le président de la Cour d’assises, comment expliquer un coup de téléphone de Bernard Wesphael, à 21h38 vers sa boîte vocale?

«Je n’ai en tout cas pas donné de coup de fil à ma boîte vocale, monsieur le président. J’étais dans un état de fatigue nerveuse extrême. Soit, c’est une mauvaise manipulation; soit, c’est le rappel automatique de la boîte vocale qui s’est enclenché.»

Curieux. Mais ce n’est pas la seule incongruité en matière de téléphonie dans ce dossier. Ainsi, le 31 octobre, Bernard Wesphael envoie-t-il un SMS à Oswald, l’amant de Véronique Pirotton alors qu’il dit ne pas le connaître ? 

Là, Bernard Wesphael explique qu’il a effectivement encodé le numéro d’Oswald, quelques semaines plus tôt, lors de la dernière tentative de suicide de Véronique Pirotton. C’est lui qui avait demandé à Véronique son numéro pour lui demander d’arrêter de la harceler, sans doute.

Il y a, aussi ces deux fameux coups de téléphone entre Véronique Pirotton et Oswald, la veille du drame et dans lesquels, elle décrit à Oswald des violences qu’elle aurait subi de la part de Bernard Wesphael mais qu’elle ne peut prouver parce qu’elle n’a pas de bleus. Tout cela, quelques heures à peine avant de passer avec Bernard Wesphael une soirée romantique avant de lui dire le lendemain matin qu’elle voulait un enfant de lui.

«Chacun a droit à son propre secret et sa propre mort»

Et puis, il y a les bizarreries téléphoniques du 31 octobre. Pirotton envoie un message à Oswald pour lui dire «qu’elle a fini le premier chapitre». 

De quoi? De son bouquin retrouvé au pied du lit de la chambre ? «Le fil d’une vie», qui commence par ces mots: «Chacun a droit à son propre secret et à sa propre mort»...

Que dire alors de la confusion qui règne autour des deux coups de téléphone d’Oswald à l’hôtel, le 31 après-midi.

Selon Bernard Wesphael, c’est lui qui décroche au premier appel. Il entend au bout du fil «c’est ton grand méchant loup». Il passe alors le téléphone à Véronique Pirotton qui dit: «c’est pas le moment».

Le problème, c’est que cette version diverge avec celle qui figure dans le dossier répressif. Il y est stipulé que c’est Véronique Pirotton, elle-même, qui décroche et qui dit «allô Victor? Victor?»

Et puis raccroche… Où est la vérité?

Tout le monde est d’accord, en revanche, sur le deuxième coup de téléphone dans la chambre auquel Bernard Wesphael répond en précisant qu’il est le mari de Véronique Pirotton. Oswald raccroche en disant que c’est une erreur.

Bernard Wesphael a par la suite essayé de rappeler Oswald. Il lui laisse alors un message vocal.

Bref, la confusion règne. Avec deux questions aussi: pourquoi Oswald a-t-il téléphoné dans la chambre alors qu’il pouvait très bien l’appeler sur son GSM? Et pourquoi Véronique Pirotton avait-elle, le 30 octobre, demandé spécifiquement à la réception de préciser qu’elle était seule, si quelqu’un téléphonait dans la chambre?

Autant de questions qui, peut-être trouveront des réponses au fil des débats. A commencer par ceux qui analyseront la téléphonie en détail.