DÉCRYPTAGE

Le retour de Marc Goblet ne fait pas que des heureux à la FGTB. Trois raisons

Le retour de Marc Goblet ne fait pas que des heureux à la FGTB. Trois raisons

Marc Goblet est réapparu à l’avant de la scène vendredi dernier, lors de la manifestation des travailleurs de Caterpillar. BELGA

Ce matin, au bureau fédéral de la FGTB, Marc Goblet était là et bien là. Un peu pâle, dit-on. Mais bien présent à la tête des opérations et en homme d’action et de convictions. Mais...

Le secrétaire général du syndicat socialiste aura été à l’arrêt pour de très sérieux problèmes de santé pendant environ un mois. Il n’en a pas fini de découdre avec la maladie. Il attend une lourde opération de greffe. Mais il commençait à tourner en rond chez lui et contre le souhait, semble-t-il, de ses proches a décidé de revenir travailler.

Son retour n’a pas fait pas que des heureux à la FGTB. Pour trois raisons.

 

1. Il est affaibli

 

Ils sont quelques-uns en coulisse à estimer que ce n’est pas raisonnable de revenir au sommet du syndicat dans cet état. «Veut-il mourir sur scène? Veut-il être le Sacha Guitry du syndicalisme?», s’interrogent certains, inquiets.

Marc Goblet aura-t-il la force de faire face à l’heure où des négociations cruciales avec le monde patronal doivent avoir lieu. A-t-il la poigne suffisante au moment où une salve d’actions sont programmées, notamment pour que le projet Peeters de flexibilisation du travail soit abandonné?

 

2. Il donne une image de syndicat «de papa»

 

Marc Goblet donne à la fois une image de courage mais aussi d’homme de pouvoir incapable de laisser la main. Son remplaçant pendant son absence, Jean-François Tamellini, avait pourtant bien des atouts. Et était déjà préféré par une partie de la FGTB. Jeune quadra, très pro dans sa communication, impliqué sur les réseaux sociaux, Tamellini donne une image plus moderne, plus dynamique et moins passéiste que Marc Goblet. Et cela, en partageant avec son aîné le même discours dur et les mêmes combats. Or dans le climat actuel, tant en termes d’image que de rapports de force lors des négociations, la forme, la personnalité, l’incarnation pourrait-on dire, ont leur importance et peuvent même faire la différence. Et puis, «quelle image ça donne quand on le voit à côté de Marie-Hélène Ska, en pleine forme et toute pimpante?»

 

3. Il ne fait pas l’unanimité

 

Au sein de la FGTB, Marc Goblet n’a jamais fait complètement l’unanimité. Le syndicats reste fissuré par des lignes de fond entre secteurs, entre employés et ouvriers, entre régionales. Goblet est Liégeois. Tamellini est Montois. Pour rappel aussi, Marc Goblet avait gagné l’élection interne contre une femme, Estelle Ceulemans, directrice du centre d’études de la FGTB, qui avait la préférence du Setca (syndicat des employés, techniciens et cadres).