NUCLÉAIRE

L’incertitude demeure sur la redevance due pour la prolongation de Tihange 1

L’incertitude demeure sur la redevance due pour la prolongation de Tihange 1

La majorité a mis en cause la convention mal négociée selon elle entre l’État et les deux opérateurs sous la législature précédente. ÉdA – Jacques Duchateau

Toutes les questions qui se posent sur la redevance due par Electrabel et EDF pour la prolongation de la centrale de Tihange 1 n’ont pas trouvé réponse en Commission de l’Économie de la Chambre mardi. L’opposition est restée sur sa faim et redoute que le régulateur du marché -la CREG – soit mis hors jeu.

La presse a révélé la semaine passée que la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem, n’avait pas entamé la procédure de désignation d’un expert indépendant chargé de trancher les incertitudes relatives au calcul de cette redevance fixée à 7,2 millions d’euros pour la période courant du 1er octobre au 31 décembre 2015. Selon la Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz, le montant a été sous-estimé. L’État pourrait avoir perdu jusqu’à 3 millions d’euros. Le régulateur n’a toutefois avancé aucun chiffre précis.

Le délai de désignation de l’expert expirait le 15 septembre. La ministre a annoncé la prochaine désignation d’un expert le 17 septembre. À ce jour celui-ci n’a pas encore été désigné mais l’affaire devrait être réglée dans les prochains jours, a-t-elle assuré mardi au parlement.

L’opposition socialiste, centriste et écologiste a dénoncé les «couacs» de la ministre dans ce dossier. Le rapport de la CREG remonte au 25 juin. La ministre a rencontré ses représentants le 19 juillet pour leur poser des questions. Le 11 août, elle a reçu les réponses, dont il ressort que certains paramètres ne sont plus clairs. Le 13 septembre, elle s’est adressée à Electrabel et EDF. Elle a reçu leurs réponses le 16 en vue de désigner l’expert. En cas de désaccord entre les parties sur le choix, il revient au président de l’Institut des Réviseurs d’Entreprise de trancher. Les conclusions de l’expert sont définitives.

Le délai du 15 septembre est un délai d’ordre, a précisé Marghem.

Le rôle de l’expert inquiète l’opposition. Ses conclusions devront permettre d’éviter que chaque année, le problème se pose à nouveau, a laissé entendre la ministre. De la sorte, la CREG est mise hors jeu jusqu’en 2025, ont répliqué socialistes, écologistes et centristes.