SAUTE D’HUMEUR

Dénoncer, ça devient un vrai métier !

Dénoncer, ça devient un vrai métier !

Un voisin qui fraude, une femme de ménage au noir, un cousin qui se radicalise: si on veut bien faire les choses en Belgique, on passerait sa vie à dénoncer…. -

Je sais pas vous mais je trouve qu’on commence à beaucoup nous demander de dénoncer en Belgique…

L’État abuse un peu je trouve.

C’est un peu comme ces radios et télés qui demandent tout le temps aux auditeurs de réagir, d’envoyer des SMS, des idées, des questions.

De la même manière l’État belge ne cesse de nous demander de dénoncer, signaler, observer, espionner, balancer.

Si, si, faisons le point!

Ce matin, on apprend que désormais les assistants sociaux des CPAS devront dénoncer les assujettis dont on pourrait penser qu’ils se radicalisent.

Il y a quelques jours, c’était les commerçants qui étaient invités à dénoncer les gens qui faisaient des achats suspects (genre des carambars et des bouteilles de méthanol, par exemple, oula, achat terriblement suspect!).

Voilà un an, était lancé un site permettant à chacun de dénoncer (en trois clics et anonymement) les fraudeurs sociaux, travailleurs au noir et autres concubins non déclarés (énorme succès, déjà plus de 6 000 dénonciations, dont un tiers avéré, et deux tiers juste pour emmerder le monde).

Voilà quinze mois encore, se créait un numéro vert où l’on était invité à dénoncer les gens qu’on suspectait de pencher dangereusement vers l’islamisme radical.

Avant ça, on avait inventé qu’un simple mail adressé au SPF Finances suffirait désormais à épingler un voisin, un ami, un parent pour fraude fiscale, ce qui avait boosté le nombre de dénonciations.

Face à ces incessantes sollicitations, moi je dis qu’en Belgique, dénoncer, ça devient carrément un job à mi-temps!

Dès lors, est-ce que ça ne pourrait pas devenir un peu gratifiant? Je veux dire: est ce qu’on ne pourrait pas être rémunéré pour dénoncer, vu qu’indirectement on rapporte à l’État ? Ben oui, quand on signale deux faux isolés ou un sans-papiers qui repeint des plafonds en «black», on fait gagner des sous à l’État.

De même si on dénonce des «radicalisés» et qu’on court-circuite des projets d’attentats, indiscutablement, l’État fait de grosses économies.

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Dénoncer une chouette activité «indépendant complémentaire »

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Donc, voilà, en échange de notre bonne volonté, on aurait en retour quelques euros, ou un pourcentage sur les sommes récupérées (ou économisées).

Je suis sûr que pour certains, ça pourrait devenir une activité d’indépendant complémentaire, une façon remarquablement civique d’arrondir les fins de mois.

On pourrait d’ailleurs créer un statut de «délateur agréé», officiellement reconnu par le ministère, avec une plaque sur la façade, dorée et lustrée, un peu comme les huissiers.

On pourrait être récompensé de temps à autre, mis à l’honneur: «Monsieur Machin, délateur du mois! ». Et on recevrait un week-end offert à la Vlaamse Kust ou deux places pour assister aux matches des Diables rouges dans la tribune officielle.

Le métier de dénoncer pourrait donc être rendu plus attractif! Mais ça devrait rester encadré évidemment.

Oui, parce que ce serait trop bête que des gens se mettent à dénoncer «au noir» (ou en stoemeling). Ou qu’à force de traquer les radicalisés, des délateurs ne finissent eux-mêmes en Syrie.

Tous ensemble, solidairement, sortons la délation du bénévolat!