Pour contrer les bouchons, les entreprises engagent des «Mobility Managers»

Pour contrer les bouchons, les entreprises engagent des «Mobility Managers»

- Reporters / QUINET

La question de la mobilité préoccupe toujours davantage les entreprises belges, à tel point qu’elles sont de plus en plus nombreuses à y affecter une personne ressource.

À ce jour, Bruxelles Mobilité a déjà formé 79 «Mobility Managers». En Wallonie, l’Union wallonne des entreprises (UWE) a créé un réseau pour inciter les personnes en charge de la mobilité au sein de leur entreprise à échanger leurs bonnes pratiques. Il réunit près de 50 membres.

«Ce réseau a été mis en place il y a un peu plus d’un an. On y pense depuis longtemps mais on n’aurait pas pu le faire avant: il fallait que le métier de Mobility Manager soit sur les rails», relate Benoît Minet, responsable de la cellule Mobilité de l’UWE.

Les Mobility Managers, ou coordinateurs Mobilité, sont chargés d’élaborer une stratégie d’entreprise en matière de mobilité, de la mettre en œuvre et d’en assurer le suivi. De plus en plus souvent, ils sont désignés en interne, plus particulièrement au sein des départements environnement, ressources humaines ou encore logistique. Dans de grandes entreprises comme GSK ou Belfius, une personne s’occupe même à temps plein de la mobilité du personnel.

Obligations légales

A Bruxelles, en raison de la congestion automobile structurelle, la mobilité est de loin le problème numéro un des entreprises, d’après les derniers baromètres de Beci, l’union des entreprises bruxelloises. Plus de 60% d’entre elles ont pris les devants pour contrer les bouchons, par exemple en remboursant les trajets en transport en commun ou en permettant le télé-travail, souligne Vincent Campeol, conseiller Mobilité de Beci.

Le développement de Mobility Managers est encouragé aussi par les obligations légales, ajoute-t-il. Le fédéral impose en effet à toutes les entreprises de plus de 100 travailleurs de dresser un diagnostic des déplacements domicile-travail de leur personnel. A Bruxelles, ces entreprises doivent en outre élaborer un plan de déplacements comprenant un plan d’actions.

En plus des effets sur l’environnement et le bien-être des travailleurs, encourager une mobilité durable est un moyen pour les entreprises de soigner leur image.

«Pour les PME, c’est plus compliqué de dédier du temps et des moyens à la question de la mobilité», admet M. Minet. «Mais on conseille à toutes les entreprises d’anticiper, car ce n’est pas du temps perdu.» De petites actions, une bonne communication et l’implication de la direction suffisent souvent à faire évoluer les pratiques, observe-t-il.

Depuis 2014, Bruxelles Mobilité et Bruxelles Environnement organisent une formation en Mobility Management. En collaboration avec l’administration wallonne, l’UWE propose elle aussi une formation ciblée depuis avril 2016.

Peu à peu, les bonnes pratiques essaiment, comme l’élaboration d’une plateforme de covoiturage, le recours à des véhicules partagés, l’octroi d’une indemnité kilométrique pour les piétons et cyclistes ou l’installation de douches.

La Semaine européenne de la Mobilité tente de les mettre en avant. Jusqu’à vendredi, des actions ont lieu dans tout le pays tant à l’adresse du grand public que des professionnels. Plus de 45 entreprises wallonnes et des dizaines d’autres bruxelloises y participent.