EUROPE

Cecilia Malmström sur le TTIP : « Il n’y a pas que l’Allemagne et la France »

Cecilia Malmström sur le TTIP : «  Il n’y a pas que l’Allemagne et la France »

Cecilia Malmström estime que ces traités sont une réponse à la crise économique. BELGAIMAGE

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, l’affirme. Il y aura bien un CETA et un TTIP. Ces deux traités de libre-échange entre l’UE et le Canada d’une part et les USA d’autre part, font l’objet d’une grosse manifestation ce mardi à Bruxelles.

Entre 10 000 et 15 000 personnes sont attendues ce mardi, dès 16 h 30, rue de la Loi à Bruxelles pour une vaste manifestation contre les traités de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada d’une part (CETA) et les États-Unis d’autre part (TTIP). Les gouvernements européens pourraient en effet décider la signature du premier traité transatlantique, le CETA, dès ce jeudi 22 septembre.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, était invitée sur La Première ce matin. Malgré les critiques toujours plus nombreuses dans l’opinion publique et la perte de certains soutiens politiques, la commissaire croit toujours en ces deux traités.

«Le traité avec le Canada est tout à faire réalisable, avance-t-elle. J’espère d’ailleurs qu’on va bientôt pouvoir le voter. Le traité avec les USA n’est pas négocié depuis aussi longtemps que le CETA et il reste beaucoup à faire. Mais il y aura un traité, si pas avant Obama, il faudra marquer une pause naturelle avant la mise en place de la prochaine administration.»

«La majorité des pays soutient le TTIP»

Et pourtant, le TTIP semble avoir perdu ces derniers temps des soutiens politiques, comme en France ou en Allemagne, où des voix au sein des gouvernements s’expriment contre ce traité. «Je viens de recevoir une lettre de 12 états qui m’ont assuré de leur soutien. Et dans ces pays, le soutien populaire est très fort aussi. La majorité des pays soutient ce traité. Nous sommes 28 dans cette Union, il n’y a pas seulement l’Allemagne et la France», a-t-elle insisté. Une réunion des 28 est d’ailleurs prévue ce vendredi à Bratislava.

Quant aux critiques de plus en plus présentes dans l’opinion publique, Cecilia Malmström estime les entendre, multiplier les discussions et les réunions dans chaque pays. Elle se rendra d'ailleurs à la Chambre des représentants belge aujourd'hui. 

«Le sort du CETA aux mains des Wallons? Peut-être»

Cecilia Malmström a également rappelé que pour ratifier le premier traité, le CETA, il faut un accord unanime des États membres, faisant écho au «non» du Parlement wallon. Le sort du CETA est-il dès lors aux mains de la Wallonie? «Peut-être», a répondu la commissaire européenne, affirmant toutefois que le CETA est «dans l’intérêt européen et de la Belgique».

«On vient de perdre beaucoup d’emplois en Wallonie, avec Caterpillar. Un traité qui facilite le commerce donne des possibilités aux entreprises et ce sont les entreprises qui donnent du travail aux gens.»

De nombreuses PME en Belgique disent craindre une nouvelle concurrence avec ces traités. «Au contraire, c’est une chance pour ces petites et moyennes entreprises d’agrandir leur marché et d’exporter vers le Canada et les USA, répond Cecilia Malmström. Et la Belgique est un pays qui dépend des exportations et des importations. C’est une réponse à la crise économique et c’est surtout une facilité pour ces PME: on va supprimer les droits de douane, faciliter la coopération technique, sans baisser les standards et les normes.»

Pas de poulet au chlore, ni de bœuf aux hormones

La commissaire européenne au Commerce a enfin insisté sur le fait que les traités ne changeront pas ce qui est interdit en Europe. «C’est très clair. Le poulet au chlore est interdit en Europe et rien dans cet accord ne menacera cette loi. Il en est de même pour le bœuf aux hormones. La commission ne signera pas de traité (TTIP, NDLR) si les USA nous imposent le bœuf aux hormones. On a forcé le Canada à mettre de côté ce bœuf aux hormones et le pays a accepté de mettre en place deux lignes de production.»