LIÈGE

Des affiches racistes à Grivegnée: la réponse intelligente de riverains

Des affiches racistes à Grivegnée: la réponse intelligente de riverains

Les affiches à caractère racistes ont été arrachées, puis recouvertes par de nouvelles affiches. D.R.

Des affiches à caractère raciste ont été collées sur une colonne Morris à Grivegnée. Des riverains ont choisi de réagir en les recouvrant de leurs propres affiches, utilisant les codes de la propagande d’extrême droite.

«Stop immigration. On est chez nous». Ces quelques mots écrits sur des affiches, en jaune et blanc sur fond noir, ont heurté des habitants de Grivegnée, voici quelques jours. Ces placards ont été collés une colonne Morris de la place Louis De Brouckère, manifestement par un groupe se faisant appeler «Génération Identitaire Wallonie» et qui s’inscrit dans l’organisation française d’extrême droite «Génération Identitaire».

C’est elle notamment qui avait cherché à manifester à Molenbeek au lendemain des attentats de Bruxelles. Le rassemblement avait in fine été interdit par la bourgmestre Françoise Schepmans (MR).

«C’étaient des affiches de grand format, imprimées sur un papier de qualité. Il ne s’agit pas d’une personne qui gribouille ça dans sa chambre», glisse Quentin le Bussy, conseiller communal écolo à Liège, ayant grandi dans le quartier de Grivegnée.

Deux de ses connaissances, Pascal et Virginie, vivent à Grivegnée et ont été heurtées par la présence de telles affiches. «J’habite dans le bas de Grivegnée. Pour une fois, je suis passé dans le haut du quartier et je suis tombé sur ces affiches. Ça m’a choqué. On n’a pas du tout l’habitude de voir ça chez nous», témoigne Pascal Vanhoren.

«La réponse du berger à la bergère»

Mardi, les trois se sont donc mobilisés pour créer de nouvelles affiches. Pascal étant graphiste, il a lui-même repris la charte graphique utilisée sur les affiches initiales, pour en détourner les codes.

Le message est donc devenu «Stop racistes. On veut pas de vous!», signé «Génération On va pas s’taire».

«Entre mardi et mercredi, les affiches initiales avaient été arrachées, tant mieux d’ailleurs. Nous avons décidé de les surcoller avec les nôtres, que j’avais imprimées chez moi», précise Quentin le Bussy.

Le bourgmestre interpellé

En tant que conseiller communal, ce dernier a également adressé un courrier au bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) pour l’informer de ces faits. «La Ville de Liège a connu des périodes noires en termes d’expression d’idées racistes, xénophobes, anti-démocratique et je pense qu’aucun démocrate ne souhaite leur permettre de refaire surface, d’autant que les messages et actions sont le plus souvent pénalement punissables», fait savoir Quentin le Bussy.

Le conseiller communal demande en outre une vigilance accrue de la part de la police de Liège.

«Le fait d’utiliser leur propre graphisme, c’est la réponse du berger à la bergère. C’est une manière d’en rire, de leur montrer qu’ils sont ridicules et complètement à côté de la plaque», commente Pascal Vanhoren. De fait, on aurait presque pu s’amuser de ce petit épisode du quartier, s’il n’avait pas été déclenché par des affiches de cet acabit.