LA LOUVIERE

A La Louvière, les bibliothèques attirent toujours plus de monde

A La Louvière, les bibliothèques attirent toujours plus de monde

Les bibliothèques louviéroises sont en bonne santé Ugo PETROPOULOS

La bibliothèque, un endroit silencieux ou s'accumule la poussière sur des rayons chargés de vieux livres? Oubliez cette image tellement 20e siècle. Aujourd'hui, c'est un lieu de vie où se croisent différents publics au gré des animations, des ateliers...A La Louvière, on a multiplié les missions dévolues aux bibliothèques, avec succès.

Les bibliothèques louviéroises se portent bien, merci pour elles. C'est en tout cas ce qui ressort des chiffres de fréquentation des six implantations de la commune. 355 000 prêts sont réalisés par le réseau louviérois de lecture publique, pour environ 11 000 lecteurs à l'année. « On est bien au-delà de la moyenne de la Fédération Wallonie Bruxelles » se réjouit le bourgmestre de La Louvière Jacques Gobert. Effectivement, le réseau de lecture publique louviérois affiche une moyenne de 13 % d'usagers actifs (de membres ayant effectué au moins un prêt sur l'année) alors que la moyenne de la FWB est de 9 %.

Une contre-tendance à mettre « au crédit de la ville » estime l'échevin à la culture Michel Di Mattia. Depuis 2012, La Louvière s'est associée à la Province de Hainaut, dont la bibliothèque centrale est installée à La Louvière, pour faire évoluer ses bibliothèques et les faire passer de simples lieux de prêts et de conservation à des espaces d'animations, de créations et de débats. En quelques années, le métier de bibliothécaire a bien changé et son image s'est dépoussiérée : « ce n'est plus la vieille dame en jupe grise et chignon qui fait chut. Aujourd'hui la bibliothèque, c'est un lieu de vie et un espace d'accueil où on peut papoter », résume Laurence Molle, bibliothécaire en chef de la Province de Hainaut.

Les animations dans et en dehors des bibliothèques ont proliféré, passant de 600 à près de 870 en quatre ans. Plus de 16 000 personnes y ont participé en 2016, pour 11 000 en 2012. Le bibliothécaire d'aujourd'hui a vu ses missions se multiplier, rendant le métier plus complexe puisqu'il faut toujours assumer les anciennes tâches (classement, conservation, accueil…) tout en rajoutant une série de nouvelles attributions. « C'est une difficulté de tout gérer, reconnaît Guénaël Vandevijver, mais il y a une satisfaction et un plaisir à relever ces nouveaux challenges ».

Aller vers les publics éloignés

Car de plus en plus, le bibliothécaire est amené à sortir ou à répondre aux sollicitations d'associations, d'institutions...Exemple, quand le Forem vient avec des ex-salariés de Duferco-NMLK en reconversion. « Ils se sont rendus compte qu'ils étaient attirés par l'écrit, on a donc mis sur pied des ateliers d'écriture ». Un projet qui a évolué au fil du temps jusqu'à se muer en pièce de théâtre et un recueil publié par la bibliothèque et disponible à tous. la bibliothèque n'est plus uniquement diffuseur d'oeuvres littéraires, mais aussi support à la création et d'exhutoire pour ces ouvriers laissés sur le carreau.

La création peut commencer dès le plus jeune âge, quand des enfants d'une école communale rencontrent des auteurs et que cette rencontre donne naissance à un livre et une bande dessinée. Favoriser le contact entre l'enfant et le livre, c'est une autre mission du réseau de lecture publique. « C'est essentiel entre 3 et 6 ans » souligne Laurence Molle. Une « classe lecture », une semaine avec une classe autour de la littérature, a déjà été organisée et les résultats étaient plus qu'encourageants : « Au terme de la semaine, on a observé un goût de l'écriture spontané, une ortographe améliorée, les enfants ont développé leur esprit critique ».

Enfin, en cette journée internationale de l'alphabétisation, on peut souligner les collaborations entre le réseau de lecture publique louviérois et les associations d'apprentissage de la lecture et de l'écriture, comme "Lire et écrire". Des projets sont menés pour faire se rencontrer des écrivains et des apprenants, désacralisant ainsi le métier d'écrivains et levant ainsi certains blocages. En multipliant ses missions, le réseau de lecture publique louviérois se pose plus que jamais comme un acteur culturel incontournable de la région du Centre, mais aussi comme outil d'insertion sociale.

Un nouveau plan quinquennal

Le réseau de lecture publique louviérois va poursuivre sur cette voie. Son nouveau plan quinquennal de développement de la lecture s'axera sur 4 fils rouges que sont la rencontre des publics éloignés, la collaboration avec l'enseignement, positionner la bibliothèque comme "troisième lieu de vie", après la maison, le travail ou l'école et favoriser l'expression citoyenne (encourager les projets d'expositions, les publications, pièces de théâtre...initiés par les usagers). Il y a donc du pain sur la planche pour les 36 bibliothécaires louviérois.