ENSEIGNEMENT

Schyns veut «un tampon de sécurité de 10%» de places scolaires pour chaque commune

Schyns veut «un tampon de sécurité de 10%» de places scolaires pour chaque commune

Sur base de ces projections, la situation est en effet qualifiée de «critique» pour l’enseignement secondaire en Région bruxelloise ainsi que pour l’enseignement fondamental (maternel et primaire) en région liégeoise. BELGA

Boom démographique: à la demande de la ministre de l’Education, l’administration vient de boucler une analyse, commune par commune, de l’écart attendu entre l’offre et la demande en places scolaires à l’horizon 2022.

Face aux défis posés par le boom démographique, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a affiché la volonté de prendre une série de nouvelles mesures afin d’assurer un plus grande offre de places scolaires, notamment dans la capitale.

A la demande de la ministre de l’Education, l’administration vient ainsi de boucler une analyse, commune par commune, de l’écart attendu entre l’offre et la demande en places scolaires à l’horizon 2022 à politique inchangée.

+ LIRE AUSSI | Berchem, 24.000 habitants et pas d’école secondaire: mais plus pour longtemps

«Nous nous rendons compte (sur base de cette analyse) que nous devons anticiper la demande en places dans certaines zones», a commenté la ministre Marie-Martine Schyns.

Sur base de ces projections, la situation est en effet qualifiée de «critique» pour l’enseignement secondaire en Région bruxelloise ainsi que pour l’enseignement fondamental (maternel et primaire) en région liégeoise (à Grâce-Hollogne, Herstal, Liège, Saint-Nicolas et Seraing plus précisément).

Tampon

Par sécurité, la ministre de l’Education aimerait parvenir dans chaque commune à un tampon de sécurité de 10% entre l’offre de places et la demande, ce qui, selon les calculs actuels, représenterait un besoin évalué à quelque 20.000 places à l’horizon 2022 pour l’ensemble de la Fédération, dont plus de 8.800 pour le seul secondaire en Région bruxelloise.

Si certaines nouvelles écoles devront vraisemblablement être construites, il ne s’agit toutefois pas de bâtir des classes pour 20.000 élèves d’ici six ans à peine.

De très nombreuses places scolaires sont en effet laissées vacantes aujourd’hui dans plusieurs établissements (parce qu’ils orientent davantage vers l’enseignement technique ou professionnel, parce qu’ils sont jugés peu performants, parce qu’ils sont mal situés, etc.).

Pour améliorer l’attractivité de ces écoles boudées par les parents, la ministre renforcera l’accompagnement des écoles en difficultés (ce qui est d’ailleurs déjà prévu dans le Pacte pour un enseignement d’excellence), réorienter certains établissements aujourd’hui technique ou professionnel vers l’enseignement général, assurer une meilleure accessibilité en transports en commun vers certaines écoles, voire aussi encourager une utilisation plus rationnelle des espaces disponibles dans certaines écoles.

«On veut vraiment agir à tous les niveaux», insiste la ministre Schyns.

23.000 places

Déjà abordé mercredi en gouvernement, le sujet devrait revenir prochainement sur la table, notamment vu l’impact budgétaire -encore non chiffré – des mesures à prendre.

Interrogé mercredi, le ministre-président Rudy Demotte a confirmé que le budget 2017 de la Fédération -en cours d’élaboration – prendrait en compte la problématique des places scolaires en Fédération.

Il s’est toutefois montré prudent par rapport aux chiffres de l’étude qui doivent encore être «affinés», a-t-il souligné.

La problématique des places scolaires est un sujet récurrent en Fédération Wallonie-Bruxelles, confrontée à un boom démographique.

Pour y faire face, le gouvernement avait annoncé en 2010 la création de 23.000 places à l’horizon 2017 pour un montant total de 1,2 milliards d’euros.

Mais à l’automne 2013, vu le déficit annoncé pour la rentrée 2014, le gouvernement avait été contraint d’adopter un «plan d’urgence» de 55 millions d’euros pour faire la jonction avec le précédent, notamment par l’installation de conteneurs fixes ou mobiles dans les cours d’école et la rénovation ou la reconversion de locaux existants.