MONS

Homeless Cup à Mons : « c'est comme l'Ecole des fans, tout le monde gagne à la fin »

14 équipes participaient au 2e tournoi de foot de rue à destination des sans-abri organisé à Mons. Un événement qui permet à ces personnes précarisées de sortir d'un quotidien difficile et d'entretenir des relations sociales. Tout le monde en redemande.

« Posez le jeu ! » « Calmez-vous, ça va venir ». Sur le bord du terrain, les entraîneurs donnent leurs consignes. Sur le terrain, deux équipes de sept s'affrontent presque sans temps mort. Le ballon passe d'un but à l'autre poussé par des joueurs qui font preuve d'une réelle envie de bien faire, avec Fair-Play et respect vis-à-vis de l'adversaire. Les auteurs de ce beau spectacle? Des sans-abri et des personnes mal logées.

Car la plupart des 14 équipes qui se sont affrontées à tour de rôle sur les deux terrains de terrains de mini foot montés sur la place Nervienne à Mons sont les pendants "homeless" de clubs belges : le Standard de Liège, le Sporting de Charleroi, le FC Tournai, l'Excel Mouscron, ou encore le RAQM à Mons. Une collaboration entre les associations actives auprès des sans-abri et ces clubs permet à ces personnes en difficulté de trouver un échappatoire dans le football.

Une bouffée d'air

C'est le cas d'André, originaire d'Herseaux et qui a participé ce mercredi pour la première fois au tournoi de la Belgian Homeless Cup. C'est aussi celui de Yannick de Renaix, bien content de voir des gens, de courir et d'avoir une activité physique hebdomadaire: un entraînement obligatoire pour intégrer l'équipe. Une équipe qui permet à ces membres d'être pendant une journée des joueurs de foot avant tout et de laisser au vestiaire leur condition de sans-abri, les tracas et la vie dure. Ils sont venus se vider la tête, voir leurs amis et surtout mouiller le maillot. Dégoulinant de sueur après chaque match, ils n'ont pas lésiné sur les efforts, à l'image de Jo Kiangana, devenu un pilier de l'équipe de Tournai.

Depuis 14 mois, il participe à un entraînement hebdomadaire et aux tournois. Le foot a toujours accompagné Jo:  "j'en joue depuis que je suis enfant". Malheureusement une maladie l'en a éloigné et l'a plongé dans la précarité. Une fois sorti de l'hôpital, il a eu l'opportunité de renouer avec sa passion du football grâce à sa maison d'accueil. Et des journées comme ce mercredi lui font du bien, même si c'était éprouvant physiquement, en plein soleil. En plus, "c'était la reprise, on n'a rien fait pendant deux mois sourit-il. "On a aussi joué contre la police, c'était amusant mais difficile. Ils ont bien plus d'entrainement physique". Des entrainements, Jo en reprendrait bien plus qu'un à la semaine, "pour développer les automatismes". Son investissement, il le prend très au sérieux: "plus je fais des efforts et plus je travaille, mieux je me sens".

Au terme de la journée, les Tournaisiens n'auront gagné qu'un seul match, mais pas de quoi ternir le bilan de sa journée: "on n'est pas dans une compétition". Eric Ghyot, coordinateur au relais social Mons-Borinage qui organisait l'événement, confirme. "Tout le monde reçoit un trophée, un ballon. Ici c'est comme l'Ecole des fans, tout le monde gagne à la fin!". Pour la centaine de participants à cet événement, cette journée n'a effectivement pas de prix...