POLITIQUE

Après avoir tancé la Wallonie, la Flandre approuve un contrat d’armement avec l’Arabie

Après avoir tancé la Wallonie, la Flandre approuve un contrat d’armement avec l’Arabie

En janvier dernier, Geert Bourgeois avait jugé sévèrement son homologue wallon Paul Magnette, estimant «très invraisemblable» qu’il autorise à son tour des exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite. BELGA

Geert Bourgeois a donné le feu vert à un contrat d’exportation de composants d’armement vers l’Arabie saoudite, en particulier des viseurs. En janvier dernier, le ministre-président flamand avait pourtant jugé sévèrement son homologue wallon Paul Magnette…

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a donné le feu vert à un contrat d’exportation de composants d’armement vers l’Arabie saoudite, en particulier des viseurs. Le sujet est sensible alors que l’Arabie saoudite est un acteur essentiel des conflits qui se jouent au Moyen-Orient, berceau du terrorisme islamiste. L’Arabie saoudite est elle-même partie prenante à un conflit avec le Yémen. Geert Bourgeois avait tancé en janvier dernier la Wallonie lorsqu’elle avait indiqué s’en tenir aux engagements européens relatifs aux exportation d’armes, l’Arabie saoudite étant son principal partenaire commercial en la matière. Selon la VRT, Geert Bourgeois défend le choix de la Flandre en indiquant que le matériel vendu sera destiné à des applications civiles et qu’il n’existe pas d’embargo européen sur les armes avec l’Arabie saoudite.

L’autorisation du ministre-président flamand figure dans le rapport du service de contrôle du matériel stratégique daté de juillet et août. Le rapport porte sur des «armes à feu, composants, accessoires et munitions», le tout pour un montant de 179.300 euros. La destination n’est pas connue, pas plus que le producteur.

En janvier dernier, Geert Bourgeois avait jugé sévèrement son homologue wallon Paul Magnette, estimant «très invraisemblable» qu’il autorise à son tour des exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite. Il avait indiqué ne pas être partisan d’une interdiction générale mais avait assuré qu’il examinerait la situation au cas par cas, en se montrant «très critique». Et «c’est ce que nous faisons», avait renchéri le chef du gouvernement flamand, répétant son souci d’examiner de façon critique l’impact de toutes les décisions sur les droits humains et les conflits.

Aujourd’hui, le ministre-président N-VA se défend en soulignant que la livraison en question n’est pas soumise à une obligation d’autorisation, à l’instar de ce qui prévaut pour la vente d’écrans de contrôle. Le cabinet précise également que la Flandre a renforcé ses contrôles. Ainsi, les viseurs qui feront l’objet de la livraison ne peuvent être agrandis que six fois, alors qu’une application militaire nécessite au moins neuf agrandissements.

Sur les bancs de l’opposition, le sp.a, qui a mis au jour l’autorisation du ministre-président, dit ne pas être convaincu par les explications de Geert Bourgeois. «Si on veut combattre le terrorisme international avec force, il faut cesser d’exporter du matériel militaire vers des pays qui soutiennent le terrorisme et l’extrémisme et le diffusent», a réagi la députée Tine Soens sur la VRT.