MONS

Obourg veut redevenir la capitale de la chanson française

Obourg veut redevenir la capitale de la chanson française

Le Festival d'Obourg 2.0 veut se pérenniser Collectif Obourgeois

Ce dimanche 11 septembre a lieu le festival d'Obourg 2.016. En 2015, quelques habitants de cette petite commune de l'entité de Mons avaient profité de Mons capitale européenne de la culture pour faire revivre le festival de la chanson française qui a fait sa renommée de 1962 à 1977. Aujourd'hui, les organisateurs veulent inscrire l'événement dans la durée.

Obourg, ce n'est pas qu'une cimenterie. C'est aussi un riche passé culturel, qui a fait rayonner la petite commune dans toute la Belgique. De 1962 à 1977 se tenait le festival de la chanson française,qui a constitué une étape pour tous les grands noms de la scène francophone à l'époque : Claude Nougaro, Georges Moustaki, Félix Leclerc, Léo Ferré...Le festival a aussi été un tremplin pour des futures vedettes comme Julien Clerc, Pierre Rapsat, Michel Sardou...Sur la fin, le festival attirait 10 000 personnes, ce qui ne l'a pas sauvé de la faillite.

Presque 40 ans après la dernière édition, quatre habitants de ce petit village de l'entité de Mons ont voulu ressusciter le festival. Parmi eux, Stéphane Bernard, par ailleurs conseiller communal : « j'habite Obourg et c'est un village où il ne se passait plus grand-chose. C'était un vieux rêve pour moi de recréer cet événement ». Trois autres personnes le suivent dans cette volonté et quand arrive Mons 2015 et ses projets de territoire incarnés par le « Grand Huit », nos compères saisissent la balle au bond. « On a déposé notre projet, qu'on a défendu corps et âme pour qu'il soit repris ». Une association, SymphObourg, est créée pour concrétiser l'idée et finalement, banco : le projet est labellisé Mons 2015 et obtient 33000 euros de subsides de la Fondation. Le festival d'Obourg 2.0 se déroule sur un weekend en août 2015 et attire 2200 personnes, avec William Dunker en tête d'affiche. « Mons 2015, c'était la rampe de lancement rêvée ».

Pérenniser l'événement

Car Stéphane et ses camarades n'entendent pas en rester là. Dès le départ, l'objectif est d'inscrire le festival dans la durée. Et c'est un nouveau combat à mener pour le financer. Mons 2015 était un one shot, cette année il a fallu prendre son bâton de pèlerin pour trouver des mécène: « On a été voir des entreprises, on a aussi obtenu des subsides de la ville de Mons et de la province du Hainaut »...Mais le budget a tout de même été réduit de moitié par rapport à l'an dernier: on est donc passé à un jour de festival, le plateau artistes a été réduit, l'infrastructure également pour permettre de maintenir la gratuité de l'événement. « Et on propose quand même une affiche alléchante avec Antoine Hénaut ».

Si les organisateurs estiment avoir acquis une renommée régionale suite à la première édition, ils espèrent se maintenir et développer petit à petit leur festival 2.0, en redevenant une date incontournable d'un calendrier de festivals ultrachargé. En défendant le créneau délaissé de la chanson française actuelle, Stéphane Bernard espère bien y arriver, tout en ne cédant pas à la nostalgie facile "âge tendre et tête de bois", où il programmerait de vieilles vedettes fânées qui n'ont plus d'actualité musicale. Par contre, les organisateurs ne cracheraient pas sur l'enfant du pays: « on espère avoir Adamo une année ». Car c'est à Obourg en 1962 que le plus emblématique chanteur italo-belge a commencé sa carrière. Une façon de boucler la boucle.

Festival d'Obourg 2.016, au parc communal d'Obourg ce dimanche 11 septembre. Avec Antoine Hénaut, Céléna-Sophia, Mademoiselle Joséphine, Monsieur Olivier...Entrée Gratuite.