Des voitures autonomes testées en France: quid en Belgique?

Des voitures autonomes testées en France: quid en Belgique?

ÉdA

Suite à la décision du conseil des ministres français mercredi, les véhicules autonomes pourront circuler en expérimentation sur les routes. Qu’en est-il chez nous? La réaction de l’IBSR.

Enfin. La décision a été prise par le gouvernement. Il s’agit d’expérimenter ces nouveaux véhicules autonomes sur les routes françaises afin de pouvoir construire «un cadre réglementaire solide au travers d’un décret en Conseil d’État» selon le compte rendu du conseil des ministres.

Si la France franchit le pas, c’est que la question des voitures autonomes est de plus en plus présente dans les débats publics en Europe et le reste du monde. Le récent incident survenu en mai 2016 impliquant une voiture de la marque Tesla en pilotage automatique avait jeté un froid sur cette technologie. Même si les conducteurs n’ont pas forcément confiance en sa fiabilité, la voiture autonome continue de se développer et de fasciner.

L’autonomie décryptée

Un véhicule autonome, c’est quoi? C’est d’abord un idéal. Celui de pouvoir un jour atteindre le risque zéro d’accidents de la route et, dans une moindre mesure, dire adieu aux embouteillages. Pour ce faire, la voiture doit pouvoir adopter une capacité de réaction supérieure à celle d’un humain. Plus aucun tué sur les routes, le rêve de la sécurité routière en somme.

L’entreprise Google a été la première à introduire un prototype en circulation en juin 2015. Grâce à des radars et des caméras, le véhicule est capable de cartographier son environnement et de reconnaître les panneaux, marquages, les feux rouges et les piétons. Depuis, plusieurs constructeurs automobiles se sont lancés dans la course à l’autonomie comme Tesla, Fiat Chrysler ou Changan, une entreprise chinoise.

Mais au fait, peut-on réellement parler d’autonomie au sens absolu? Benoît Godart, porte-parole de l’Institut Belge de la Sécurité Routière, nous a expliqué qu’il existe en fait quatre niveaux relatifs à l’autonomie d’une voiture. Selon lui, nous en sommes actuellement au deuxième niveau.

Comme on peut le voir sur la pyramide ci-dessus, nous n’avons pas encore atteint le nirvana de la voiture qui roule, coordonne, prévoit et s’adapte sans aucune intervention humaine. On s’en approche. Mais n’oublions pas que Google, en janvier 2015 avait indiqué que 272 incidents ont nécessité l’intervention humaine à bord d’un véhicule autonome.

«Le véhicule autonome, c’est l’avenir de la sécurité routière!»

Une étude menée par Goodyear fin 2015 a examiné l’intérêt des jeunes (18 à 30 ans) pour la voiture autonome dans 12 pays différents, dont la Belgique. Il en ressort que de nombreux jeunes belges ne font pas confiance à cette technologie, principalement à cause de la fragilité de ces nouveaux systèmes.

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Le monde politique belge n’est plus à convaincre!

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Pour Benoit Godart, le sujet est au cœur des discussions au sein de l ‘IBSR et le développement de l’autonomie est inévitable: «Nous avons mis au point un code de bonnes pratiques pour les conducteurs, il n’est pas encore terminé mais presque», explique-t-il.

Néanmoins il ne faut pas pousser trop vite l’accélérateur, il reste beaucoup de kilomètres à parcourir et de nombreux obstacles à franchir: «Si nos routes doivent accueillir des voitures autonomes, le réseau et les infrastructures doivent être irréprochables», précise Benoit Godart.

Les jeunes belges ne sont peut-être pas encore prêts pour les véhicules autonomes, il y a des réticences, mais l’adhésion sociale viendra. Après tout, qui n’a jamais rêvé d’atteindre un idéal?