MUSIQUE

7 clips pour 7 groupes que vous n’auriez peut-être pas été écouter au BSF

7 clips pour 7 groupes que vous n’auriez peut-être pas été écouter au BSF

La recette du BSF, c’est un cadre urbain, une affiche grand public et quelques noms ronflants, ainsi qu’une jolie invitation à la scène belge et bruxelloise à s’inviter à la fête. Reporters / QUINET

Pete Doherty, An Pierlé, Nada Surf, Louane ou Lost Frequencies sont au BSF. Mais ces stars n’ont pas besoin de pub. Par contre, d’autres projets musicaux pourraient séduire entre la place des Palais, le Mont des Arts et La Madeleine. Sélection forcément subjective et amuse-gueule vidéo.

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Tindersticks

À notre humble avis, avec «The Waiting Room», les Tindersticks ont sorti l’un des albums qui comptent de 2016. Bien sûr, le timbre si particulier de Stuart Staples, toujours à la limite de la plainte, invite plutôt à l’irish-coffee qu’à la pils en gobelet. Mais si vous n’avez jamais eu l’occasion d’entendre l’élégance baroque du groupe de Nottingham en live, il suffit de jeter une oreille aux cordes chaudes, aux percussions feutrées et aux envolées orchestrales de l’enregistrement capté à la Philharmonie de Paris en 2015 pour vous convaincre de les rejoindre place des Palais. Charme un peu dandy, lyrisme soyeux, maîtrise racée: les Tindersticks sont un groupe adulte, dans la force de l’âge, n’ayant plus rien à prouver. Ils devraient plaire chez nous aux habitués des concerts d’Ozark Henry.

+ Tindersticks, le 11 août, place des Palais, 20h15 (après le DJ Billy Jones, Hyphen Hyphen et avant Balthazar)

Flavien Berger

Moustache, coupe de footballeur en fin de match, yeux de biche et babyface: Flavien Berger est la nouvelle marotte des médias indés français, ceux qui prétendent défricher la couleur du temps et la musique de l’époque. Il faut dire que le jeune homme sait y faire pour mêler electronica classieuse de 2016, field recording, electro des premières heures (disons, la new wave et la techno de la charnière des eighties et nineties, entre Daho, Kraftwerk et New Order) et textes littéraires rohmeriens semi-dépressifs (en français!), tels qu’entendus chez Fauve, Feu! Chatterton ou Lescop. Voire Dominique A. Et du même coup, draguer la critique grandie dans les années 90. «Une fête foraine devenue noire», comme il le chante lui-même. Pas de doute, c’est sur son synthé opiacé que les hipsters et esthètes arty consentiront, peut-être, à remuer des talonnettes au BSF.

+ Flavien Berger, 12 août à La Madeleine, 22h (après Kennedy’s Bridge et Housse de Racket)

Baloji

Franchement, on parle beaucoup trop des influences métissées de Stromae. Et dans le même temps, on oublie celles de son aîné Baloji. Rayon dance music black, le producteur d’origine congolaise en connaît pourtant un rayon. Et ses textes sont tout aussi cyniques, voire bien plus, que ceux de la superstar en chaussettes à jacquards. Au Mont des Arts, vous vous rendrez compte du pouvoir festif de la rumba électronique de Baloji. Et si vous ne succombez pas à ses rythmes endiablés, voire diaboliques, jetez une oreille aux gimmicks assassins du poète sapeur, qui n’épargne pas les multinationales de son continent d’origine sur «64 Bits & Malachite», dernier EP en métal précieux de contrebande. La bière risque d’avoir un goût bien plus amer.

+ Baloji, le 10 août à 20h45 au Mont des Arts, (avec Gutz live band et Abd Al Malik)

Brisa Roché

On ne sait pas trop qu’attendre de la Californienne exilée en France Brisa Roché. Avec ses faux airs de Jane Birkin ou de Joni Mitchell sorties d’un Game of Thrones champêtre tourné sur Instagram, la chanteuse vient de dévoiler un clip prometteur. Ondoyant doucement entre pop baroque et mélodique, elle rappelle Keren An par certains aspects. Les premiers échos émanant de « Invisible 1 », nouvel album tout juste sorti, semblent contrastés. Le disque alterne entre les influences west coast de «Takes» (sorti en 2010), une pop-rock piano-voix plaisante que les festivaliers belges rapprocheront d’An Pierlé et une électro discoïde plus dispensable. À vérifier à la Madeleine

+ Brisa Roché, le 6 août à La Madeleine, entre Ulysse et Emma Bale

Jeunes et bruxellois

Le BSF campant en plein centre de Bruxelles, il fait aussi la part belle à ces groupes qui ont usé Converse et moccassins sur les carrelages et les parquets imbibés de pils de ses petits bars.

Recorders

À l’affiche en 2016, on retiendra d’abord les Recorders. «Coast to Coast», second album de la formation, évolue d’une pop tendance Girls in Hawaii à un rock plus enlevé où l’on reconnaît l’influence indéniable de The National (et de Foals, toujours). C’est comme un whisky qui aurait pris cette âpreté terreuse avec l’âge. Et ça se déguste.

+ Recorders, 10 août à 20h30 à La Madeleine (avec Alaska Gold Rush et Vismets)

Alaska Gold Rush

Autre présence bruxelloise: celle d’Alaska Gold Rush. Sur le tout frais premier album «Wild Jalopy Of The Mist», le duo ne désarme pas son pop-rock bluesy teinté d’americana et de country déjà aperçu sur un EP inaugural qu’on avait apprécié. Un sillon que les chercheurs d’or creusent avec réussite.

+ Alaska Gold Rush, 10 août à 19h à La Madeleine (avec Recorders et Vismets)

Ulysse

Peut-être un rien plus poseur, le trio de belles gueules qui compose Ulysse évolue davantage dans la catégorie numérique. Pas de cordes donc avec eux, mais des synthés, des nappes, du beat et des voix filtrées. Habitués aux festivals, ils y défendent deux EP qui explorent des influences anglaises, dubstep et soul électronique en tête.

+ Ulysse, le 6 août à 19h à La Madeleine (avant Brisa Roché et Emma Bale)