ETATS-UNIS

Le face-à-face Clinton-Trump débute

Le face-à-face Clinton-Trump débute

Le duel entre Hillary Clinton et Donald Trump est lancé: il se clôturera le 8 novembre. Reporters

Ce sera peut-être le paradoxe de l’élection présidentielle américaine: un «soutien négatif» pourrait favoriser Hillary Clinton ou Donald Trump.

À cent un jours de l’élection présidentielle américaine, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump sont repartis sur les routes, ce vendredi, pour tenter de capitaliser sur l’effet rassembleur des conventions de leur parti respectif.

Le paradoxe, pour les deux partis, c’est que la championne et le champion qui s’affronteront pour la Maison Blanche, le 8 novembre prochain, sont tous deux assez impopulaires avec moins de 40% d’avis favorables.

Le duel s’annonce serré dans une campagne déjà considérée comme l’une des plus acrimonieuses que le pays n’ait jamais connues.

Dans l’Histoire

Hillary Clinton, 68 ans, est entrée dans l’Histoire, jeudi, à Philadelphie en devenant la première femme investie par un grand parti pour la présidentielle.

Dans son discours d’acceptation de sa nomination, elle a exhorté ses compatriotes à ne pas céder au message populiste de son rival républicain. Elle a prévenu les Américains séduits par le verbe martial de son adversaire que l’élection de novembre serait une «heure de vérité ».

L’équipe de campagne de l’homme d’affaires a répliqué ce vendredi matin en postant un message sur Facebook, dénonçant une allocution présentant une «collection insultante de clichés et de rhétorique recyclée ».

«C’est un discours prononcé dans un univers de fantasmes, pas dans la réalité dans laquelle nous vivons aujourd’hui », a poursuivi le message.

Le sénateur de Virginie Tim Kaine, colistier de la démocrate, s’est dit de son côté «optimiste: nous allons batailler ensemble pour construire une économie plus forte, bâtir des alliances et une communauté de respect aimante, plutôt qu’une communauté créant des divisions », a-t-il relevé ce vendredi matin sur CNN.

Le souvenir de Ralph Nader

À l’instar de Hillary Clinton, il a tendu la main aux partisans du sénateur du Vermont Bernie Sanders, battu aux primaires.

«Ils avaient un favori, mais je pense qu’ils vont se rassembler derrière Hillary Clinton et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour gagner en novembre », a-t-il lancé.

L’enjeu pour la candidate démocrate pourrait être crucial: le ralliement éventuel d’une partie du clan Sanders à la candidate «verte » Jill Stein peuple ses cauchemars du souvenir de la défaite d’Al Gore face à George W. Bush, en 2000. Un échec attribué par les démocrates aux 2,8 millions de votes recueillis par l’écologiste Ralph Nader.

Hillary Clinton pourrait par contre bénéficier d’un «soutien négatif », peut-être décisif pour les experts: de grands noms du parti républicain, comme l’ancien candidat à la Maison Blanche Mitt Romney, ont publiquement indiqué qu’ils ne pourraient pas voter pour Trump. D’où la promesse de Hillary d’être «la présidente des démocrates, des républicains, et des indépendants »?

Chasse aux voix ouverte, de Pennsylvanie au Colorado  

Hillary Clinton n’a pas perdu de temps, après sa consécration, jeudi soir, par la convention démocrate à Philadelphie: elle s’est embarquée ce vendredi avec son colistier, Tim Kaine, dans une tournée en bus en Pennsylvanie et en Ohio.

Cette région, épicentre de la désindustrialisation, est cruciale pour l’élection: Donald Trump convoite également l’électorat blanc et ouvrier de cette région.

Le candidat républicain, lui, va partir à la conquête de l’Ouest, avec un déplacement dans le Colorado, un autre État crucial dans la route vers la Maison Blanche.

Son projet d’ériger un mur à la frontière avec le Mexique pour endiguer l’immigration illégale devrait y être bien reçu par les électeurs blancs, mais devrait détourner les Hispaniques.

Lors de la convention républicaine à Cleveland, il a réitéré ses projets très controversés de bloquer l’immigration des musulmans et des Hispaniques aux États-Unis, et d’être extrêmement dur face à la criminalité.

Les deux candidats s’affronteront pour la première fois le 26 septembre à l’université Hofstra, à Hempstead dans l’État de New York.