RIO 2016

Le ministre russe des Sports « persona non grata » aux Jeux olympiques de Rio

Le ministre russe des Sports « persona non grata » aux Jeux olympiques de Rio

- Reporters/DPA

Le Comité international olympique (CIO) n’a pas prononcé mardi de sanction globale ou définitive vis-à-vis du sport russe à la suite du «rapport McLaren», le rapport issu de l’enquête indépendante commanditée par l’AMA sur les JO de Sotchi.

Le rapport sera «soigneusement examiné», et les différentes «options juridiques» explorées, également en ce qui concerne la participation des sportifs russes aux JO de Rio cet été, a indiqué le CIO. En revanche, étant donné «l’urgence de la situation», la commission exécutive du CIO a annoncé différentes mesures provisoires valables jusqu’au 31 décembre prochain, dont l’interdiction pour le ministre russe des sports Vitali Moutko de se rendre aux JO de Rio et la limitation des événements sportifs organisés sur le sol russe.

«Le CIO n’accordera aucune accréditation aux officiels du Ministère russe des Sports ou à toute personne citée dans le rapport d’enquête indépendante pour les Jeux de la XXXIe Olympiade en 2016 à Rio», précise l’instance dans son communiqué officiel. Vitaly Moutko, cité par McLaren dans son rapport, qui met en évidence le rôle essentiel des autorités russes dont le ministère des sports dans le «dopage d’État» mis en place, ne semble lui-même pas ébranlé par les accusations. Le Kremlin a annoncé mardi, selon l’agence TASS, qu’il était maintenu à son poste. Quatre personnes, dont sa conseillère antidopage Natalia Zhelanova, ont en revanche été «temporairement suspendues» de leurs fonctions mardi à la suite du rapport. Lundi, Yuri Nagornykh, vice-ministre des Sports, avait subi le même sort, selon une annonce du Premier ministre Medvedev.

«Geler la préparation de la coupe du monde 2018»

Le CIO a également annoncé mardi qu’il «n’organisera ni n’accordera son patronage à aucune rencontre ou événement sportifs en Russie. Ceci s’applique au projet de Jeux européens organisés en 2019 par les Comités Olympiques Européens (COE)». Ces deuxièmes Jeux Européens devaient initialement se tenir aux Pays-Bas, mais les Néerlandais ont renoncé en juin 2015 à l’organisation, pour des raisons financières. Le Comité Olympique Européen (COE) avait ensuite laissé entendre qu’il était favorable à une organisation de ces Jeux en Russie, Kazan et Sotchi étant candidates.

Dans le même ordre d’idée, «le CIO demande à toutes les Fédérations Internationales de sports olympiques d’hiver de geler leurs préparatifs pour les grands événements en Russie, tels que les Championnats du monde, les Coupes du monde ou d’autres grandes compétitions internationales sous leur responsabilité, et de rechercher activement d’autres organisateurs». Le rapport McLaren a notamment mis en avant un vaste système d’échange d’échantillons positifs au sein même de plusieurs laboratoires russes.

Cette méthode de «positifs disparus» visant à protéger les athlètes dopés a fonctionné à plein régime au profit de la délégation russe des JO d’hiver de Sotchi, en 2014, selon le rapport. Le CIO va donc «entreprendre de nouvelles analyses, y compris de criminalistique, et une enquête approfondie sur tous les athlètes russes» qui y ont participé, «leurs entraîneurs, officiels et personnel d’encadrement». Une commission disciplinaire spécifique a été mise sur pied, précise l’instance, qui devra faire rapport à la commission exécutive du CIO en vue de «sanctions appropriées».