Wallonie picarde

La Wallonie picarde vue du ciel: Ellezelles, du haut du ramon d'une chorchîle

Nous vous proposons de nous suivre et de voler, tout l'été au-dessus de notre belle Wallonie picarde. Attachez vos ceintures: décollage immédiat!

Dans son bureau de l’administration communale, à la rue Saint-Mortier, Christian Pieman est « assis » sur l’ancienne cure, celle que Watkyne voulait tant sauver de la destruction : « Il rigolerait bien... »

Le responsable de l’ADL est passionné par Ellezelles, son histoire, son patrimoine, son folklore, ses esprits blagueurs, ses personnages célèbres... : « J’ai eu la piqûre de Vandewattyne quand j’avais neuf ou dix ans. Je traversais le trottoir tellement il m’impressionnait. J’en avais peur, confie celui qui est aussi devenu artiste. En réaction, il me disait : “ J’en suis tout réhusse. ” Jacques m’a fait découvrir un tas de choses sur le passé de son village… »

Sur notre photo aérienne, qu’il a accepté de commenter, une chose frappe d’emblée Christian : le contraste entre le passé et l’avenir, Beaubourg et le CACS.

Les défis à venir de la Ville de Lessines

Pour Raphaël Debruyn, conservateur – directeur de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, cette vue générale de Lessines illustre à merveille toutes les problématiques auxquelles est confrontée la Ville de Lessines, mais montre également certaines pistes de solutions envisageables ou, à tout le moins, de potentiel à exploiter.

« Ce qui marque en premier lieu, c’est le nombre d’espaces verts. En réalité, dès que l’on quitte le noyau historique de la cité, il y a de la verdure à quelques centaines de mètres à peine. » Ces petits poumons d’oxygène « sont importants pour la qualité de vie des habitants du centre-ville, mais sont aussi autant de poches lotissables et donc de possibilités de construire. »

Selon Raphaël Debruyn, seules quelques rues (comme la rue des Moulins, la rue César Depretz, la rue de l’Abattoir ou la rue Waterman, par exemple) offrent encore une qualité de vie digne de ce nom. Ailleurs, de nombreux bâtiments ne pourront plus être réhabilités. « Le long de l’axe principal, de la Porte d’Ogy à la rue Général Freyberg en passant par la Grand-Rue, c’est totalement mort. De nombreuses maisons ne correspondent plus aux besoins d’aujourd’hui ni en termes de logement, ni en termes de commerce. J’aimerais me tromper, mais je pense qu’une couche d’asphalte ne suffira pas à raviver la dynamique du centre-ville. Pour moi, certains îlots sont voués à disparaître comme celui de la rue des Quatre fils Aymon entre la Dendre et la caserne ou celui entre la rue G. Freyberg et l’ancien AD Delhaize. Comme ce fut le cas en haut de la rue du Ruichon, il faudrait tout raser et trouver des partenariats publics/privés afin de réhabiliter les lieux via de solides projets. »

Des partenariats essentiels qui ont du mal à se mettre en place… « Et cela risque d’être encore longtemps le cas si nous n’avons de plan global pour Lessines et ses habitants. Il faut tout reconsidérer à très long terme. Savoir où l’on voudrait être dans 20 ans… »

Le conservateur de l’HNDR en est persuadé, cette réflexion doit s’articuler autour des questions de mobilité. « Deux grandes problématiques influencent le développement économique et culturel au cœur de la ville : le type de trafic et le franchissement de la Dendre. »

Ce qu’il veut ainsi mettre en avant, c’est qu’il faut savoir si l’on veut privilégier le trafic de transit ou au contraire le trafic de loisirs et de commerces de qualité. « Selon moi, cela ne fait aucun doute, c’est la deuxième solution qui permettra le renouveau de Lessines. Mais pour y parvenir et diminuer fortement le trafic de transit, il est nécessaire d’avoir un second franchissement de la Dendre, digne de ce nom. Pour le moment, il n’existe que celui de la rue Général Freyberg et cela ne suffit pas. On ne peut pas être tributaire de cela ! »

Ce rapport à la Dendre n’est d’ailleurs pas le seul qui inspire Raphaël Debruyne : « Au travers ce cliché aérien, on voit aussi comment le lien à la rivière est rompu. La ville a été construite en tournant le dos à la rivière. Hormis l’Hôpital Notre-Dame à la Rose (comme on peut le voir sur le second cliché), aucun bâtiment ne lui fait face. Ce n’est plus qu’un bras mort qui traverse la ville alors qu’il s’agit d’une réelle opportunité. » Le directeur de l’Hôtel-Dieu lessinois en est persuadé : « Favoriser les voies lentes, développer le RAVeL et inciter à la navigation de plaisance ne peut qu’aider au développement de la cité. »
On dirait qu’il reste du pain sur la planche…

Un joyau d'archiecture et de verdure à Enghien

Le parc d’Enghien est classé au Patrimoine majeur de Wallonie. En quatre siècles, il n’a cessé d’évoluer et d’être entretenu ou restauré.

Chaque année, ce sont quelque 120 000 personnes qui passent le portail du parc d’Enghien pour flâner et/ou se cultiver. Depuis deux ans, ce joyau du patrimoine est gratuit pour tous.

« Le parc a été racheté en 1986 par la Ville d’Enghien », rappelle Alexis Cambier, responsable de l’Office du Tourisme enghiennois. « Depuis lors, la Ville ne cesse d’investir pour rénover, petit à petit, l’écrin de verdure et ses monuments. » Une partie des travaux sont subsidiés. « C’est le cas pour les monuments classés comme les Écuries, la Cour d’honneur, le Jardin Français ou le Pavillon des Sept Étoiles, pour n’en citer que quelques-uns. Le château n’est pas classé, mais le domaine dans son ensemble, oui comme site majeur. »

Les rénovations se sont toujours faites avec un regard historique « Quand la Ville a racheté le parc, les arbres avaient repris le dessus et s’étendaient jusqu’au plan d’eau. En 1997-98, des travaux de restauration ont été entrepris autour du Pavillon des Sept Étoiles (17e siècle – photo principale) et le parc baroque a été reproduit à l’identique avec ses haies de charmes pour délimiter les espaces. Le pavillon en lui-même a été également restauré et inauguré en 2005. Il y a, à chaque fois, un travail afin de retrouver l’aspect d’antan. »

En effet, plusieurs siècles ont façonné ce parc de 182 hectares. « La spécificité des lieux est de proposer la découverte de monuments de pratiquement toutes les époques/styles de 1200 (pour la Chapelle Castrale moyenâgeuse, par exemple) jusqu’à nos jours (avec la salle des Acacias). Le château, quant à lui, a été construit à l’emplacement des anciennes serres (orangerie) par la famille Empain au début du 20e siècle (1913-14) et ce, peu après avoir racheté le domaine à la famille d’Arenberg, propriétaire des lieux depuis trois siècles. Ce sont d’ailleurs les Arenberg qui ont façonné le parc tel qu’on le connaît aujourd’hui. Auparavant il n’y avait à cet endroit que des forêts et des prairies. »

Les derniers travaux de restauration en date sont ceux effectués au perron du château. « En 2017, ce sera au tour de la toiture des Écuries d’être refaite. Pour la suite, rien n’est encore décidé de manière définitive, mais le Pavillon du Mail, au bout du Grand Canal et près du golf, est en très mauvais état. »

Le tour du monde en un regard à Cambron-Casteau

Il faut reconnaître qu’avec Pairi Daiza, Éric Domb a fait plus fort que Jules Verne… Puisque dans le domaine de Cambron, il vous faudra environ 80 moins de temps pour partir à la découverte des différents continents.

Quoique… Le parc n’a cessé de croître depuis sa création en 1994 et s’étend désormais sur environ 65 hectares.

Si vous lisez régulièrement le site, vous n’aurez sans doute rien perdu des dernières nouveautés mises en place sur le site, le parc possède un service de communication d’une redoutable efficacité lorsqu’il s’agit de vanter les charmes du parc.

Parmi les nouveautés 2016 , on épinglera la Terre du froid dont la partie actuellement visible constitue la première étape de la réalisation du huitième monde de Pairi Daiza. À terme, celui-ci s’étendra sur une zone de 18 hectares qui abritera la faune, flore et architecture des grandes plaines de l’Amérique, de la Sibérie, de la Laponie, du Canada ou encore du cercle Arctique. L’hydravion Beech 18 et son hangar sont d’ores et déjà accessibles aux visiteurs.

Les autres nouveautés, ce sont les principaux habitants du parc qui les ont amenées grâce, notamment, à la naissance de Sethemba Vasta, un petit mâle rhinocéros blanc, survenue le 22 mars dernier. Un heureux événement qui a été en grande partie éclipsé par les attentats de Bruxelles qui se sont produits le même jour. Par contre, la naissance de Baby P, le 2 juin à 2 h 02, est loin d’être passée inaperçue. L’attrait pour le bébé panda est tel qu’il faut s’armer de beaucoup de patience pour visiter la grotte en cette période. Pairi Daiza avait même envisagé mettre en place un système de tickets d’entrée pour réguler les visites mais a abandonné ce projet qui, ne s’avère pas plus efficace que la gestion « naturelle » des files actuelles.

La dernière arrivée en date a également été fort médiatisée, soit celle de Wazungu, un gorille mâle de 14 ans venu du zoo de Schmiding en Autriche. Il sera prochainement rejoint par Dayo et Shomari, issus de l’Artis Zoo d’Amsterdam, une fois leur période d’adaptation terminée. Wazungu a déjà pris ses quartier au sein du premier volcan des gorilles, un projet de plus de 11 millions d’euros, dans le Jardin des mondes. Le territoire, d’une superficie de 5.000 mètres carrés, se compose en réalité de trois îles et de deux volcans. Lesquels sont surprenant de réalisme.

Estaimbourg: un poumon vert au centre du village

Le domaine du château d’Estaimbourg s’étend sur 14 hectares. Il s’y cache de multiples facettes insoupçonnées, en dehors du château.

«Houla c’est impressionnant quand on voit le parc sous cet angle. Je savais que l’espace était boisé mais je ne pensais pas que c’était autant. Quand on est dans le parc, on ne s’en rend pas spécialement compte car c’est bien aéré. C’est également la première fois que je vois le centre équestre par-dessus, cela donne bien», rigole Micheline Michel qui a repris la gouvernance du centre justement il y a deux ans. La dame y gère aussi un hôtel et une brasserie.

 

«Suite au départ des anciens propriétaires, la commune d’Estaimpuis a lancé un appel d’offres. Avec ma fille, nous voulions reprendre un manège. L’occasion était donc belle d’avoir le lot complet. Une fois la location obtenue, nous avons décidé de tout remettre à neuf, même le nom. Il faut désormais parler du Haras des Chartreux. Nous avons investi 300 000 euros pour un relifting complet. Cela n’a plus rien à voir par rapport à avant. Nous avons même rentré un dossier pour l’obtention d’étoiles. Nous sommes jugés sur de nombreux critères. Logiquement, nous devrions en obtenir deux, peut-être trois. Le cadre du domaine du château nous aide forcément».

En observant les clichés, notre interlocutrice est forcément attirée par le château. «L’endroit est vraiment splendide pour une balade. Il y a la bâtisse mais aussi les douves où l’on peut pécher, la faune et la flore… Il y a quantité de sortes d’arbres mais aussi de nombreux animaux. Cela va de la poule au daim ou à la biche en passant par des oiseaux plus rares. Il y a même un couple de hérons qui a eu des petits cette année».

Le regard de Micheline s’arrête ensuite sur les nouveaux jeux installés autour du chalet. «Il y a vraiment une bonne entente entre les différents acteurs qui animent le parc : la commune, le gestionnaire de la buvette… Depuis que je suis arrivée, on sent que tout le monde a envie de donner un nouveau dynamisme au lieu. Des jeux flambant neufs pour les enfants ont été installés et d’autres devraient suivre. Nous avons en outre lancé le dimanche des balades en poney dans le parc pour les enfants. Nous hésitons à poursuivre cette initiative avec les adultes. Il y a en tout cas de la demande. Quant à la Commune, elle remplit un rôle prépondérant dans l’entretien du site. Il ne se passe pas un jour sans que l’on croise un ouvrier en plein travail».

Enfin, le dernier détail qui frappe Micheline Michel reste la présence des routes à proximité directe de l’entrée.

«Estaimbourg n’a pas encore utilisé tout son potentiel. Quand on est dans le village, on est dans le cadre reposant de la nature sans être loin du reste. On est situé à quelques minutes de Tournai ou de Mouscron, à peine plus loin du Nord de la France ou de Comines. Bruges est à une grosse demi-heure de route et la mer à un peu moins d’une heure. En venant passer une semaine au Domaine, il y a moyen de réaliser un joli trajet touristique».

Ath : « une ville où il fait bon vivre »  

L’historien athois Christian Cannuyer s’est prêté à quelques commentaires en découvrant une photo aérienne du centre d’Ath, une photo prise au début de ce mois de juillet.

«Ce qui frappe dans cette photo, par rapport à celles datant des années 60-70 par exemple, c’est que la rénovation du tissu urbain intra muros apparaît assez nettement» souligne M. Cannuyer.

«Cette rénovation s’est notamment matérialisée par la rénovation d’un immeuble comme le Palace ou la construction du centre des Finances, deux éléments qui apparaissent nettement sur le cliché. L’espace occupé par le Palace est singulièrement impressionnant.»

«On remarque aussi que les chancres d’autrefois ont disparu; l’espace urbain a gardé une forme d’authenticité, avec les traces de son passé médiéval. Pour les historiens, le tracé médiéval est très repérable sur cette photo. Les interventions urbanistiques modernes n’ont pas gâché cette lisibilité qui subsiste à travers notamment les différentes places. On devine pratiquement le tracé des différentes enceintes successives.»

«La rénovation de l’espace urbain est en tout cas très visible depuis le ciel; c’est extrêmement frappant.»

«La ville d’Ath est un peu une oasis de propreté en regard d’autres cités, avec aussi un petit côté cosy qui se dégage.»

«Nous n’avons pas, à Ath, de patrimoine architectural de toute grande qualité comme dans d’autres villes; les points d’ancrage du regard sont finalement assez limités, mais on a réussi à mettre en évidence ce qui pouvait l’être.»

«On voit finalement aussi cette espèce d’harmonie qui se dégage entre la rénovation urbaine et la place incontournable de la voiture.»

«C’est finalement un beau bilan de tout ce qui a été fait dans cette ville depuis plus de vingt ans; et j’ai presque envie de dire que c’est un héritage de Guy Spitaels…»

Plusieurs éléments émergent nettement de la photo, comme l’indique Christian Cannuyer.

 

Le barrage de Kain, pour fin 2016

Le méga chantier du barrage de l’Escaut, sur le site éclusier de Kain, avance de manière spectaculaire.

Voici plus d’un an débutait la construction du nouveau barrage du site éclusier de Kain. C’est un des chantiers du siècle dans le Tournaisis, après celui de la cathédrale bien sûr. Mais tous les deux sont très spectaculaires chacun dans leur genre.

Comme on le sait, les travaux ne concernent plus l’écluse dont les portes ont été remplacées et le fond raboté durant l’été 2015 ; il s’agit cette fois de remplacer le barrage existant, par un nouveau dont notre photographie aérienne permet d’en apprécier les dimensions. Un chantier hors norme pour la région mais pas à l’échelle de la Région wallonne, insiste Carl Delhaye, fonctionnaire dirigeant pour le compte du SPW. "Dans la région de Liège, il y a des chantiers cinq fois comme celui-ci. Mais c’est quand même un fameux chantier, estimé à onze millions d’euros".

Il y a quelques jours, le site a été le cadre d’une étape cruciale : l’acheminement et le montage de deux gigantesques vannes clapet de douze mètres de large et d’une vingtaine de tonnes chacune. Ces deux pièces régleront le débit du fleuve, lors des crues notamment, via deux pertuis différents au contraire du barrage actuel large de dix-huit mètres seulement. Ainsi, quand un des barrages sera en panne ou devra faire l’objet d’un chantier d’entretien, l’autre pourra continuer à fonctionner pour éviter des "débordements" en cas de crue exceptionnelle. "Le débit normal est compris entre 20 et 30 m3 par seconde. Parfois on connaît des pointes à 100 m3 /seconde qui imposent de fermer la navigation des bateaux", nous dit M. Delhaye.

Pour l’instant, c’est comme si on avait creusé un nouveau canal du côté de la rive gauche de l’Escaut, entre deux digues créées de part et d’autre du site éclusier pour garantir l’étanchéité pendant les travaux de terrassement.

Deux batardeaux, pièces métalliques à emboîter l’une sur l’autre pour faire office de barrage et retenir l’eau provisoirement afin de réaliser des travaux d’entretien ou de procéder à des réparations en aval et en amont des vannes, ont aussi été acheminés à Kain. Ces pièces de neuf tonnes chacun seront bientôt utilisées pour vérifier l’étanchéité de l’ouvrage, avant d’être stockées sur le site éclusier ; elles pourront aussi être utiles à l’écluse d’Hérinnes.

Le chantier est piloté par la Direction générale opérationnelle de la mobilité et des voies hydrauliques du Service public de Wallonie. "Jusqu’ici, on tient les délais et les coûts", nous dit M. Delhaye. Les travaux ont débuté en avril 2015 et sont censés durer trois ans. Mais le barrage sera mis en service bien avant 2018, en octobre ou novembre 2016 vraisemblablement, après une série de tests et la mise en place des éléments électromécaniques et hydrauliques de l’ouvrage.

La deuxième phase du chantier pourra alors débuter. Elle consistera en la démolition du vieux barrage datant de 1920, et en l’aménagement d’une centrale hydroélectrique. Trois vis sans fin de trois mètres de diamètre produiront de l’électricité, pour l’ensemble du site éclusier notamment.

Froyennes: Saint-Luc, le collège de Harry Potter?

"On dirait le collège Poudlard", disent certains fans de Harry Potter quand ils passent tout près du site de Saint-Luc à Froyennes...

"Régulièrement, des gens nous font part de leur envie de voir à quoi ressemble Saint-Luc à l’intérieur, parce que ça leur fait penser au collège Poudlard d’Harry Potter, s’amuse France Goossens, directrice de l’école secondaire. On leur répond qu’ils peuvent visiter lors du portes ouvertes du 1er mai… En tout cas, pour qui y travaille, c’est un site extraordinaire. Il a une âme !"

Le site fait onze hectares. Il remonte à 1904 et à l’avènement des lois anticléricales en France. Installée à Passy, près de Paris, la congrégation de Saint Jean-Baptiste de la Salle – connue sous le nom de Frères des écoles chrétiennes – y créa le pensionnat de Passy-Froyennes. "Tout a été construit en dix-huit mois, raconte Mme Goossens. Pour amener les matériaux, on a créé une voie de chemin de fer à l’intérieur même du site…"

112 ans plus tard, celui-ci appartient toujours aux Frères. Qui le mettent à disposition de quatre institutions différentes : une école d’architecture, une école supérieure des arts, une école secondaire et un internat.

Grâce à cette magnifique photo aérienne, faisons avec France Goossens un petit tour de ce site prestigieux.

Un vrai cadre pour le château des Comtes

À Mouscron, le château des Comtes est resté trop longtemps figé au milieu de nulle part. Il est aujourd’hui intégré dans un beau projet.

Il y a encore peu de temps, les abords du château des Comtes avaient une triste allure, notamment avec la remise à carrosses qui s’effondrait. Depuis, cette partie-là a retrouvé tout son éclat en étant transformée en un fabuleux «Centre d’interprétation Marcel Marlier, dessine-moi Martine » sur deux étages, à l’automne dernier.

Il y a 500 ans, Charles Quint y était accueilli

C’est durant la 1re moitié du XVe siècle que la ferme d’alors était devenue un château fort avec murailles, donjon, tour d’angle, logis, basse et haute cour ainsi que douves. Il accueillait alors les seigneurs de Mouscron… et même le futur empereur Charles Quint, le 27 mai 1516. Cinq cents ans plus tard et malgré la volonté des Guides de la Ville d’organiser un événement incluant notamment un grand défilé dans la commune, la Ville n’a pas souhaité l’inscrire à l’agenda 2016…

Depuis, le temps a fait son œuvre. Des bâtiments ont disparu tandis que deux vagues de fouilles archéologiques (1981-1982 & 2002-2003) n’ont pas permis de découvrir d’éléments significatifs… tout en causant par contre certains dommages. Quelle tristesse de constater notamment, encore aujourd’hui, toutes les dalles du château descellées et tristement entassées. La Région wallonne a cherché puis est partie sans remettre en l’état initial!

Vus de l’extérieur, les clichés sont toutefois assez éloquents que pour constater qu’un crochet y est plus que justifié et qu’il le sera davantage encore lorsque l’aménagement des douves sera terminé à la rentrée prochaine comme l’explique la voisine directe du château et échevine des Travaux ainsi que de l’Urbanisme, Brigitte Aubert: «Le chantier des douves se termine. Il a fallu poser des bâches pour retenir l’eau pluviale qui viendra du bois Fichaux et qui s’écoulera sur plusieurs niveaux. Elle passera d’un niveau à l’autre de la passerelle par un débordement.

La passerelle, dont on voit le socle en béton, sera en inox et en bois moderne qui ne s’altère pas avec le temps.Tout sera terminé pour la mi-septembre ».

Estaminet dans le château?

Ultime étape pour ce point touristique de l’avenue des Seigneurs, à l’entrée de la cité des Hurlus? Difficile à écrire car un projet existe bien mais il a autant de partisans que d’opposants au sein même de la majorité communale. «Maintenant qu’on a des visiteurs, il faut pouvoir bien les accueillir. J’y verrais donc bien un estaminet dans le château. Certes, le château est un patrimoine classé mais on ne touchera pas à la carcasse du bâtiment. Un chalet a été proposé mais avec un pareil ensemble, il faut faire quelque chose de durable. On doit tous se revoir en août pour en rediscuter » conclut Mme Aubert.

Comme vous pouvez le constater aisément sur notre cliché aérien, tout le pourtour du château est un véritable écrin vert. Point d’hommes pour s’en occuper mais… des moutons. Précisément la race de Soay, en Écosse.

Outre le fait qu’elles se délectent d’herbe et de jeunes pousses, ces bêtes curieuses ont aussi la particularité d’être très résistantes à toutes les météos et ne nécessitent pas un entretien important. Elles ne doivent d’ailleurs pas être tondues: la laine tombe d’elle-même, actuellement, par touffes au point que certains se sont déjà offusqués de pareil «état de délabrement » des animaux alors qu’il était le plus approprié… Ce service géré par la cellule environnement permet enfin de mobiliser les jardiniers communaux sur d’autres tâches.