L’ÉDITO PAR THIERRY DUPIÈREUX

Tous googelisés

Tous googelisés

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À en croire les chiffres de fréquentation sur notre site internet, c’est un sujet qui vous interpelle grandement. Hier, nous avons publié un article consacré aux données récoltées par Google.Cet article comporte un lien renvoyant à la page «Google Mon Activité» qui recense les multiples opérations que vous avez effectuées sur le web. Cela va très loin, de la vidéo que vous avez visionnée, à la page Facebook que vous avez consultée, en passant par les mots que vous avez tapés dans votre moteur de recherche.

 En gros, Google épie et enregistre vos moindres faits et gestes lorsque vous utilisez ses services multiples comme You Tube, Chrome etc. Être confronté à cette réalité est interpellant. Cela montre à quel point, avec le temps, nous avons laissé s’installer, insidieusement, des portes ouvertes sur notre intimité, sur notre vie privée, nos goûts et nos couleurs.

Aujourd’hui, Google parvient, avec ses collectes d’informations, à nous connaître mieux que ne pourrait s’en vanter notre meilleur ami, voire notre conjoint(e). Cette récolte de données, nous savons qu’elle existe. Qu’elle est destinée à piloter des campagnes publicitaires où d’individus responsables et pensants, nous sommes ravalés au statut de «profil client» ou de «prospect ciblé».

Bien sûr, Google vous offre la possibilité de désactiver les collectes, de supprimer vos historiques, mais il faut le savoir, y penser aussi.

Et puis, il y a notre paresse. Qui, franchement, a lu un jour du début à la fin, les règles de confidentialité Google? Qui s’est plongé dans les trucs et astuces qui permettent d’utiliser au maximum les obligations légales et pas toujours très visibles auxquelles doit se soumettre le géant américain?

Ce qu’il y a de terrible, c’est qu’une fois la prise de conscience passée, il y a fort à parier que nous reprendrons nos habitudes laxistes. Par facilité. Par peur de perdre une opportunité ou une bonne affaire.

Dans ce débat, on en vient à se demander si dans cette inquiétante collecte massive de données, nos comportements ne sont pas plus à blâmer que les techniques commerciales de Google. Ne devrions-nous pas nous interroger sur cette fausse naïveté et cette passivité coupable qui nous confèrent le triste rôle de victime consentante?