Wilmots, stop ou encore? 3 raisons qu’il reste et 3 qu’il parte

Wilmots, stop ou encore? 3 raisons qu’il reste et 3 qu’il parte

Eden Hazard a assuré que tout le groupe voulait que Wilmots reste. Vraiment? BELGA

Marc Wilmots est-il encore l’homme de la situation pour notre équipe nationale? Lui-même laisse son avenir en suspens. Doit-il prolonger ou faire place? Les pour et les contre.

IL FAUT QU’IL RESTE

1. Un bilan inégalé

51 matches, 34 victoires, 9 défaites, 8 nuls, 101 buts pour, 46 encaissés. Aucun de ses prédécesseurs n’a un aussi bon bilan. Comme il se plaît à le rappeler, il faut regarder où on était il y a quatre ans, quand il a pris le relais de Georges Leekens. Des limbes du classement FIFA, il nous a propulsés à la 1re place mondiale. «On a fini 2 fois premiers de notre groupe en éliminatoires et en tournois (NDLR: ex-aequo avec l’Italie cette fois, qui nous a devancés à cause de notre confrontation directe), et on a atteint deux quarts de finale en deux ans», a-t-il répété ces derniers jours. Ce qui n’empêche le goût amer de cette élimination face aux Gallois, comme il l’a admis.

2. Un jeu conquérant

«On ne va pas changer notre philosophie: on va jouer pour gagner.» Conscient des qualités offensives dans son équipe, Wilmots a instauré un credo rarement vu chez nous. Fini l’attentisme et le jeu en contre qui faisaient notre ADN. Une confiance en nos moyens s’est progressivement installée. Avec comme revers de la médaille des attentes d’autant plus grandes.

3. Un bâtisseur

N’en déplaise à Leekens, le véritable bâtisseur des Diables rouges actuels, c’est Wilmots. Le Hesbignon a façonné l’équipe. Il a imposé Courtois dans les buts, donné le leadership à Kompany, les clés du jeu à Witsel, responsabilisé Hazard, protégé De Bruyne et Lukaku quand les critiques se sont abattues. Il connaît les qualités de son noyau et sait faire rentrer ses jokers au meilleur moment, avec 22 buts sur 101 venus du banc. Ce n’est pas de sa faute si les blessures se sont accumulées dans un secteur aussi crucial que la défense (Kompany, Lombaerts, Vertonghen, Engels, Boyata). Et comme l’a souligné Hazard après l’élimination vendredi soir, il a beaucoup pris sur lui après la défaite contre l’Italie, préservant son groupe des critiques. «On a grandi avec lui», a aussi dit le N.10 des Diables.

IL FAUT QU’IL PARTE

1. Des limites tactiques, des choix discutables

Cela l’irrite au plus haut point. Mais autant il peut être un grand meneur d’hommes, autant il a des lacunes tactiques. Certes, il fait des choix de joueurs en fonction des adversaires. Mais quand on bute de manière aussi criante à deux reprises sur un même système (le 3-5-2 utilisé par l’Italie et le pays de Galles), c’est qu’il y a un hic quelque part. Romelu Lukaku, si fort quand il est face au jeu, s’est de nouveau retrouvé coincé entre trois tours. L’entrée de Fellaini a apporté de la taille et failli payer mais elle a sonné comme un constat d’échec par rapport au dispositif de la 1re mi-temps avec Carrasco sur l’aile et De Bruyne dans l’axe. L’égalisation galloise, avec ses joueurs en file indienne sur le coup de coin, a visiblement été travaillée à l’entraînement, là où nos attaques ressemblent trop souvent à de l’improvisation, quand ce n’est pas le cas aussi dans notre défense, comme l’avait souligné le sélectionneur suédois Erik Hamren. La titulatisation forcée de Jordan Lukaku a été un naufrage mais il n’a pas été aidé par un Jason Denayer tout aussi inexpérimenté. «Ma défense avait 23 ans de moyenne d’âge, c’est ma responsabilité.» On confirme. Il faut assumer. Et quand il dit qu’il ne sait pas pourquoi les Diables ont reculé de 15 mètres après 25 minutes de jeu, ce n’est plus un constat d’échec, c’est un aveu d’impuissance.

2. Soutien unanime, vraiment?

Fait-il toujours l’unanimité dans le vestiaire? En bon capitaine, Eden Hazard a assuré que oui. «Les 23 joueurs, nous voulons qu’il continue avec nous.» La plupart des autres qui ont daigné s’arrêter en zone mixte se sont bornés à dire qu’ils le laissaient prendre sa décision. Et quand Thibaut Courtois, déjà très critique après la défaite contre l’Italie, en remet une couche sur notre mauvaise gestion tactique, cela en dit long...

3. Conflit avec la fédération

Sous contrat jusqu’en 2018, Wilmots peut partir contre un chèque d’1 million d’euros. L’Union belge a dit ce samedi se donner le temps de la réflexion. Il se dit que l’attitude et les sorties médiatiques du coach fédéral commence à en agacer plus d’uns à la Maison de verre. Wilmots a pris position publiquement contre son employeur à deux reprises juste avant l’Euro. Lors l’entretien qu’il nous avait accordé fin avril, le coach fédéral avait notamment déploré que l’argent de la fédé n’allait pas au foot. Puis, lors du stage en Suisse un mois plus tard, il avait dénoncé les tarifs appliqués pour les matches amicaux de l’équipe nationale. Les deux parties peuvent-elles repartir pour 2 années encore dans ces conditions?