WALLONIE

Nassonia : le nouveau projet du patron de Pairi Daiza en Ardenne

Nassonia : le nouveau projet du patron de Pairi Daiza en Ardenne

Le parc Nassonia s’étendrait sur 1500 hectares, entre l’Ardenne et la Famenne. ÉdA

Le patron de Pairi Daiza a signé un pré-accord avec la commune de Nassogne. Sur base d’un bail de 99 ans, il envisage de créer un vaste sanctuaire naturel dans un massif forestier ardennais de 1500 hectares.

«C’est un projet qui me tient autant à cœur que Pairi Daiza, mais il est quasi à l’opposé de Pairi Daiza.»

Éric Domb, l’homme d’affaire à succès et créateur du parc animalier Pairi Daiza, s’est lancé dans un nouveau défi. Son nom: Nassonia.

L’idée? Créer, sur un territoire forestier de 1500 hectares en Ardenne, un immense sanctuaire dédié à la faune et à la flore.

«Il s’agira de la plus grande expérience de forêt totalement dévolue à la biodiversité menée en Europe occidentale», dit Éric Domb qui a conclu hier un pré-accord avec la commune de Nassogne, dont le massif forestier, géré par le Département de la Nature et des Forêts, est sur son territoire.

Pas un parc clôturé, pas de lâchers de loups et de lynx

Nassonia ne sera donc pas un Pairi Daiza peuplé de cerfs, de sangliers et de chevreuils derrière des clôtures. «Je veux renvoyer l’ascenseur à la nature», dit Domb en évoquant «un laboratoire de transition» d’une forêt de production vers une réserve forestière intégrée afin de permettre une biodiversité.

Si des parcelles pourraient être clôturées, ce serait pour les protéger des animaux (cervidés et sangliers) afin de permettre le développement de la flore et d’une certaine faune qui est victime de leur surpopulation. Il s’agit ainsi de permettre à des habitats naturels dégradés (landes, tourbières, hêtraies,…) de se régénérer ou de réapparaître.

Il ne s’agira pas non plus de réintroduction artificielle. «On ne va pas venir avec des cages et relâcher des loups et des lynx, dit Éric Domb. Par contre, si notre projet permet aux populations de salamandres, qui sont en danger, de se développer ou si des engoulevents, cet oiseau devenu rare chez nous, réapparaissent, c’est cela notre pari.»

Ouvert au public et 100% ardennais

Ce massif forestier sera ouvert. Au public comme à une activité économique. Le patron de Pairi Daiza évoque d’ailleurs «un projet collectif 100% ardennais». Il veut ainsi travailler avec le tissu associatif local, y compris les gestionnaires de chasse. Même s’il n’est pas naïf et pressent que les plus vives oppositions pourraient venir du milieu de la chasse.

Le projet trouve d’ailleurs son origine dans la reprise d’un bail de chasse qui arrive à échéance ce 30 juin et que le locataire n’a pas renouvelé.

Éric Domb dit s’engager, via sa fondation Pairi Daiza, à le reprendre en payant chaque année les 400 000 euros que percevait la commune avec ce bail de chasse mais aussi avec les rentrées liées à l’exploitation forestière.

Mais «l’échelle biologique» sur laquelle l’homme d’affaires entend développer son projet ne correspond pas à la durée d’un bail de chasse. Le pré-accord conclu avec le collège de Nassogne (et qui doit encore être validé par le conseil communal) concerne donc un bail emphytéotique de 99 ans.

Cette particularité nécessitera sans doute des aménagements réglementaires, notamment en regard du code forestier. Éric Domb dit d’ailleurs attendre «un signal fort du gouvernement wallon» qui lui donnera l’assurance qu’il pourra mener cet ambitieux projet à bien.

De son côté, le ministre wallon René Collin a déjà commenté. A priori c’est un projet emballant, dit le ministre en charge notamment de la forêt. Surtout lorsqu’il est porté par une personnalité comme Éric Domb qui a fait ses preuves en tant qu’entrepreneur. Mais, en tant que ministre du tourisme et de la nature, c’est un projet que je dois analyser sur base de ses objectifs et de ses modalités concrètes. Et on ne les a pas.»

Plus d’informations concernant ce dossier dans notre édition papier de ce vendredi.