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SERAING

Le public peut à nouveau voir un souffleur de verre à l’œuvre au Val-Saint-Lambert

Les visites touristiques renaissent de leurs cendres au Val-Saint-Lambert, après des années de disette. Le clou du spectacle, c’est l’Atelier du Verre avec ses démonstrations. Nous avons rencontré Christophe Genard, le maître verrier des lieux.

Le Val-Saint-Lambert renaît de ces cendres, au propre comme au figuré. La célèbre cristallerie de Seraing, dont la faillite date de 2013 et où les touristes se faisaient de plus en plus rares, s’apprête à accueillir à nouveau les visiteurs en nombre.

Le parcours touristique du Val-Saint-Lambert rouvre en effet ses portes au public ce 1er juillet. La société immobilière Immoval et son patron Pierre Grivergnée entendent en effet redynamiser les lieux, qui accueilleront également un Ecopark dans quelques mois (accrobranche, tyrolienne, etc.) puis, dans les prochaines années, le gigantesque Cristal Park, avec ses commerces, bureaux et logements, mais aussi son hôtel, son parc aquatique et ses nombreuses activités de loisirs.

L’incendie qui a ravagé le château en 2006

La réouverture du parcours touristique constitue donc une première étape importante, qui entretient l’âme de la cristallerie fondée en 1826. Jamais les visites touristiques ne s’étaient officiellement interrompues, mais elles étaient en état de léthargie. En cause, cet important incendie né dans le studio de soufflage en 2006 et qui a ravagé le château.

Après la reconstruction, les fameuses démonstrations de soufflage du verre, qui faisaient la réputation du Val, n’ont pas pu reprendre. «On a vu les chiffres de fréquentation chuter, passant de 20 000 personnes à 3 000 par an», explique Pierre Grivegnée.

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L’Atelier du Verre se situe plus dans le château, pour des raisons de sécurité, mais dans la conciergerie.

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Dès ce premier juillet, donc, le grand public pourra redécouvrir des lieux mis au goût du jour à l’aide d’un investissement de 85 000 euros de la SA Immoval. La très bonne nouvelle, c’est le retour de l’Atelier du Verre, qui a pour sa part vu le jour grâce à une fructueuse campagne de crowdfunding (14 300 euros récoltés). «Il ne se situe plus dans le château, pour des raisons de sécurité, mais dans la conciergerie», explique Pierre Grivegnée.

Un maître verrier d’une petite quarantaine d’années

Le maître verrier Christophe Genard a pour mission de dynamiser ce studio de soufflage, avec des démonstrations pour les visiteurs, mais aussi des formations, stages et autres symposiums, qui visent à perpétuer ce savoir-faire patrimonial.

Ce gaillard, bientôt âgé de 39 ans, avait pourtant commencé sa carrière comme commercial, après un graduat en tourisme et quelques années comme G.O. dans divers centres de vacances en Europe. «Ma rencontre avec le Val-Saint-Lambert date de 2003, dans le cadre du programme touristique “La Route du Feu”», se souvient-il.

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Pleins d’anciens sont passés ici avant moi. Je reste passionné et très respectueux…

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Ce «premier contact avec la matière du verre», il l’a vécu comme un coup de foudre. Christophe Genard a grandi à Grivegnée et vit aujourd’hui à Crisnée, mais ne connaissait pas ce savoir-faire liégeois. «À part les cheminées qui crachaient du feu, je ne connaissais pas la région», sourit-il.

Il s’est alors mis à apprendre, au contact des maîtres verriers. «C’est une passion que j’ai pratiquée avant-journée, après-journée, tout le temps.» Après des années d’apprentissage dans plusieurs pays, il est devenu maître verrier et a continué à bourlinguer à travers l’Europe, vivant de son métier… ou sa passion.

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On n’atteint pas vraiment la maturité, parce qu’on ne dompte jamais complètement la matière.

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Il peut aujourd’hui montrer ce savoir et le transmettre, avec une bonne dose d’humilité. «Il y a 200 ans d’histoire de la cristallerie, ici. C’était la plus grande d’Europe, avec jusqu’à 6 000 personnes qui y vivaient. Pleins d’anciens sont passés ici avant moi. Je reste passionné et très respectueux», explique-t-il.

C’est que son métier requiert de l’expérience et une remise en question permanente. «On n’atteint pas vraiment la maturité, parce qu’on ne dompte jamais complètement la matière. On ne fait pas toujours le bon geste, à la bonne température. Il arrive qu’on se trompe. Bref, on apprend tous les jours.»

1 000 degrés

Sans oublier que maître verrier s’avère être un boulot éprouvant. «Le cristal se travaille aux alentours des 1 000 degrés», détaille Christophe Genard. La chaleur se fait ressentir, les matériaux sont lourds, la concentration est requise. «Fin de journée, je suis content de prendre une bonne douche. Mais le lendemain matin, je me lève facilement, quand je sais ce que je vais faire de ma journée», glisse ce passionné.

Ce que le visiteur va découvrir

Le public peut à nouveau voir un souffleur de verre à l’œuvre au Val-Saint-Lambert
Un igloo de verre réalisé par l’artiste belge Bernard Tirtiaux, à découvrir dans le parcours ludique du musée. ÉdA Hermann
Le parcours touristique du Val-Saint-Lambert, accessible dès ce 1er juillet, permet aux visiteurs de découvrir la cristallerie et son histoire en fonction de leurs envies. «On peut passer rapidement, ne faire qu’une partie… ou alors faire tout dans le détail et y passer 3 à 4 heures si on le souhaite», explique Pierre Grivegnée.

Le parcours comprend plusieurs étapes:

– la projection d’un film «Mémoires des verriers», d’une vingtaine de minutes;

– La galerie muséale qui comprend 250 pièces de la collection permanente de la cristallerie, retraçant les époques;

– Le parcours ludique avec les cinq sculptures en verre de l’artiste belge Bernard Tirtiaux;

– Le parcours spectacle, doté d’audioguides, qui se trouve dans le sous-sol du château et retrace l’histoire du verre et de la cristallerie. Ce parcours est superbement scénographie et constitue l’un des points forts de l’attraction touristique;

– L’Atelier du Verre, qui constitue le clou du spectacle, avec la possibilité de voir le maître verrier Christophe Genard à l’œuvre.

Infos pratiques sur www.cristaldiscovery.be.

Le public peut à nouveau voir un souffleur de verre à l’œuvre au Val-Saint-Lambert
Une galerie de 28 mètres de long permet d’admirer les 250 pièces de la collection permanente. ÉdA Hermann